Rightscorp, nouveau venu dans la lutte contre le piratage d'ebooks

Clément Solym - 01.12.2014

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La société Rightscorp s'est spécialisée dans la lutte contre le piratage. Selon ses propres données, elle a fait fermer 130.000 comptes le mois dernier, soit 30.000 de mieux qu'en septembre. Christopher Sabec, son PDG, assure que la boîte a pris la position de leader dans le secteur. Sa technologie permettrait d'identifier les pirates, même s'ils changent d'adresse IP, avec 1,5 million d'œuvres à protéger.

 

 

 

 

En travaillant avec plus de 150 fournisseurs d'accès à internet, la société serait en mesure de surveiller 15 % des internautes aux États-Unis. « Nous pensons que si 150 FAI peuvent travailler avec nous, ils peuvent tous collaborer », assure Christopher. C'est qu'en dépit de son poste de leader, la société perd également plus d'argent que jamais avec son service, particulièrement complexe à rentabiliser. 

 

Avec 1,05 million $ dépensé sur l'année, contre 526.000 $ en 2013, Rightscorp aurait perdu 6,5 millions $ depuis sa création, et il lui faut trouver de nouveaux investisseurs, mais également de nouveaux clients, pour éviter la faillite. Si elle ne trouve pas le capital nécessaire prochainement, elle pourrait être tout simplement contrainte de cesser ses activités. 

 

Récemment, une belle affaire a relancé la popularité de la firme : deux gros éditeurs de musique ont poursuivi en justice Cox Over, accusé de piratage. BMG Rights Management LLC et Round Hill Music LP se sont lancé contre la chaîne du câble, Cox Communications Inc, considérant que cette dernière propose à ses abonnés web des services de téléchargements illégaux. Et c'est justement Rightscorp qui est à l'origine de l'identification des vils pirates.

 

Sauf qu'un recours collectif est venu balancer l'euphorie de cette affaire : un recours collectif réunissant des centaines de consommateurs mécontents. Rightscorp abuserait de robots pour appeler ses clients, pour les accuser de téléchargement illégal. La loi de 1991 sur la protection des clients et de leur ligne téléphonique serait enfreinte, joyeusement. 

 

Mais dans le même temps, Rightscorp, plus discrètement, cherche à entrer dans le monde de la littérature, et la lutte contre le téléchargement illégal de livres numériques. Depuis avril 2014, la firme a annoncé son intention de se lancer sur d'autres marchés que la musique ou le cinéma. Et parmi ces nouveaux clients, les maisons d'édition.

 

Leur principal argument de vente est le suivi très strict des fichiers et la possibilité, au travers de procédures juridiques, de gagner plus d'argent en poursuivant les citoyens et les fournisseurs d'accès au net. Si l'on considère que les ventes de livres numériques pourraient générer 8,2 milliards $ en 2017 sur le territoire américain, il y a de quoi faire...

 

Faire des actions en justice un modèle économique, rien de nouveau sous le soleil...