Revue Angle mort : “Il existe une forte et riche tradition de science-fiction en France”

Nicolas Gary - 12.08.2016

Edition - Les maisons - Angle mort revue - science fiction revue - auteurs récits artistes


La revue Angle mort, et sa sœur jumelle américaine, Blind spot viennent de sortir leur dernier numéro. Depuis maintenant six ans, la première propose des « éclats d’imaginaire », sous la forme de récits, articles et interviews. Son orientation science-fiction et science spéculative en fait un référence pour les amateurs. Toujours des regards originaux « qui font de la science — fiction une méthode d’exploration de soi ou de notre environnement ». 

 

 

 

Julien Wacquez et René-Marc Dolhen, directeurs éditoriaux, (im)posaient un manifeste, dans leur édito du numéro 11, qu’ils nous proposent de retrouver intégralement. 

 

A la découvertes des sciences-fictions

 

Depuis 2010, Angle Mort publie des nouvelles d’écrivains français, anglais ou américains. La science-fiction anglo-saxonne est bien connue dans l’hexagone. Les éditeurs spécialisés dans le genre traduisent presque tous, parce qu’ils ne peuvent pas se contenter de la production strictement française pour « survivre » et Angle Mort n’échappe pas à la règle. Cela ne signifie pas nécessairement que la science-fiction française n’est pas de bonne qualité ou qu’il n’y a pas assez d’auteurs.

 

Peut-être que ce n’est qu’une question de public, ou d’image. La conviction d’Angle Mort est qu’il existe une forte et riche tradition de science-fiction en France, avec son histoire, ses courants, ses ramifications et, que cette tradition est toujours vivace aujourd’hui, toujours en réinvention, qu’elle mérite d’être partagée.

 

De l’autre côté de l’Atlantique, le public américain connaît très peu – pour ne pas dire pas du tout – la science-fiction française. Seuls quelques-uns de nos écrivains s’exportent, parce qu’ils se font traduire à leurs propres frais. Partant de ce constat, l’équipe Angle Mort s’est lancé dans un pari risqué : traduire la science-fiction française en langue anglaise et la rendre accessible aux lecteurs américains. Nous avons donc préparé, durant le premier semestre de l’année 2016, le premier numéro d’un nouveau magazine, intitulé Blind Spot (traduction littérale pour Angle Mort).

 

Le principe de ce magazine est le même que son pendant français : quatre nouvelles d’écrivains contemporains disponibles gratuitement en ligne et à l’achat d’un numéro complet comprenant des interviews. Le but d’Angle Mort, à travers ce magazine anglais, est donc de valoriser la science-fiction française au sein du champ américain. Notez bien qu’Angle Mort ne se considère pas pour autant comme un représentant de toute la science-fiction française, mais seulement comme un regard sur elle, une certaine perspective – la sienne.

 

L’ambition de l’association Angle Mort, par la publication de ses deux magazines (français et américain), n’est pas seulement de rééquilibrer les échanges entre deux traditions de science-fiction qui ne communiquent jusque-là que dans un sens, mais bien de définir une perspective originale. En effet, Angle Mort considère que le propre de la science-fiction est de se jouer des frontières entre science, art et littérature – et même de chercher à les redéfinir, en empruntant des codes et des techniques appartenant à l’un ou l’autre des registres ou en les réinventant. 

 

 

 

Dorénavant, l’équipe Angle Mort s’intéresse à des écrivains qui travaillent par concepts. Par-là, nous entendons des outils capables de décrire la réalité de façon originale. Nous attendons des auteurs qu’ils mettent à l’épreuve la réalité par leurs récits. Nous collaborons également avec des artistes qui explorent des idées et concepts issus de la science-fiction pour créer des images nouvelles du genre. Et, dans les numéros à venir, nous souhaiterions travailler avec des scientifiques qui, eux aussi, mobilisent la science-fiction pour décrire l’étrange réalité à laquelle leurs données les confrontent.

 

Ce qui signifie qu’Angle Mort, autant que Blind Spot, sont deux magazines amenés à évoluer encore, au fil de nos rencontres et de nos projets.

 

Pour ce numéro 11 d’Angle Mort, nous avons fait appel au street artist espagnol Deih, qui considère la science-fiction comme un outil introspectif l’aidant à mieux se comprendre lui-même. Nous avons sélectionné quatre nouvelles, une d’un auteur français, Jean-Luc André d’Asciano, et trois d’auteur. e. s américain. e. s, Sofia Samatar, Sarah Pinsker et Adam-Troy Castro. Ainsi, ce nouveau numéro est riche de cinq regards sur le monde qui nous ont semblé originaux, qui font de la science-fiction une méthode d’exploration de soi ou de leur environnement.

 

Nous espérons que vous apprécierez à parcourir ce numéro autant que nous avons apprécié à le préparer.

 

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