Un algorithme informatique sélectionne les futurs romans à publier

Orianne Vialo - 04.05.2016

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Les ordinateurs, robots et algorithmes informatiques ne se contentent pas uniquement d’écrire des romans et de les qualifier pour des concours de littérature. Désormais, ils endossent également le rôle d’éditeurs, pour sélectionner des livres à publier. La plateforme de publication Inkitt gérée uniquement par intelligence artificielle a annoncé dans un communiqué de presse qu’ils allaient collaborer avec la maison d’édition américaine Tor Books pour « dévoiler le premier livre sélectionné par un algorithme de publication ». 

 

(Image d'illustration, Domaine public)

 

 

L'éditeur Tor Books, spécialisé en matière de science-fiction, fantasy et fantastique a décidé de prendre part à cette aventure complètement novatrice. Le roman sélectionné, Bright Star, est le deuxième de la série Sky Riders écrite par Erin Swan. Il sera en rayons dès l’été 2017. Son premier roman, The Rising Sun, avait lui aussi rencontré un franc succès auprès des utilisateurs de la plateforme Inkitt. 

 

Dans cette histoire fantastique, l’auteure décrit un monde où l’âge d’or des Gardiens a passé, et où la terre de Paerolia a commencé à glisser dans l’obscurité une fois de plus. Dans ce monde peuplé de dragons, d’empereurs, d’elfes et de serviteurs, L’Andra (un esclave du palais des juges) et Keal (le chef du mouvement rebelle Freeman) s’enfuient et se lancent dans une rébellion qui pourrait changer l’avenir de Paerolia. Côte à côte, le duo doit se battre pour parvenir à réaliser leurs rêves. 

 

Fondée à Berlin l’année dernière, la plateforme Inkitt se qualifie comme un éditeur interactif qui promeut « une publication juste et objective ». Faisant écho à la complainte de nombreux écrivains qui regrettent de voir la publication de leurs manuscrits refusée par les maisons d'édition, les créateurs d'Inkitt posent la question : « Qui sommes nous, ou n’importe quel éditeur du monde, pour juger si vos manuscrits valent la peine ou non d’être publiés? » Pour en finir avec ces pratiques, les créateurs de la plateforme ont décidé de laisser un algorithme prendre les décisions à la place des hommes. 

 

Tous les écrivains peuvent ainsi partager leur travail sur Inkitt et laisser l'algorithme (et les lecteurs) faire le reste. Après la mise en ligne de la publication, l’algorithme calcule l’intérêt des lecteurs en fonction du trafic généré sur l’histoire. Ainsi, il ne sélectionne que les écrits les plus appréciés sur la plateforme. D’après le communiqué de presse, la société « travaille avec les plus grands éditeurs pour obtenir les meilleurs manuscrits ».

 

Évidemment, ce genre de méthodes a ses limites : les textes sélectionnés par l'algorithme le sont presque uniquement sur une base de popularité, ce qui n'est pas forcément le critère le plus pertinent lorsque l'on évoque l'art et la littérature. De plus, les méthodes automatisées, aussi sophistiquées soient-elles, sont toujours la proie des erreurs d'appréciation, comme les outils automatisés de lutte contre le piratage, par exemple, le prouvent régulièrement. Enfin, les robots ne sont pas les meilleurs spécialistes de littérature : celui qui s'était incrusté dans un prix littéraire est reparti bredouille.

 

Le demi-million de lecteurs peut aussi facilement interagir directement avec les auteurs, pour leur donner leurs impressions, sous forme de commentaires. D'après les fondateurs d'Inkitt, cette pratique peut être considérée comme « un moyen qui permettrait de créer un environnement de soutien et de positivité ». 

 

Le PDG et fondateur d’Inkitt, Ali Albazaz, considère l’accord Tor comme un « signal clair à l’industrie de l’édition que l’analyse de données prédictives est la voie de l’avenir ». « Nous sommes très heureux de pouvoir aider Erin Swan à lancer sa carrière de romancière. Nous sommes impatients de mettre la main sur le prochain livre de la série Sky Rider », conclut-il. 

 

(via Electric Literature)