Quel lien entre le thriller et le numérique ?

Clément Solym - 21.03.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - thriller - numérique - piratage


Il faut vivre avec son temps. C'est du moins, ce que disent Maxime Chattam et Henri Loevenbruck. George Lukas et Stephen King se sont emparés du cinéma et ont bâti leurs œuvres, tirant parti de cet élan vers le nouveau média. Chattam évoque le bouleversement qu'a créé le livre de poche apparu dans les années 1940 qui a permis une révolution financière dans le domaine de la l'édition.

Il se dit aussi trop vieux pour devenir un acteur sur la scène du numérique. Henri Loevenbruck approuve ses propos. Les Français sont trop attachés au papier, il n'est pas encore temps de se lancer...


M. Chattam n'est pas un grand fan du numérique. Il avoue qu'il est sensible à la bibliothèque. Lieu de retrait et dans lequel il se sent bien, il souligne la relation sensuelle que l'on lie avec un bouquin. Qui n'apprécie pas de retrouver un vieux livre de chevet et de humer les pages jaunies et cornées de celui-ci ? Est-ce que le côté pratique du livre numérique compense la valeur émotionnelle du bouquin papier ? De plus, il souligne son usage qui s'avère plus compliqué lorsque l'on traîne ses romans préférés à la plage et que l'on abandonne dans la sable pour faire un beach volley.

A l'heure du numérique


H. Loevenbruck soutient que la musique a changé de support. Oui, le vinyl est aujourd'hui un objet désuet même si les nostalgiques en conservent dans leurs placards, le support n'est plus d'actualité, tout comme la musique numérique rattrape le disque laser. Il en est de même pour la littérature, un jour le livre disparaitra mais pas tout de suite. L'auteur du Testament des siècles et du Syndrome Copernic utilise ardemment internet surtout pour avoir un lien avec ses lecteurs. Il tient aussi un site Web et lui donne une dimension récréative. M. Chattam, quant à lui, a peu de temps à accorder au web et attend une forme plus séduisante de livre numérique pour pouvoir s'investir dans ce nouveau support. Patience...

Écrire avec son temps

Henri Loevenbruck est persuadé que le traitement de texte a sa part d'influence dans l'écriture. Les écrivains du XXe siècle auraient été portés par le traitement de texte. C'est l'explication qu'il trouve pour justifier de la proximité de l'écriture du roman du XXe avec l'écriture de scénario. Pouvoir couper, coller et naviguer aisément au fil de l'écrit donne un trait libéré, un aspect plus descriptif ou technique selon lui...

Nostalgie...


Maxime Chattam provoque des soupirs de mélancolie lorsqu'il rappelle au public l'existence du Minitel. En effet, cette œuvre d'art française (Pensez à le proposer au Palais de Tokyo, vous ferez sensation !) est très présent dans les intrigues de thriller et aurait lancé le genre « le livre dont vous êtes le héros » car il est impossible de tricher, contrairement aux pages du livre que l'on tourne sans scrupules !

Pirates !

Un jeune auditeur en vient à prendre la parole pour demander si Henri Loevenbruck éprouve des craintes sur le téléchargement illégal ? En plein dans le mille...L'auteur français s'est déjà fait pirater ses romans par un petit geek mal élevé. Henri Loevenbruck ayant trouvé ces romans en libre usage en ligne a dialogué avec le pilleur qui lui aurait répondu que le livre numérique est trop cher et que les éditeurs s'en mettent plein les poches. À Henri de lui demander : Pourquoi ne proposes-tu pas autre chose? Ou alors, donne moi donc un peu de ton bénéfice...Parce que le pirate ne s'était pas gêné de réclamer à ses clients de lui reverser une petite somme pour le faire vivre. A vot' bon cœur, m'sieurs dames.

En attendant, la confiance ne bat pas son plein du côté des auteurs de thriller pour investir le devant de la scène numérique...