La littérature griffée : vendre avec les marques, ça paye

Antoine Oury - 24.05.2013

Edition - Les maisons - marques commerciales - partenariat - Flossie Crums


La tendance générale, le monde de l'édition et finalement les festivals littéraires se tournent de plus en plus vers la cuisine pour y trouver la recette du succès. Ainsi, la créatrice de Flossie Crums, un personnage qui guide les enfants dans leurs explorations culinaires, Helen Nathan, était l'invitée du Sharjah Children's Reading Festival. Elle est revenue sur la chronologie éditoriale de sa série, plutôt atypique...

 

 

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Il ne s'agit pas ici de publicité dans les livres, question qui revient souvent dans le domaine du livre numérique. Et cette fois, il se pourrait bien que les publicitaires aient eu plus d'audace que les professionnels de l'édition. En effet, c'est à la porte de ces derniers que frappe d'abord Helen Nathan, avec une (bonne) idée en tête : mêler récit de fiction et livre de recettes, pour donner l'envie aux enfants de lire et de bien manger.
 
Accompagnée par son bagage de commerciale dans une société viticole, mais aussi de directrice de l'école de cuisine pour enfant Lick the Bowl (Lèche le saladier), Nathan propose son idée aux éditeurs, qui refusent les uns après les autres : « Où le livre sera-t-il rangé ? En fiction ou en livre de cuisine ? », intiment-ils en substance.
 
Légérement dépitée, Helen Nathan ne lâche pas l'affaire pour autant et remonte ses manches comme pour faire sa cuisine éditoriale : « Je suis allé voir les farines McDougall's, la marque la plus réputée au Royaume-Uni, avec 87 % de parts de marché, une marque avec un bel héritage et un nom significatif. J'ai alors expliqué avec humilité qu'ils devaient inspirer les cuisiniers de la prochaine génération et que Flossie Crums pourrait les aider. »
 
La suite se devine encore plus facilement que la recette de l'oeuf sur le plat : un partenariat avec la marque de farine en poche, Nathan est beaucoup mieux armée pour obtenir un contrat d'édition avec Pavilion Publishing. Le personnage apparaît finalement, en 2010, sur 3 millions de paquets de farine, et les partenariats commerciaux se sont depuis multipliés.
 
Les ventes totales des ouvrages atteingnent les 30.000 exemplaires, mais : « Les livres ne sont pas ma source principale de revenus : les contrats de licence représentent à peu près 4 fois plus que les royalties des livres » assure Helen Nathan.