Nabokov : une correspondance intime et prosaïque

Clément Solym - 29.11.2010

Edition - Les maisons - nabokov - correspondance - amour


Le retour de Nabokov, à travers sa correspondance est attendu. Avec plus de 300 lettres rassemblées par Dmitri, le fils du romancier, seront publiées l'an prochain. Elle couvrira la période depuis Berlin en 1923, jusqu'à la mort de l'auteur, à Montreux, en Suisse. C'était en 1977.

Ce n'est finalement que justice, parce que l'ensemble des romans de Naobokov a dédié l'essentiel de ses oeuvres à sa femme, qui fut également son éditrice et sa traductrice. Et le couple, qui ne se sépara jamais bien longtemps, aura eu de très longs échanges. Cependant, si le recueil ne présente que les lettres envoyées par Nabokov à sa femme, c'est simplement qu'elle a détruit celles qu'elle avait renvoyées.


C'est à un bal de charité que le romancier la rencontra, à Berlin, et les premiers pas sont immédiatement passionnés. « Comment puis-je vous explique ma joie, mon bonheur céleste, comment vous dire que je sous tout à vous ? »

Le fils de famille aristocratique russe, né à Saint Petersbourg en 1899, Nabokov avait fui la révolution russe de 1917, et Vladimir s'installa alors au Trinity College de Cambridge pour y étudier les langues. Il renouera après ses études avec la communauté des émigrés russes, en retournant à Berlin. Ses premiers livres y seront écrits en russe, et ce n'est qu'avec Lolita qu'il se mettra à une écriture directement en anglais.

Des lettres qui font frémir, puisque l'on y retrouve le style unique et si particulier de Nabokov, et en dehors des considérations amoureuses qui le liaient à sa femme, on retrouve également des considérations plus prosaïques.

Notamment comment il aime que soient cuits les oeufs, ou encore l'augmentation du prix du lait.