Un agent de la Bibliothèque nationale de France se suicide sur son lieu de travail

Antoine Oury - 03.08.2020

Edition - Bibliothèques - bnf suicide - bibliotheque nationale france - bnf securite


Ce lundi 3 août, à 10h30, un événement tragique a eu lieu sur le site François-Mitterand de la Bibliothèque nationale de France : un agent de l'établissement public a mis fin à ses jours. La bibliothèque reste fermée au public toute la journée.
 
BnF : Bibliothèque nationale de France


Le suicide d'un agent de la Bibliothèque nationale de France, qui travaillait au sein du département Droit, Économie et Politique, a conduit à la fermeture de l'établissement, ce lundi 3 août, a-t-on appris après la publication d'un message sur le réseau social Twitter. 
 


La BnF indique que l'événement tragique a eu lieu « dans le jardin » du site François Mitterrand, situé dans le 13e arrondissement de Paris. Ce jardin fait l'objet de signalements répétés de la part des organisations syndicales depuis plusieurs années : elles réclamaient la mise en place de mesures de sécurité plus importantes après plusieurs suicides dans l'enceinte de ce jardin, situé plusieurs mètres en contrebas de l'esplanade Tolbiac.

Une enquête devrait vraisemblablement être ouverte sur les circonstances de la mort de l'agent : « De notre côté, à la CGT, nous allons demander une délégation d'enquête, mise en œuvre par le CHSCT, pour savoir si des raisons professionnelles ont pu motiver cet acte », nous indique Christine Patureau, de la CGT-BnF. 

Une cellule psychologique a été mise en place par la BnF, dans le cadre d'une procédure « que l'établissement connait malheureusement bien », constate-t-on.
 

Une étude de faisabilité pour renforcer la sécurité


En 2019, 3 personnes ont basculé dans le vide depuis l'esplanade du site Tolbiac dans le jardin de la Bibliothèque nationale de France, dont une de manière accidentelle. « Le sujet avait été discuté en CHSCT juste avant le confinement, au mois de février », rappelle Christine Patureau. Une étude de faisabilité avait été lancée auprès de l’agence DPA, Dominique Perrault Architecture, en fin d'année 2019, pour déterminer si l'architecte à l'origine de la BnF accepterait de voir des modifications à son œuvre.

« Nous en sommes encore à cette étude, et loin de l'étude d'ouvrage ou du budget » : en 2017, déjà, une étude de faisabilité avait été réalisée, sans déboucher, faute de budget. 3 millions € auraient été nécessaires pour réaliser des aménagements afin de renforcer la sécurité autour du jardin. Fin 2019, la direction avait annoncé la mise en place d'autres mesures, notamment une signalétique et le renforcement des rondes autour de l'espace.

« On constate tout de même une lenteur d'action de la direction et du ministère de la Culture, car la responsabilité financière dépasse la BnF », souligne SUD Culture BnF auprès d'ActuaLitté. « Le 10 juillet dernier, lors d'un CHSCT, nous avions dit que les délais étaient trop longs. » Selon nos informations, l'étude de faisabilité lancée fin 2019 ne devrait pas aboutir avant 2021.

« Cet événement est extrêmement lourd pour les collègues, avec des circonstances très violentes. Après le confinement, qui a eu un impact psychologique sur tous, la reprise a été très difficile à la BnF, où la désorganisation du travail est éreintante », dénonce SUD Culture BnF. « Le service médical de la bibliothèque se limite à un seul médecin, présent une seule fois par semaine sur le site Tolbiac. Quant au dialogue social, il a atteint un niveau catastrophique. »

Contactée, la Bibliothèque nationale de France confirme la mise en place d'une cellule psychologique pour les salariés de la BnF. L'accompagnement du personnel, et notamment des collègues de la victime, reste la priorité, nous indique-t-on, avant la recherche des raisons qui ont pu conduire à cet acte. Une enquête de police sera vraisemblablement ouverte sur les circonstances du drame.

Photographie : la BnF, ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
cool mad Les personnels sont en colère et veulent que cela ne puisse ce reproduire. Il faut empêcher physiquement la possibilité de sauter dpuis le parvis de la BnF. Toute ma sympathie et ma solidarité avec toutes les personnes connaissant la victime.
Personnel en colère?

Les collègues directs sont choqués, effondrés, tristes, très tristes.

Il était très apprécié.
Avec le nombre de suicide, il faudrait peut être se poser les questions adéquates sur les conditions de travail ! Et enfin mettre des barrières !

Une ancienne de la BnF
Le nombre de suicides, c'est à dire ? Combien et où ? Quelles conditions de travail, de qui, et où ? Respectez la mémoire de T.B. Personne ne sait ce qui c'est passé car ça faisait des mois que nous ne l'avions pas vu à la BnF car c'était une personne à risque en raison de ses problèmes de santé. Fermez tous vos bouches.
Alain, merci pour votre message. Mon mari (son frère) se pose beaucoup de questions qui restent sans réponse. Nous aimerions vous contacter si vous êtes d'accord. Merci encore. HB
L'agence d'architecture Perrault devrait payer les aménagements nécessaires.

Rarement une architecture n'a aussi peu pris en compte l'humain et la nature.

Çombien de morts encore faudra t'il avant que Perrault veuille bien modifier "son geste architectural",son "oeuvre" ?

Un lecteur
Pour quelqu'un qui choisit le suicide, Paris offre bien des endroits propices à son exécution. Il n'y a pas que les édifices - avec ou sans barrières. Quoi de plus facile, pour qui ne sait nager par exemple, que se jeter dans la Seine à l'aube quand les rues sont désertes? On ne peut mettre des garde-fous ou des surveillants partout.



J'espère de tout coeur que l'agent de la BnF n'aura pas souffert en tombant. Je présente mes sincères condoléances à son estimable famille.



Je préfère ne pas aborder le thème du pourquoi un être humain se donne la mort. Les raisons sont multiples, complexes et souvent mystérieuses. Surtout pour les témoins ou les tiers.



Que cet homme repose en paix.
Oui vous avez raison, il faut des barrières.

Partout.

Tout autour de nous, de chacun.

Il faut bloquer tous nos horizons avec des barrières.

Quoique...

Peut-être faut-il plutôt enfermer les gens dans des barrières, dans des cages, dans des prisons ?

Au moins nous les priverons de leur liberté de commettre ces actes que la société ne peut pas supporter.
Le bâtiment Bnf est assez carcéral dans son architecture, jusqu'aux bureaux aveugles.

Il est impossible et non souhaitable philosophiquement si je comprends votre pensée , certes, de mettre Des barrières partout mais il ne s'agit pas de cela; il faut de sécuriser un site qui devient un spot, (et l'on sait également qu'il peut y avoir une part une pulsionnelle dans cet acte qui peut ne pas se reproduire )
Je connais très bien la BNF, il y a d'énormes rambardes autour du jardin, pour sauter, il faut vraiment le vouloir.
Cher Franck,

Oui pour mettre fin à ses jours il faut "vraiment" le vouloir. Il n'est pas question de rambarde mais des raisons qui ont poussé mon beau frère à se rendre sur son lieu de travail pour en finir avec la vie !
Oui, c'est vraiment la question : pourquoi dans ce jardin que l'on voit et contourne chaque jour de travail à la BnF (j'y ai travaillé moi aussi), alors qu'il n'avait pas repris le travail depuis le confinement ? Pourquoi revenir là ? Avait-il un rendez vous au sujet de sa reprise ?
Mes condoléances et toute ma sympathie aux membres du personnel de la BNF dans ces tristes circonstances. J'en profite pour vous remercier toutes et tous de la qualité de votre accueil et de votre travail, que ce soit sur place ou en ligne. La BNF est pour moi un lieu d'étude, de travail et de flânerie de très longue date. J'espère que tout sera fait pour que les gens qui y travaillent puissent le faire dans de meilleures conditions.
Je suis très triste pour ce monsieur et sa famille, pour ses collègues aussi d apprendre un tel drame. Je suis une ex chercheuse (desormais soignante en Ehpad) et viens dès que je le peux me ressourcer et m apaiser dans cette silencieuse BNF qui cache donc bien des mystères... Que toute la vérité soit faite sur cette tragédie humaine. Courage à tous .
Très peiné pour mon confrère.

Je présente toutes mes condoléances à sa famille.



Un lien à établir entre ce drame et cette sal*perie structurelle de "new public management/nouvelle gestion publique" tant promue par nos politicards technocrates qui fait passer la "rentabilité" avant l'humain ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_gestion_publique

https://www.erudit.org/fr/revues/mi/2012-v16-n3-mi0157/1011413ar/

https://www.erudit.org/fr/revues/mi/2012-v16-n3-mi0157/1011413ar/



La révolution sociale des bibliothécaires arrive !

https://appeldesbibliotheques.frama.site/

Je fais partie de la relève dans la jeune génération qui défendra bec et ongles un modèle de bibliothèques sociales ou "en utopies" au service des communs, plutôt que des bibliothèques "supermarché" par les obsédés de la privatisation.

Engageons-nous tous dans les alternatives sociales contre la folie néo-libérale : syndicalisme et solidarité professionnelles, sciences humaines adaptées à chaque site plutôt qu'idéologie managériale des organisations du travail, data-activisme qualitatif plutot que Benchmark, advocacy des bibliothèques/lobbying citoyens/des communs plutôt que subir le privé, utilisé du web centralisé et des logiciels libres au lieu des logiciels privateurs/outils du techno-capitalisme !

https://www.youtube.com/watch?v=O8hMrYvr594

https://youtu.be/x_glRMWVwJk?t=3409

https://lobby-citoyen.org/

https://mrmondialisation.org/vivre-sans-google-et-cie-la-liste-des-alternatives-aux-gafam/
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