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Kazan, chien-loup dans le Grand Nord canadien

Mimiche - 15.10.2018

Livre - Kazan chien loup - James Oliver Curwood - Grand nord canadien


ROMAN ETRANGER – Dans une cabane de rondin, Kazan, le chien de traîneau au sang huskies aux trois quarts et loup pour le quart restant, découvre un environnement bien étrange, lui qui a surtout connu le Wild d’où il a su ramener son maître en l’arrachant aux griffes pourtant impitoyables du Grand Nord.




 

Là, il rencontre la femme de ce dernier dont la voix mélodieuse, les cheveux blonds, la grâce fragile l’envoûtent et asservissent en lui les instincts sauvages pour en faire un servant docile, mais protecteur au grand étonnement du maître qui a du mal à reconnaître le fauve qui continue pourtant de vivre dans l’âme du chien-loup.

 

Et c’est ce fauve qui va littéralement se dé-chaîner quand un sombre individu va tenter d’agresser la femme du maître, un soir de bivouac, au fond de la forêt profonde du Nord canadien, après avoir assommé le maître.

 

La fureur de Kazan sera telle que son harnais ne résistera pas longtemps à ses assauts quand les appels au secours de sa maîtresse vont retentir. D’un bond le voilà à la gorge de l’assaillant incapable de résister à un tel élan sauvage. Et ses mâchoires savent instinctivement trouver la prise mortelle.

 

Dans Kazan, le chien de traîneau sait les traitements terribles qui l’attendent malgré son geste protecteur. Alors, sa part de chien rassurée d’avoir sauvé sa maîtresse, la part de loup le pousse à fuir le châtiment qui ne manquera pas, loin dans le Wild, sourd aux appels du maître revenu à lui, plein de cette liberté espérée depuis tant de temps et qui s’offre maintenant à lui, enivrant, mais qui le désoriente après tant de servitude.

 

Une nouvelle vie devant lui.

 

À mi-chemin de Croc Blanc et de L’Appel de la Forêt, Kazan est l’histoire d’un animal bien trop chien pour être loup, mais assez loup pour ne pas être vraiment chien.

 

Ses origines multiplient ses qualités et n’effacent pas certaines de ses faiblesses et il en devient un animal, à tous points de vue, exceptionnel.

 

James Oliver Curwood, contemporain de Jack London, se fait le chantre de la vie sauvage, dure, impitoyable où celui qui mange aujourd’hui sera mangé demain dans l’ordre immuable que dicte la nature. Où la mesure s’adapte à la faim et à la nécessité de survie. Où chacun participe d’un grand ordonnancement auquel il contribue sans le chambouler jamais ou le remettre en cause.

 

Son histoire de Kazan n’est certes pas une nouveauté aujourd’hui puisque l’ouvrage est paru originellement en 1914, mais elle garde toute la saveur des espaces sauvages immenses du Grand Nord canadien. Elle a effectivement un petit goût de déjà vu compte tenu des succès commerciaux tant en librairie qu’à l’écran, des ouvrages de London. 

 

Mais elle garde une fraîcheur toute particulière due pour partie à son effective originalité, pour partie à l’oubli dans lequel elle était tombée malgré le succès que ce livre a pu avoir lors de sa parution initiale et que cette réédition judicieuse contribue à remettre sur le devant de la scène, pour partie à une écriture (traduction est le terme plus approprié) alerte et mesurée, qui ne donne pas dans l’anthropomorphisme délirant (même si…), pour partie enfin grâce à l’insertion, dans la narration, de l’histoire d’une nature magnifiquement déployée sous nos yeux de lecteur émerveillé et de celle de pionniers dont on prend conscience des difficultés qu’ils rencontraient à se frayer un avenir dans des milieux aussi durs sinon hostiles

 

Kazan, c’est une magnifique histoire pour les petits et pour les grands.

 

Une histoire qui se termine sur la conviction énoncée par certains de ces aventuriers, selon laquelle il y a un dieu (quel qu’il soit ou quelle que soit sa forme) dans le Wild « qui a donné une âme, même aux bêtes sauvages », mais aussi selon laquelle « nous devons respecter la vie » même si nous ne devons pas nous empêcher de « défendre et alimenter la nôtre ».

 

Certainement le plus grand défi et la plus grande responsabilité de l’Homme qui doit maintenant ne plus refuser d’entendre parler d’une sensibilité qui n’est pas seulement et de manière totalement réductrice celle de l (a prétendue) » humanité. Qui doit prendre conscience du grand tout dans lequel il n’est pas, tant s’en faut, un dieu omnipotent.

 

 

 

James Oliver Curwood, trad. américain Paul Gruyer et Louis Postif – Kazan Chien-loup – L’Eveilleur – 9791096011278 – 19 €
 

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Pour approfondir

Editeur : L'Eveilleur Editions
Genre :
Total pages : 220
Traducteur :
ISBN : 9791096011278

Kazan chien-loup

de James Oliver Curwood

Captivante est l'aventure de Kazan, ce chien d'attelage dans lequel il y a moitié du chien et moitié du loup, qui abandonne son traîneau pour la vie sauvage dans les Barrens, à l'ouest de la baie d'Hudson. Successivement, il connaît les pires ennemies : L'incendie, la tempête polaire, la peste, l'homme lui-même auquel, malgré tout, à cause d'anciennes influences, il reste fidèle. Son bon génie et ce prodigieux " instinct du Wild " le rendent victorieux, et aussi cette louve aveugle qu'il a prise pour compagne, capable " d'entendre à un demi-mille une truite sautant dans une rivière ".

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