Théorie du genre : la faute incombe à la liberté des éditeurs de manuels ?

Cécile Mazin - 03.11.2020

Patrimoine et éducation - Ressources pédagogiques - éditeurs théorie genre - enfants sexe sexualité - société définition personne


Heureusement que, sous peu, les établissements scolaires seront rayés de la carte des lieux d’accueil du public. La mesure rassurera en effet Xavier Breton, député Les Républicains de l’Ain : les enfants seront à l’abri des terribles dangers que recèlent les manuels scolaires. Le ministère de l’Éducation nationale tente pourtant d’apaiser les craintes de l’intéressé.


 

En octobre 2019, le député questionnait le ministère idoine : comment accepter que des éditeurs ayant pignon sur rue et dans les classes, aient toute licence pour propager la scandaleuse “théorie du genre” ? Il pointait alors que les manuels de Sciences Économiques et Sociales « nient toute influence de la nature biologique masculine ou féminine sur les comportements et aspirations profondes », tandis que ceux de Sciences et Vie de la Terre iraient « encore plus loin dans l’idéologie ».

En somme, les éditeurs plus que les philosophes athéniens pervertissent la jeunesse. Il incombe donc à Jean-Michel Blanquer de faire réviser ces ouvrages. Et dans la foulée, « de supprimer toute information fondée sur le postulat non démontré de la seule construction de l’identité sexuelle, ainsi que toute information sur les changements de sexe et les différents comportements sexuels, qui n’ont rien à faire dans des manuels de SVT ».

Le ministre concerné, manifestement pas à court d’humour, vient d’apporter quelques précisions au député. D’abord en précisant qu’aucune labellisation ni aucun agrément n’existe, qui validerait les contenus desdits manuels. En tant qu’entreprise privée, l’éditeur « est libre de ses choix dans la conception des manuels et ouvrages scolaires qu’il propose à la vente ». Ce qui implique également qu’il en assume les choix éditoriaux, effectués en toute indépendance.
 

Des adultes aux commandes


Ensuite, les enseignants post Capes, Agrégation, ou autre, sont également des gens « libres et responsables ». On attend d’eux qu’ils optent, dans leurs cours, pour « des ouvrages conformes aux programmes scolaires ». D’ailleurs, l’inspection existe pour assurer ce contrôle et qu’en cas de manquement, les rectifications soient apportées.

Il importe avant tout que « les élèves acquièrent des connaissances scientifiquement établies sur ces sujets ». Or, pour ce faire, le programme de seconde en SVT aborde bien l’identité sexuelle, proposant aux lycéens de « différencier, à partir de la confrontation de données biologiques et de représentations sociales, d’une part ce qui relève de l’identité sexuelle, des rôles en tant qu’individus sexués et de leurs stéréotypes dans la société, qui relèvent de l’espace social ». 

En revanche, la question de l’orientation sexuelle relève de l’intimité des personnes, pas des programmes scolaires.

Pour le volet SES, le prisme sociologique aborde la thématique du citoyen en tant qu’acteur social. Là encore, on travaille sur « les processus de socialisation et apprend à illustrer le caractère différencié de ces processus de socialisation en fonction du milieu social et du genre ». 

Et le ministère de conclure que le questionnement sur l’égalité femmes/hommes et les stéréotypes de genre figure, à de nombreuses reprises, dans les programmes scolaires dès le cycle 2. « Enfin le programme d’enseignement moral et civique prévoit, à partir du cycle 4, d’aborder la question de la transphobie, ce qui implique d’expliquer ce qu’est l’identité de genre. »

Maudits éditeurs, alors, ou sacrés députés ?

crédit photo : Free-Photos CC 0


Commentaires
Je ferai respectueusement remarquer qu'il n'est nulle part question de «pervertir» mais de s'interroger sur la validité scientifique de tels postulats.

Et on n'est pas dans une science «dure» semble-t-il, avec ces manuels scolaires...

Bref les débats intègres et apaisés -et intelligents - sont bienvenus dans ce type de problématique hautement inflammable.

On n'évacue pas d'un trait de plume toute l'influence de la biologie...

Au nom de quoi ?

Mais il s'agit en fait de la partition éternelle entre l'inné et l'acquis.

La vraie question, loin de l'ironie facile: quelle est la part véritable -loin de toute idéologie, pour changer, de grâce-de l'un et de l'autre ?

Le curseur aujourd'hui tend à tout accorder à l'acquis au détriment de l'inné.

Ce qui peut paraître excessif...

Je fais plus confiance à des scientifiques qu'à des sociologues pour ce genre de questions.

Mais je crains que même les scientifiques entre eux ne tomberont pas d'accord et ce n'est pas moi qui apporterai les vraies réponses.

Simplement j'aime la curiosité et l'ouverture intellectuelle.

CHRISTIAN NAUWELAERS
Article à charge et complètement de parti pris. Mais on s'y attendait sur ce genre de sujet...

Dommage que ce ne soit pas Nicolas Gary qui l'ait écrit : il pratique le journalisme, lui !
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