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Rapport Lescure : le secteur du livre "relativement peu" concerné

Clément Solym - 05.07.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - Vincent Montagne - SNE - livre numérique


Jusqu'à lors, le rapport Lescure n'avait vraiment fait réagir le secteur du livre, probablement peu concerné par le sujet. Pourtant, Vincent Montagne, président du Syndicat national de l'édition, sollicité par Édition Multimédi@, est revenu un instant sur le sujet. Pas de commentaire définitif du SNE pour le moment, mais quelques raisons de se satisfaire du rapport, présenté le 13 mai dernier. 

 

 

 

 

Un rapport Lescure qui « nous concerne relativement peu », estime le président, soulignant qu'il « salue notre action pour avoir négocié avec les auteurs, obtenu la TVA et mis en place l'exploitation des oeuvres indisponibles ». En revanche, Vincent Montagne pointe que la question d'une taxation sur les appareils connectés, dont les revenus iraient au financement des industries culturelles, l'interpelle. 

 

« Là, on touche à la problématique de la copie privée avec des mécanismes constitués surtout pour le cinéma et la musique. Sur les 180 à 200 millions de taxes par an de la copie privée, peu revient au livre qui est secteur non subventionné (à part le taux réduit de TVA) et qui résiste bien », assure-t-il. Et d'insister sur la nécessité d'une « économie non administrée et de responsabilisation de la chaîne du livre ». 

 

Ainsi, les 7 millions € que les éditeurs vont apporter à la librairie l'an prochain compte parmi ces comportements responsables. De même, rappelle-t-il, que les éditeurs, qui contribuent au financement du CNL, assurent un fonctionnement plus sain, dirait-on, que celui du CNC, pour l'industrie du film. 

 

La taxation des appareils, donc, n'est pas vraiment dans les priorités du SNE, mais « le livre est marginalement concerné ». Mieux vaut, pour l'heure, examiner les usages, et comprendre leur évolution. Avec un chiffre d'affaires lié au livre numérique de 3 %, soit 81 millions €, sur l'année 2012, le président ne se tracasse pas trop de ces questions. 

 

En revanche, « s'il n'y avait aucune rémunération provenant du numérique ou si une très faible rémunération ne servait pas la création éditoriale, il serait logique qu'il y ait une répartition d'une taxe comme pour le ‘photocopillage'». 

 

Il faut rappeler que le rapport Lescure se préoccupe avant tout de numérisation et d'offre légale, concernant le livre numérique, soulignant par ailleurs que l'offre actuelle n'est probablement pas tout à fait raccord avec les attentes des consommateurs. L'une des pistes élaborées serait d'ailleurs de dynamiser l'offre en améliorant la disponibilité numérique des oeuvres. 

 

Aujourd'hui, le catalogue français compte près de 100.000 titres. Le rapport insistait également sur l'absence d'offre de prêt de livres numérique dans les bibliothèques, autre moyen de stimuler le secteur.

 

Notons également qu'en matière de lutte contre le piratage, le bureau du SNE va signer un contrat-cadre avec Hologram Industries, pour offrir aux éditeurs de recourir à la technologie d'empreinte numérique. Celle-ci permettra une meilleure surveillance des réseaux. En parallèle, PortailProtectionLivres.com a été ouvert en mars dernier.

 

Il devait, « dans les semaines à venir » ouvrir ses portes. « Cette solution est déjà adoptée par de nombreux éditeurs au Royaume-Uni. Son coût, basé sur le chiffre d'affaires, est favorable aux petites maisons » précisait le SNE en mars. Le portail s'incarne dans un moteur de recherche qui permet aux éditeurs de lancer une recherche manuelle, de vérifier le contenu affiché par certains sites, et, le cas échéant, d'envoyer une notification de retrait. « L'opération peut être menée en quelques clics », assure le communiqué, ce qui laisse entendre que cette solution, peut-être plus onéreuse, se justifierait par une efficacité renforcée.

 

D'après le syndicat, la lutte contre le partage illicite de fichiers est compliquée par le faible poids de ces derniers et le nombre conséquent de titres en circulation (900.000, avance le Syndicat).