Une anthologie de poésie posthume signée Michel Butor en septembre

Cécile Mazin - 25.08.2016

Edition - Les maisons - anthologie Michel Butor - recueil poèmes Butor - éditeur mort Butor


L’un des éditeurs de Michel Butor, les Éditions La Différence, annoncent la publication prochaine d’un nouvel ouvrage, une anthologie, disponible en librairie ce 22 septembre. Par le temps qui court a été établi par Mireille Calle-Gruber et sera proposé dans la collection Orphée. « Il y a des événements qui signalent le basculement d’une époque », indique la maison.

 

Michel Butor, portrait

ubtm_fr, CC BY ND 2.0

 

 

Colette Lambrichs, l’éditrice de Michel Butor a fait part de sa tristesse à l’annonce de la mort du romancier devenu poète

 

Né en 1926, nous nous apprêtions à fêter son quatre-vingt-dixième anniversaire. Un album de luxe intitulé « Quatre-vingt-dix » avec des poèmes calligraphiés par lui et des estampes de Pierre Alechinsky, Miquel Barceló et Bernar Venet est sur le point de paraître comme un volume d’Orphée, le 235e numéro de la collection, intitulé « Par le temps qui court », anthologie de ses poèmes établie par lui et Mireille Calle-Gruber avec une préface de Jean-Michel Maulpoix doit sortir de presse incessamment.

 

C’est un immense écrivain qui disparaît et un ami merveilleux. Les Éditions de la Différence qui ont publié ses œuvres complètes en 12 volumes et beaucoup d’autres de ses livres ont un très grand chagrin.

 

 

« Michel Butor est un oiseau. Michel Butor est un indien rusé en salopette. Son oncle par alliance est un vieil Inca atypique. Il cherche comme lui, et comme Arthur, son petit-neveu turbulent de Charleville-Mézières, “une nouvelle façon de nous rendre à notre état de fils du soleil”.

 

Michel Butor est un gourmand, un chef cuisinier, un marchand ambulant (d’un temps passé). Je le vois en aviateur, en Merlin, en Hermès, en cambrioleur, en horticulteur habile, en lyrique, en homme-orchestre et en jeune singe paradoxalement sage, souriant patron des scribes d’aujourd’hui et de naguère », souligne Jean-Michel Maulpoix, qui signe la préface de Part le temps qui court.

 

Michel Butor, dernier envol

 

 

Improvisations sur Michel Butor. L’Écriture en transformation (2014), fut le dernier ouvrage paru chez l’éditeur.

 

À l’invitation des professeurs de l’Université de Genève qui lui demandent, en 1990-91, pour sa dernière année de cours avant la retraite, de clore le cycle des Improvisations (Flaubert, Balzac, Michaux) en traitant des problèmes rencontrés par les écrivains français depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale en prenant pour exemple son propre parcours, Michel Butor y dévoile la naissance et le cheminement de son œuvre. Il révèle ce qui a sous-tendu chacun de ses livres et quels en furent les soubassements. 

 

"On est arrivés à l'ère de la toile et du téléphone portable", Michel Butor

 

 

Écrits avec une grande simplicité, les textes qui composent le volume sont passionnants et permettent de mesurer l’envergure du champ intellectuel qu’ils traversent. Véritable essai sur la littérature et sur Butor-écrivain, ces Improvisations sur Michel Butor permettent de le découvrir, lui qui se nomme, non sans humour, « L’illustre inconnu ».