L'Hôtel Lutetia ferme ses portes pour trois ans de rénovation

Julien Helmlinger - 15.04.2014

Edition - Les maisons - Hôtel Lutetia - Rénovation - Culture


Une nouvelle page se tourne pour l'Hôtel Lutetia, l'un des palaces parisiens les plus chargés d'Histoire. L'adresse prisée du Syndicat national de l'édition (SNE), qui y tenait ses élections au mois de juin, acueillait hier ses derniers clients. L'établissement ferme ses portes pour une durée de trois ans, le temps de se remettre à niveau pour contrer une concurrence qui s'est dernièrement renforcée. « Le Lutetia est une vieille dame qui a grand besoin d'une cure de jouvence », explique le chef concierge.

 

 

 

 

Le Lutetia, emblématique hôtel art déco de sept étages, fut construit en 1910 sur la rive gauche, non loin de Saint-Germain-des-Près et de ses maisons d'édition. Le bâtiment a notamment abrité un hôpital en 1914, ainsi que les services de renseignement du Reich pendant l'occupation, tandis qu'à l'issue de cette Seconde Guerre mondiale, les lieux servirent à l'accueil des déportés revenus des camps.

 

Si le lieu était déjà un rendez-vous du monde littéraire avant cette fermeture, va être redécoré sous la direction de l'architecte Jean-Michel Wilmotte. Les collections qui s'y trouvaient jusqu'à lors, dont une centaine d'oeuvres d'art réalisées in situ et quelque 8.000 bouteilles d'alcools, ont été vendues aux enchères en février.

 

Comme il l'explique, les côtés Art déco et Art nouveau seront conservés, mais remis au goût du jour par un design contemporain. La structure elle aussi sera révisée, notamment pour accueillir un spa, réduire le nombre de chambres et promettre des suites plus vastes, un nouveau patio central, un jazz club et surtout, une bibliothèque destinée à accueillir les rendez-vous culturels. 

 

Par ce programme de rénovation, cinq étoiles, évalué aujourd'hui entre 80 et 100 millions d'euros, l'établissement entend passer de son statut de quatre étoiles à celui de cinq étoiles. Un investissement important pour la PME, malgré ses 30 millions de chiffres d'affaires annuels.

 

La fermeture, à partir d'aujourd'hui et pour trois ans, ne se serait pas faite sans dégâts. Le plan de sauvegarde de l'emploi qui en découle, proposé par la direction aux 211 salariés, serait notamment contesté par les membres du personnel.