Henri ne veut pas aller au centre de loisirs : apprendre l'ouverture

Florent D. - 14.09.2013

Edition - Les maisons - album jeunesse - centre de loisirs - petit garçon


Alors là, il faut saluer les artistes. Et que celui qui n'est jamais allé au centre de loisirs me canarde d'une première pierre lapidaire - et accessoirement, avec un joli pléonasme. L'histoire d'Henri, récalcitrant devant le centre aéré, c'est l'histoire de ma vie, agrémentée d'anecdotes que j'aurais pu tout aussi bien vivre, si j'avais eu une grande famille. 

 

 

 

 

Christophe Nicolas (qui a écrit l'histoire) et Ronan Badel (qui l'a dessinée) font très fort. Henri, donc, ne veut pas se bouger pour aller au centre de loisirs, parce que ça craint, c'est nul. Ce qui est magnifique avec les enfants, c'est qu'ils savent instinctivement les choses. Et si Henri ne veut pas, il a une bonne raison : il n'y est jamais allé. Et forcément, il préfère passer du temps avec ses oncles. Il en a cinq, ça tombe bien, il fera la semaine. Quant au week-end, les parents démissionnaires pourront enfin se charger de leur progéniture.

 

Cinq tontons, donc cinq activités, à savoir : pompier - si c'est pas un rêve d'enfant, ça ; agriculteur - les deux pieds dans la terre ; conducteur de métro - les joies de l'urbanisme ; travailleur dans le BTP - des p'tits trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous. Le dernier, il travaille à la grande horloge, mais après avoir éprouvé « ce mortel ennui », finalement, Henri optera pour le centre de loisirs. 

 

Bon, sans mentir, cet album est une petite perle, certes, mais franchement partisane. Si le ministère de l'Éducation nationale n'a pas financé cette création pour encourager les parents à envoyer leurs enfants dans les institutions périscolaires, je veux bien manger ma cravate. J'en achèterai une au préalable, évidemment. Mais soyons sérieux une seconde.

 

À chaque fois qu'Henri accompagne l'un de ses tontons, ce dernier commence par « Tu te mets là et tu ne bouges pas ». S'ensuit alors une journée longuette, qui débute par un vague enthousiasme et... un ennui profond. Quatre tontons, ça aurait pu donner quatre thématiques, et pour renforcer l'enthousiasme pour le centre de loisirs, on aurait pu retrouver ces quatre thèmes.

 

Or, ce n'est pas le cas : un seul revient, celui du repos - quand Henri passe chez son oncle employé du bâtiment, il est un peu fatigué et aurait volontiers fait une sieste. Temps calme qui se retrouve au centre de loisirs. Alors que les trois autres cases consacrées au centre ne font aucun écho - ou alors trop lointain. 

 

Dommage, mais absolument pas rédhibitoire. Cet album est adorable à plus d'un titre, et parvient à distraire petits et plus grands. Un petit bonheur, dont il serait dommage de se priver.

 

Henri ne veut pas aller au centre de loisirs, chez Editions Didier Jeunesse, 12,50 €