Bientôt Noël et ses cadeaux promis au secteur de l'édition jeunesse

Julien Helmlinger - 27.11.2013

Edition - Les maisons - Montreuil - Jeunesse - Noël


En marge du lancement du salon de Montreuil, de l'ouverture des marchés de saison à travers l'Héxagone, il est l'heure d'adresser sa lettre au Père Noël. Les ventes du secteur de la littérature jeunesse affichent un deuxième et troisième trimestres 2013 en recul. Mais en dépit de ces résultats plus fades qu'à l'accoutumée, la niche peut compter sur le boom des ventes lié aux fêtes de fin d'année pour renouer avec la croissance, qui, constante ces dernières années, en a fait un véritable moteur pour l'industrie entière.

 

 

En attendant que sonnent les cloches 

CC by 2.0 par jakemohan

 

 

Comme le rapporte l'AFP, cette année, le baromètre Livres Hebdo/1+C fait état d'une nouvelle baisse de 1 % des ventes de l'édition jeunesse au troisième trimestre, comme au deuxième, de quoi donner la chair de poule aux éditeurs du secteur. Mais ce constat est toutefois amoindri par les bonnes performances des best-sellers pour ados.

 

Au rang de ces locomotives on retrouve : Héros de l'Olympe, vol. 3, de Rick Riordan, en tête des ventes sur la période de janvier à octobre 2013, les trois volumes des Hunger Games, par Suzanne Collins, qui s'accaparent les trois places suivantes, ou encore des Héritiers d'Enkidiev, vol. 5, d'Anne Robillard, qui vient ensuite dans le classement.


Cependant, les ventes d'ouvrages pour la jeunesse restent supérieures comparativement à la moyenne du marché du livre, même si l'écart se resserre depuis le 4e trimestre 2012, et bénéficient traditionnellement de la période des fêtes de fin d'année.


Les maisons du secteur sont habituées au boom des fêtes. Selon Sébastien Rouault, chef du Livre chez GfK Consumer Choices, les mois de novembre et décembre ont représenté « en moyenne 27 % du chiffre d'affaires annuel de l'édition jeunesse entre 2010 et 2012 ». Tandis que Thierry Magnier, directeur du pôle jeunesse d'Actes Sud, confie : « Nous sommes inquiets, mais il ne faut pas oublier que le chiffre d'affaires se fait au dernier trimestre. »

 

GfK relève qu'en 2012 le secteur jeunesse a représenté 17 % en valeur du marché global du livre et 24 % des quantités écoulées, avec 75,5 millions d'exemplaires vendus pour un chiffre d'affaires de 579 millions d'euros. Un bilan qui représenterait près d'un livre vendu sur quatre en France.
 

L'observation de l'institut fait état d'un marché tendu, de mises en place décevantes, nouveautés commandées parfois en un seul exemplaire, et autres licences anciennes préférées aux nouvelles parutions. Un désamour qui s'expliquerait par la crise économique, une médiatisation moindre du secteur, la faible fréquentation des librairies, la disparition de magasins comme chez Virgin ou Chapitre, et autres offres réduites.