En mille morceaux, ou un autre regard sur les addictions

Cécile Mazin - 20.05.2015

Edition - Les maisons - drogues adolescents - réalité compréhension


Ils s'appellent Karine, Érik, Franck, Léa ou La Sorcière, et puis il y en a quelques autres avec eux. Durant quelques jours, on partage le quotidien de ce groupe de lycéens, entre les parents et les contraintes de la vie, et la recherche d'une identité personnelle. Le tout au milieu des questions existentielles, alors que Jessika, l'une de leurs amies, va trouver la mort. 

 

 


 

 

Pour fuir, ou tenter d'échapper à la douleur, aux angoisses, il y a ces paradis artificiels, déclinés sous des formes les plus diverses. Ce peut être les drogues identifiées comme telles, mais également les mondes virtuels, qui deviennent alors de véritables échappatoires. « Heureusement, d'autres pistes sont également possibles telles le karaté, le sport ou, en général, les activités grâce auxquelles les personnages se construisent (lecture, écriture, engagement social…). »

 

Voilà comment se construit le roman En mille morceaux, écrit par Nicolas Ancion, chroniqueur régulier de bandes dessinées sur ActuaLitté. Un livre qui s'intègre dans un programme plus large de sensibilisation et qui se prolonge à travers un site internet, En Mille Morceaux.

 

On y retrouve les différents personnages du roman. Pour mieux les connaître et partager d'autres expériences et rencontres. 

 

L'association Infor Drogues, qui assure au quotidien une présence et une écoute pour chacun, par téléphone, emboîte ainsi le pas, pour trouver dans la littérature des mots qui seront plus à même de toucher les jeunes. De leur parler. Parce que « à travers ces personnages s'offrent ainsi des perspectives, des pistes, des idées. Pas des solutions toutes faites. Elles n'existent pas, car il n'y a pas de vies ordinaires, il n'y a que des vies singulières ».

 

« J'ai écrit En mille morceaux pour aider les lecteurs à prendre du recul et à se poser des questions. Pour moi, à partir du moment où on se pose des questions, c'est déjà gagné », explique Nicolas Ancion. Et d'ajouter : « Le site pourra être utilisé par des enseignants du cours de français pour travailler la compréhension à la lecture ou les caractéristiques des personnages. Le site donne des clés supplémentaires, va plus loin que le roman par exemple en sondant directement le visiteur. »

 

Loin de romans présentant une réalité crue, voire effrayante, et certainement éloignée de la réalité d'une grande majorité des jeunes, le livre tente de prôner une certaine prévention. Avec une mise en scène littéraire peut-être plus à même de répondre aux besoins d'identification. 

 

Un autre site rejoint cette opération, J'arrête quand je veux, qui propose trois types d'espaces, pour les jeunes, les enseignants et les parents.