Le groupe Editis accusé de "management discrétionnaire"

Clément Solym - 28.11.2012

Edition - Les maisons - groupe Editis - Vincent Barbare - déménagement


La nomination de Vincent Barbare à la tête des sociétés Plon-Perrin-Presses de la Renaissance, s'accompagne depuis hier soir de différents commentaires, au sein du groupe Editis. L'actuel patron de Frist-Gründ, à l'origine du lancement de la collection Pour les Nuls, voilà 10 ans, devrait participer à « un projet de rapprochement » entre les maisons.

 

 

La Place d'Italie, (75013, Paris crédit Google Maps)

 

 

La communication d'Editis est des plus discrètes, mais depuis hier soir, les langues se délient. « La synergie entre ces maisons est étonnante : en termes éditoriaux, elles n'ont pas grand-chose à voir. Ce serait plutôt l'alliance de la carpe et du lapin », nous confie-t-on. Quant aux aspects sociaux, et le déménagement qui pourrait s'ensuivre, pour rapatrier tout le monde place d'Italie, voilà qui inquiète. Sérieusement. 

 

Une source, anonyme, s'interrogeait hier justement sur le fait que le 7e étage de la tour, place d'Italie, soit encore vide. Maintenant, on sait un peu plus précisément avec quoi Editis pourrait le remplir. De même, la présence du groupe Place des Editeurs et la « mise en concurrence » qu'entraînerait la création d'un autre groupe, First-Gründ avec PPPdR, ne manque pas d'agacer les employés.

 

Capitalisme, métallurgie et essorage

 

De son côté, la terrifiante CGT Editis vient de nous faire parvenir un communiqué, évoquant le devenir possible « d'un nouveau multiplex éditorial », où se retrouveront les maisons. Et pour le syndicat, la brutalité de cette décision, dont les salariés ont été informés hier matin, sans aucun ménagement, entraînera des conséquences désagréables. Ou pour parodier un célèbre film, on serait entre l'Arche perdue et le diamant vert, à la découverte du « management discrétionnaire ».

 

Et de souligner combien les travaux de Plon autant que de Perrin ont largement contribué au développement d'Editis dans les domaines de la littérature, des documents d'actualité et de l'histoire. Toutefois, Editis « pour conjurer les craintes de Planeta face aux incertitudes du marché du livre, pourrait couper les ailes qui l'ont longtemps porté », note la CGT.

 

C'est que le propriétaire Planeta, est actuellement en recherche de liquidités et souhaite faire en sorte qu'Editis rapporte de l'argent et verrouille d'ores et déjà plusieurs pans d'investissements, nous confirme-t-on. Il faut bien retrouver la somme de 1,023 milliard € investie à l'époque pour le rachat.

  

Pince-mi et Pince-moi sont dans un bateau...

 

La perspective est d'ailleurs sombre : mutualisation des services avec des postes qui disparaîtront, licenciements. « On peut parier que la richesse éditoriale de Plon, qui souffrait déjà d'un déficit de stratégie, ne sera bientôt plus qu'un souvenir », dénonce le Syndicat. Et de conclure : « Qu'il soit métallurgique ou éditorial, économique ou social, le capitalisme ne connaît que l'essorage. »

 

Alors que personne ne semble désireux de commenter la situation, ni d'apporter le moindre éclairage, les observateurs se poseront encore une dernière question sur l'état de l'art. 

 

C'est qu'il reste encore plusieurs maisons loin de la Place d'Italie, comme les éditions Le Cherche Midi, qui siègent dans la rue du même nom, et non loin d'elles, XO Editions et Oh ! Editions, qui occupent une partie d'étage dans la tour Montparnasse. Mais peut-être faut-il regarder également du côté de Robert Laffont, Nil, Julliard et Seghers qui sont toujours dans un coûteux arrondissement, le VIIIe, avenue Marceau. 

 

Les prochains mois, selon certaines informations, pourraient apporter des changements dans le paysage des maisons. Quant à l'immeuble actuellement occupé par Plon, Perrin, Presses de la Renaissance... il passera sûrement à la postérité... Pour mémoire, en juillet 2010, Bartleby nous apprenait que les bureaux du groupe, 26 de l'avenue Champs Elysées, étaient rapatriés, également Place d'Italie.

 




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