À Bayeux, Franck Riester trouve sa médiathèque idéale

Antoine Oury - 07.03.2019

Reportage - Franck Riester bayeux - Franck Riester 7 lieux - bibliotheque Franck Riester


Le ministre de la Culture Franck Riester avait décidé d'inaugurer la toute récente médiathèque intercommunale Les 7 lieux, à Bayeux, à l'occasion d'un déplacement dans la région Normandie. Celui qui a notamment la charge de porter le « Plan Bibliothèques » voulu par le président de la République a choisi de faire de l'établissement un exemple du concept de « maison de service public culturel de proximité ».

Franck Riester, ministre de la Culture
Franck Riester à Bayeux, le 7 mars 2019 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


« Deux mots d'ordre : ouvrir plus et offrir plus. C'est précisément ce que vous avez fait avec Les 7 lieux » : Franck Riester ne tarit pas d'éloges sur le nouvel établissement intercommunal ouvert à Bayeux il y a quelques semaines. Après une visite de 45 minutes, le ministre de la Culture s'est passé d'annonces, mais a fait de l'imposante médiathèque un exemple de ce qu'il avait en tête pour l'avenir de ce service public.
 

Calme, luxe et volupté, ou presque


Le « Plan Bibliothèques » promis et engagé par Emmanuel Macron se poursuit, et Franck Riester s'inscrit à ce titre dans la lignée de Françoise Nyssen, à laquelle il a succédé l'année dernière. Devant les élus locaux, départementaux et régionaux, il vante les mérites d'un « havre de rencontres et de savoirs, un espace de travail et de loisir, pas seulement un lieu de passage, mais aussi de brassage ».

Le lieu « représente l'ambition que j'ai pour les bibliothèques de France, dans la lignée du rapport Orsenna » indique Franck Riester. Le modèle du « tiers lieu », un espace ouvert, décloisonné, où l'on trouve à quelques mètres tables de travail et espace jeunesse, est ici valorisé : Les 7 lieux promeut une médiathèque qui sait se détacher du livre, où des instruments de musique et des machines à coudre sont à disposition des usagers.

Franck Riester, ministre de la Culture
(rock'n roll ! - ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

« Les Français veulent être des acteurs de la culture, et cela, Les 7 lieux l'ont bien compris », souligne encore le ministre de la Culture, citant la plateforme participative, le « Lab » dont la médiathèque est dotée.
 

Côté finances, des inconnues


Au-delà des félicitations adressées à l'équipe de la médiathèque, le ministre de la Culture assure du soutien de l'État : sur les 7,15 millions € HT du projet Les 7 Lieux, les crédits du ministère de la Culture ont permis d'apporter 2 millions €. « Et nous investissons aussi dans le fonctionnement », ajoute Franck Riester. Cette fois, l'aide est limitée à une période de 5 ans, avec une dégressivité chaque année, en commençant à un soutien à hauteur de 40 % du budget total. Le reste de l'investissement à l'ouverture a été apporté par le soutien à l'investissement local (500.000 €), le département (1 million €), la région (300.000 €) et l'intercommunalité elle-même.

La grande inconnue reste l'avenir, au-delà de ces 5 ans : pour des collectivités en difficulté budgétaire, le pari est risqué. « Nous essayerons d'en reparler à ce moment-là », nous glisse le maire de Bayeux, Patrick Gomont. Ce dernier reste toutefois convaincu par l'accompagnement de l'État pour cette ouverture : « Par le passé, nous avions déjà une médiathèque, qui n'était pas accompagnée financièrement par l'État. Sur le nouvel équipement, j'ai raisonné à masse salariale constante : avec les départs en retraite, nous avons des agents jeunes, en début de carrière, ce qui permet d'avoir plus de monde avec une masse salariale équivalente », explique-t-il.

Des solutions budgétaires parfois obligatoires, pour des collectivités qui restent financièrement démunies : dans un entretien, Alice Bernard, présidente de l'Association des Bibliothécaires de France, nous expliquait ainsi que des collectivités ayant signé un pacte financier avec l'État se retrouvaient dans l'impossibilité d'investir. « En effet, pour élargir les heures d’ouverture, il est très souvent nécessaire d’embaucher. Si les collectivités ayant signé le pacte financier font cela, elles peuvent dépasser un plafond et être pénalisées. »

Avec un ministère des Finances prêt à sévir...

Les 7 lieux Bayeux
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

C'est avec 8 millions €, par l'intermédiaire de la Dotation Générale de Décentralisation, que le ministère compte soutenir les projets d'élargissement d'amplitudes horaires : Franck Riester annonce un palier atteint de 400 projets pour 2020. Mais cette aide, limitée à 5 ans, interroge quant à sa pérennité. « On verra. Ce qui est certain, c'est que j'ai l'ambition de continuer à aider les collectivités à ouvrir plus et à offrir plus, c'est essentiel. Je suis convaincu que ces têtes de pont culturelles que sont les bibliothèques et les médiathèques sont essentielles dans notre pays », nous indique Franck Riester.

« C'est souvent le premier lieu de culture à proximité des gens, nous devons faire en sorte d'aider les collectivités territoriales qui jouent le jeu. Nous avons accompagné massivement dans la construction de ce lieu, nous voulons aussi les aider dans le fonctionnement, s'ils suivent, ce qui est clairement le cas ici », poursuit le ministre.
 

Gratuité et éducation aux médias


Au cours de sa visite, puis de son discours, le ministre de la Culture a félicité l'intercommunalité de Bayeux pour l'organisation de la médiathèque et les activités qui y sont proposées. Il a ainsi salué la mise en oeuvre d'un programme d'éducation aux médias, conforme aux souhaits d'Emmanuel Macron de lutte contre les fameuses « infox », les fausses informations, ou fake news.

Cette première porte d'entrée vers la culture que constitue la bibliothèque, Franck Riester veut en faire un accès privilégié à l'exercice de la citoyenneté : c'est l'ambition affichée de la transformation en « maison de service public culturel de proximité », même si les tenants et aboutissants de cette désignation restent flous, pour le moment.

Médiathèque Les 7 lieux, Bayeux
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


La gratuité du prêt pour l'ensemble de la population intercommunale représente aussi un point important pour le ministre, qui a demandé à pouvoir consulter un rapport de l'intercommunalité sur le sujet. La gratuité d'utilisation des bibliothèques, pour tous, fait depuis longtemps partie des demandes des professionnels de la lecture publique. Bayeux a également mis en place un système de contribution volontaire plutôt qu'un abonnement payant, « qui dépasse déjà largement ce que nous avions eu par les abonnements auparavant », assure le maire de Bayeux.
Pour l'instant, les statistiques de l'établissement confirment l'enthousiasme général : Les 7 lieux avancent 500 visiteurs par jour, 4700 abonnés et quelque 36.000 documents prêtés en l'espace d'un mois. « Nous touchons déjà 16 % de la population du territoire intercommunal, alors que notre objectif était de 10 %, à l'origine », soulignent les élus.


Commentaires
Eh bien moi j'ai envie de dire félicitation à Nicolas Beudon avant tout, bibliothécaire génial et très accessible qui a porté ce projet à bout de bras, sous le regard enthousiaste de la profession !!! Dommage de ne pas le mentionner dans cet article, ni lui ni aucun autre de ses collègues d'ailleurs, car tout ce que Mr Beudon a inventé et présenté sur son blog ou dans des journées d'étude (biblioremix, classification thématique, collection d'outils, marchandising, mobilier "maison", horaires et j'en oublie sans doute), ce ne sont pas ces gens en cravate qui l'ont fait... Allez, on sait que c'est le jeu, mais n'empêche, même dans un commentaire en bas de page, ça méritait d'être dit wink
Merci de mentionner le super directeur de ce super établissement. J’ai aussi bondi en lisant l’article et en constatant sa totale absence.. c’est exactement comme si toutes les idées étaient directement passées du cerveau du ministre à celui des élus. Et pouf pouf hop hop, c’est fait. C’est pas avec ce genre d’articles que les savoirs faire des bibliothécaires vont passer à la postérité.
Il est effectivement dommage de ne pas avoir cité Nicolas pour son excellent travail à Bayeux mais il n'était pas là pour l'inauguration. Je trouve plutôt étrange de quitter le navire avant même qu'il n'atteigne sa vitesse de croisière.@Mr_Kochka1 mars
"Sur le nouvel équipement, j'ai raisonné à masse salariale constante : avec les départs en retraite, nous avons des agents jeunes, en début de carrière, ce qui permet d'avoir plus de monde avec une masse salariale équivalente"

Les bibliothécaires qui ont le culot de vieillir ne sont pas les bienvenus à Bayeux...
Ce n'est vraiment ce qui est écrit, il dit juste que le remplacement de départs à la retraite permet de recruter des gens en plus, sans trop peser sur le budget s'ils sont plus jeunes.



C'est des créations de postes ! C'est déjà mieux que de laisser des gens partir à la retraite et de ne pas les remplacer ou de les remplacer individuellement (donc là ce sont des économies)



Le pari d'employer des jeunes (qui vieilliront, oui oui !) et qui doivent aussi être formés du coup (c'est un autre type d'investissement), mérite aussi d'être salué...
Je me joins aux commentaires précédents, bravo à NICOLAS BEUDON que j'ai eu la chance d'avoir en formation et dont le NOM n'apparait pas une fois !!!!! Pas bien d'oublier les bibliothécaires et en particulier lui. Et encore, en écrivant, je me rends compte que comme lui est très connu, son absence nous frappe, mais rappelez vous toutes les fois où les professionnels sont complètement oubliés des inaugurations, festivités, discours.... Pas bien. Heureusement il y aura bien le prix Livres hebdo, moins phagocyté par les élus, pour rattraper tout ça et récompenser les bonnes personnes ^^
Nicolas Beudon n’était pas à l’inauguration puisqu’il a quitté ses fonctions de directeur. Ce qui explique sans doute qu’il ne soit pas mentionné.
Et comme il n'est resté que deux ans, on peut se douter que les grandes orientations du projet ont été décidées bien avant et sans lui.
Bah tiens, ce sont des élus ou des programmistes qui décident d'abandonner la dewey bien sûr LOL LOL LOL
Heu... abandonner la dewey c’est quand même un peu la base. Ça fait longtemps qu’on apprend que la cote et l’indice n’ont rien à voir. Blague à part, on ne révolutionne pas un établissement en deux ans, indépendamment de ses qualités professionnelles. La difficulté dans le pilotage de projets innovants, c’est d’en assurer la pérennité et la stabilité, pas de pondre un labo expérimental en quelques mois. Le vrai défi est de reprendre aujourd’hui la direction de la médiathèque et de la faire vivre au quotidien.
"on ne révolutionne pas un établissement en deux ans"> Tous les bibliothécaires du calvados qui connaissent Bayeux "ancienne version" explosent de rire en lisant cette phrase

"Heu... abandonner la dewey c’est quand même un peu la base. Ça fait longtemps qu’on apprend que la cote et l’indice n’ont rien à voir" > OK, donc cela confirme que vous ne connaissez rien au projet de Bayeux, tout en ayant un avis bien tranché à son sujet. Étrange.
Et vous que connaissez vous du projet Bayeux ?

Et que doit-on comprendre par « explosent de rire » ? Je trouve que c’est tout de même un manque de respect par rapport au personnel.
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