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La Martinière cède face aux salariés du pôle jeunesse en grève

Antoine Oury - 12.01.2017

Edition - Les maisons - La Martinière jeunesse - Béatrice Decroix - De La Martinière management


Les salariés du pôle jeunesse du groupe La Martinière, soit 16 personnes, s'étaient mobilisés pour une grève le 4 janvier dernier à l'issue d'une assemblée générale. Ils dénonçaient un management « infantilisant », qui laissait peu de place à la reconnaissance de leur travail et à l'autonomie, tandis qu'une enquête de l'Inspection du Travail était lancée sur la direction du pôle. La direction a rencontré les salariés le mardi 10 janvier dernier, et a pris la décision de se séparer de Béatrice Decroix, la directrice du pôle jeunesse.

 

Grève aux Éditions de la Martinière

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

16 salariés, soit l'ensemble du pôle jeunesse, et nombre de leurs collègues s'étaient retrouvés devant l'immeuble du groupe La Martinière le mercredi 4 janvier dernier pour protester contre les méthodes de la direction du pôle jeunesse, jugées « infantilisantes » par les principaux intéressés. Par un communiqué envoyé le lendemain de la réunion du 10 janvier, le groupe La Martinière annonce que Béatrice Decroix quittera ses fonctions le 15 février 2017. C'est Dominique Caloni, directeur général adjoint et directeur des ressources humaines du groupe, qui signe ce communiqué.

 

« La direction du Groupe tient à la remercier pour son action efficace au cours de ces vingt dernières années, qui a permis le développement d’une structure dont le chiffre d’affaires et les résultats n’ont jamais cessé de progresser », indique-t-il.

 

 

Depuis 2004, les pôles jeunesse des éditions De La Martinière et des éditions du Seuil ont fusionné en un seul, dirigé par Béatrice Decroix, fondatrice des éditions De La Martinière jeunesse en 1995 et épouse du PDG Hervé de La Martinière. « [C]ela fait plus de dix que ça dure » assurait-on dans les rangs des grévistes, le 4 janvier.

 

Le management de la direction du pôle jeunesse cumulerait « infantilisation », « culpabilisation » et « pertes de responsabilités », selon les grévistes : « Elle vérifie absolument tout ce que font les employés, ce qui lui prend évidemment un temps fou, organise des réunions à 17 h 30, envoie des mails en dehors des heures de travail et met énormément de temps à fournir les réponses aux demandes de RTT » témoignait l'un d'entre eux.

 

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Les salariés avaient tenté, d'après eux, de résoudre les différends à l'amiable en réclamant des rendez-vous et des conciliations. En décembre 2015, les problèmes sont signalés à la direction des ressources humaines avant qu'en février 2016, un médecin du travail n'intervienne pour signaler les risques psychosociaux liés au management.

 

La direction du groupe a fait intervenir en début d'année un manager extérieur à l'entreprise pour prendre la tête du pôle jeunesse, sans toutefois éloigner Béatrice Decroix de la direction éditoriale : « Par le passé, dans d’autres situations et avec d’autres directeurs, une porte de sortie avait pu être négociée plus aisément », soulignaient les grévistes. 

 

Le 9 décembre 2016, l'Inspection du Travail avait ouvert une enquête sur le management du pôle jeunesse, dont les conclusions étaient attendues au cours du mois de janvier.