Aurélie Filippetti dévoile ses idéaux : l'amour au temps de la politique

Nicolas Gary - 06.07.2018

Edition - Les maisons - Aurélie Filippetti idéaux - Assemblée nationale amour - Aurélie Filippetti livre


L’ancienne ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, vient de démissionner de son poste de conseillère municipale. Rien de mieux qu’une solide polémique pour préparer la publication prochaine de son roman, Les idéaux. Prévu pour le 27 août, l’ouvrage sortira chez Fayard.


Aurélie Filippetti - Salon du Livre 2014
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

Ce 4 juillet, à l’occasion du conseil municipal de Metz, une conseillère de l’opposition lui a déroulé un tapis rouge d’accusations. Christine Singer interrogeait en effet le maire Dominique Gros en ces termes : « A-t-elle [Aurélie Filippetti] oui ou non continué à toucher son indemnité d’élue depuis ? Si oui, c’est de l’enrichissement sans cause et vous êtes donc, Monsieur le Maire, en faute. Ce qui est grave. »
 

Rappelée à l’ordre, avant d’être finalement exclue de la séance, la conseillère a été sortie, accompagnée par la police. À l’origine de son intervention, les multiples absences, affirme-t-elle, de la conseillère, qui, depuis mars, n’aurait que peu assisté aux réunions, rapporte le Républicain Lorrain.
 

Ce jour, l’ancienne locataire de la rue de Valois s’explique : non seulement elle préfère démissionner, mais surtout elle réfute toute accusation. 

 

« J’avais des cours à Sciences Po le jeudi avec des élèves. J’ai envoyé des procurations à chaque fois. J’ai pris le temps de réfléchir à ce que je souhaitais faire. Et maintenant j’ai démissionné. Je voudrais que ces hystériques me laissent tranquille. Ils m’ont reproché mes absences fin 2015 au moment où ma fille était à l’hôpital. Même quand j’étais ministre, je faisais l’effort de venir aux conseils. »

 

Engagée aux côtés de Benoît Hamon, elle est devenue l’une des porte-parole de Génération.s, le mouvement lancé par l’ancien candidat PS. Sans plus de fonctions électives, c’est sur sa carrière d’auteure qu’elle pourra bientôt se concentrer. 

 

Les idéaux, roman politique et d'amour
 

Car Aurélie Filippetti, romancière bien avant d’être ministre, l’affaire est connue. C’est à elle que l’on doit le désormais célèbre « c’est l’éditeur qui fait la littérature », difficile à avaler pour une partie de la profession. Or, c’est justement de politique dont il est question dans son dernier ouvrage, et d’amour, parce qu’il en faut.

 

Le texte n’étant pas encore disponible, il a fallu se baser sur la présentation que l’auteure a faite de son titre devant un public de libraires.  

 

Son ouvrage nous fait balayer les 10 dernières années de sa vie, où l’idéal se confronte au réel, vissé au corps de deux personnes du vieux monde politique. Dans ce couple, les idées sont opposées, le conflit idéologique assuré. Mais vivant en une France à l'identité figée, tous deux finissent par développer une vision plus ouverte. 

 

Au sein de l’Assemblée nationale où ils s’opposent, ils partagent néanmoins, de manière viscérale, une certaine conception de la politique. Sans nier cette opposition, ils vont apprendre à s’entendre, et se rejoindre finalement sur un idéal de service et d’engagement.  

 

« À travers deux mandats, ils vont éprouver l’expérience émolliente du pouvoir », expliquait alors Aurélie Filippetti, « pouvoir qui détruit la politique ».

 

Écrivant sur cette expérience par tous partagées, le désamour d’avec la chose publique : aucune désillusion ni cynisme dans les personnages, au contraire, cela nourrit leur révolte. L’arrivée d’un Nouveau Monde en 2017 leur fait prendre conscience qu’ils n’ont plus de place dans ce monde-là.

 

Traversant les affres inévitables liées à leur fonction, ils tirent pourtant de leur liaison clandestine une étrange force, un devoir de tolérance qui les rend plus libres. Leur rencontre serait-elle le dernier lieu de la politique ? D’une confrontation qui ne dégénérerait pas inévitablement en affrontement ? Ne partagent-ils pas, au fond, une même conception démodée, en voie de disparition, du service de l’État ? Ou l’amour qu’ils croyaient interdit, sans qu’ils s’en aperçoivent, s’en est-il quand même mêlé ?


 

C’est autant un ouvrage sur la place des femmes dans la vie publique, leur vision, et la représentation que le public en a. Stéphanie Polack, son éditrice, en dit qu’il s’agit « d’une exploration littéraire et intime du pouvoir. Comment par une histoire d’amour, le couple parvient à redécouvrir leur fondement de leurs engagements politiques ».

 

Et Sophie de Closets, présidente des éditions Fayard, n’a pas hésité à comparer le texte à Proust, « dans l’anthropologie politique, sociale et intime ». 
 

Aurélie Filippetti – Les idéaux – Fayard – 9 782 213 709 444 – 21,50 €
 

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