Lectures en stock, parce que “la littérature, la bonne, n’a pas d’âge”

Nicolas Gary - 29.03.2018

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En 2010, commença sur ActuaLitté une aventure assez singulière : à l’initiative d’Hervé Bel, dont le roman La nuit du Vojd avait enchanté la rédaction, nous lancions une rubrique hebdomadaire, Les Ensablés. Qui aujourd’hui, sortent du net...

 

 

Les ensablés
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

« Les ensablés, c’est l’image de monuments anciens enfouis sous le sable, intacts, que des archéologues découvrent, émerveillés », expliquait Hervé Bel à cette époque. En guise de monuments, c’étaient ceux de la littérature française, et spécifiquement des ouvrages parus entre 1930 à 1970, qui étaient exhumés. 

 

Or, à l’instar des grains de sable, justement, ces oubliés sont innombrables : « Il suffit d’en découvrir un, et je m’aperçois aussitôt qu’il connaissait lui-même un autre ensablé. C’est un fil que je tire, et c’est pour moi un grand plaisir, une nécessité aussi. Je veux que le public les redécouvre. »

 

C’est assez logiquement, donc, que ces chroniques dominicales, qui réunissent des centaines des lecteurs chaque semaine, se sont retrouvées à rencontrer les éditions La Thébaïde. Spécialisée dans l’édition de textes parus dans les années 20 à 50, la maison a choisi de réunir dans un ouvrage inédit une sélection de ces billets.

 

Les Ensablés sont devenus, le temps de cette parution, Lecture en stock, avec 52 chroniques parues au fil du temps et toujours pour piquer la curiosité des lecteurs. 

 

« Les livres non lus sont bien morts, mais, en retrouvant un lecteur, ils peuvent ressusciter. Un auteur délaissé n’est pas forcément un ensablé, et son oubli tout à fait justifié. Mais parfois, l’écrivain oublié a publié une véritable œuvre dont la qualité reste reconnue par les spécialistes et souvent primée », indique la maison. 

 

Et d’ajouter : « La littérature, la bonne, n’a pas d’âge. Les articles de cet ouvrage visent à redonner vie à des romans afin de goûter un style, une narration, une histoire hors du temps. Quels merveilleux moments procurés par une lecture qui abolit et le lieu et l’époque lors d’un après-midi pluvieux ou dans une chaise longue au soleil... »

 

Les Ensablés de jadis, qui retrouvaient des lecteurs à l’occasion de ces publications, orchestrées par Hervé Bel, sont désormais, pour partie, à découvrir dans ce livre. 

 

« Chaque chronique présente en quelques lignes la vie de l’écrivain pour se concentrer ensuite sur le contenu du roman. Une façon de se cultiver, de découvrir un rayon inexploré de la littérature, tout en se démarquant de l’air du temps. Sous les signes imprimés, une seconde vie pour tous... » 

Et pour la rédaction, un sentiment d'avoir, modestement, participé à leur redécouverte grâce au considérable travail d'Hervé Bel et de ses camarades.

 

Retrouver les autres billets des Ensablés, survivre en littérature.

 

Les Ensablés – Lectures en stock – Editions La Thébaïde – 9791094295151 – 16 €




Commentaires

Je viens de refermer « Lectures en stock » et milles idées se bousculent et je les livre comme elles me viennent !

Que d’envies, que de regrets ! On veut soudain vagabonder avec Jean-Paul Clébert et lire sans retard Paris au mois d’août de René Fallet ; on s’était promis, il y a longtemps, de lire Gaspard des Montagnes, et comme on se repent de ne l’avoir pas fait ! et de René Boylesve on s’interroge « comment ai-je pu passer à côté ! » ! Heureusement, à cause de ceux qu’on a lu, Félicien Marceau ou Kleber Haedens, les Ensablés nous rendent immodestes : se pourrait-il que par ces lectures nous fussions, à notre insu, propriétaires d’un sésame mystérieux ? ayant in extremis répondu aux justes conditions, se pourrait-il que nous nous rattachions par ces pages lues et aimées, à ce cercle des connaisseurs les plus difficiles ?

Un cercle fermé, mais mieux encore. Car les Ensablés réalisent les exigences de l’Instruction publique : gratuite et obligatoire ; et de surcroît le programme de la SMCF –la Société Magique des Chemins de Fer - : nous faire voyager, selon notre envie et selon nos lectures, dans la double dimension de l’espace et du temps, l’une et l’autre dilatées infiniment dans la clôture de notre imagination et dans la fièvre de ce périple immobile, ordonnant : Et pour ce, Corydon, ferme bien l’huis sur moy ! et nous fortifiant en retour de ce pouvoir nouveau.

On admirerait la locomotive, une Pacific 231 et on s’installerait avec Pierre Benoît en première classe dans l’entêtante odeur de tabac turc qu’exalterait le calorifère - mais il serait permis d’aller casse-croûter à son aise en troisième classe et y entendre Blaise Cendrars inventer Dan Yack et le Transsibérien ; on ferait avec Bubu tous les arrêts du Chemin de fer de ceinture ; on s’arrêterait à la campagne chez Chamson et sans qu’on même vu un douanier, on serait à Milan chez Paulina ! et plus loin encore, terminus ! on serait dans « Ce pays où l’on n’arrive jamais » !

On serait bien !

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