Tor/Forge : Les DRM empêchent la concurrence, pas la copie

Clément Solym - 05.06.2012

Lecture numérique - Usages - verrous numériques - livre - éditeur


La filiale du groupe Macmillan, Tor/Forge, a créé l'événement en annonçant que d'ici le début de l'été, son catalogue de livres numériques serait entièrement débarrassé de DRM. Une première qui faisait plaisir, et que l'éditeur vient appuyer en annonçant une nouvelle surprise : la création d'un ebookstore constitué uniquement d'ebooks sans DRM. 

 

Fritz Foy, vice-président des stratégies technologiques de Macmillan, expliquait durant une conférence qui se déroulait à New York, que l'idée de vendre des livres numériques était en suspens. « Les DRM n'empêchent pas le piratage, ne permettent pas une expérience de lecture optimale, ne nous permettent pas de mieux rendre service à nos auteurs et nos lecteurs et ne favorise pas un marché sain, compétitif ni concurrentiel. » 

 

En présence de Cory Doctorow, fervent défenseur de la démocratisation de l'accès au savoir, la conférence tournait donc autour des solutions qui s'offrent aux éditeurs. Pour Doctorow, la présence d'un DRM fait qu'en « achetant un livre, vous le lirez seulement sur un certain type d'écran ou sur une plateforme précise. Et n'oublions pas que les DRM ne peuvent pas empêcher le piratage. »

 

 

Eliminate DRM

 

 

Et d'insister sur un point précis : la présence de ces verrous numériques contraint l'éditeur, le lecteur, l'auteur, toute la chaîne du livre en somme. « Les DRM empêchent la concurrence, pas la copie. » 

 

John Scalzi, président de l'association Science Fiction Writers of America estime que le retrait des DRM « satisfait bien plus nos lecteurs ». 

 

Pour Tor/Forge, la suite logique serait donc de créer une librairie composée de livres numériques sans DRM, qui pourrait alors voir le jour en même temps que son catalogue sera débarrassé des DRM. Le magasin proposera les titres de l'éditeur, mais également ceux d'autres, à condition qu'ils ne soient pas truffés de verrous numériques. 

 

Pour Doctorow, de nouveau, leur présence est une preuve d'inconscience des éditeurs, de la part d'éditeurs. Les acheteurs seront-ils « assez fous pour acheter ce livre, au lieu de le voler », tout en sachant quelles sont les restrictions qui pèsent sur le fichier ? La plupart des fans de SF ne sont pas dupes. « Ils comprennent que les empires éditoriaux connaissent une grandeur puis une décadence, et que l'ensemble des Big Six, un jour prochain, sera aussi mort que Byzance ou Sumer. Mais le livre vivra. »

 

Ainsi, se débarrasser des DRM, c'est un pas vers l'avenir, inévitable, car les lecteurs achèteront des livres dont ils sont assurés de ne pas se faire couper l'accès dans quelques années. Et surtout, pointe Scalzi, c'est une protection pour l'auteur, qui est souvent le premier accusé par les lecteurs déçus, de truffer leurs livres de ces verrous. « Nous ne voulons pas être ces gars à l'autre bout de la ligne, qui traitent des questions techniques et purement technologiques. Ce n'est pas ce pour quoi nous avons été embauchés. Nous avons été engagés pour raconter une histoire. »