Attaché de presse : médiateur, porte-parole et véritable couteau-suisse

Association Effervescence - 02.09.2015

Reportage - attaché presse - édition livres - journalistes défendre


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l’association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du master Édition et Audiovisuel de Paris-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du master et de l’association.

 

Cette semaine, focus sur un métier à part du secteur éditorial : les attachés de presse. 

 

Fnac rentrée littéraire

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

À l’heure de la rentrée littéraire, les étudiants du master ont trouvé judicieux de mettre en lumière ce métier, car l’attaché de presse est un homme de l’ombre, plus encore que l’éditeur. En effet, chacun sait que derrière un livre publié se trouve un éditeur. Mais le grand public sait moins que s’il entend parler des livres, s’il lit une critique, un article, une interview d’un écrivain, comme c’est particulièrement le cas en cette période, c’est parce qu’un attaché de presse a travaillé à faire parler de l’ouvrage et de son auteur.

 

L’attaché de presse, comme son nom l’indique, assume toutes les relations de la maison d’édition qu’il représente avec la presse. Et il s’occupe en particulier de créer une couverture médiatique à tout livre publié. Il est rare qu’un journaliste ou une instance médiatique parle d’un ouvrage qui ne lui aurait pas été recommandé, présenté. L’abondance de livres publiés pose à la presse le même problème qu’au public : que choisir ? Or, les médias eux-mêmes se doivent de jouer ce rôle de tri et de recommandations. Aux attachés de presse, donc, de les aider en les orientant vers les bons livres... ou d’orienter les livres vers les bonnes personnes.

 

Les étudiants du master ont eu cette année la chance de voir un de leurs cours assurés par un attaché de presse en exercice, mais c’est maintenant au cours de leurs stages qu’ils peuvent pleinement mesurer le travail que cela représente.

 

« C’est un métier qui peut sembler étrange a priori, dit l’une des étudiantes, il ne semble pas tant lié à des compétences techniques qu’à une manière d’être et à des qualités personnelles. » Quelles sont les qualités du bon attaché de presse ? En premier lieu, tous le diront, un bon réseau. Dans ce secteur surchargé d’informations, de publications diverses et variées, il est très difficile de se faire entendre si l’on n’est pas connu par avance de ceux à qui l’on s’adresse. Beaucoup de disponibilité également : c’est un métier qui s’exerce le mieux dans des temps qui n’apparaissent pas comme des temps de travail : les déjeuners avec les journalistes, les buffets des prix littéraires, les inaugurations. C’est un travail mondain, qui peut sembler exaltant au néophyte (le fantasme peut-être de pénétrer « dans le monde »), mais qui à la longue peut s’avérer lassant. Cette dimension relationnelle du métier explique peut-être que les attachés de presse soient majoritairement des femmes, les stéréotypes ayant la vie dure.

 

C’est un métier qui peut sembler étrange a priori, dit l’une des étudiantes, il ne semble pas tant lié à des compétences techniques qu’à une manière d’être et à des qualités personnelles.

 

Mais cette fonction ne se passe pas qu’en dégustation de petits fours, elle a ses exigences et ses astreintes bien à elle. Le nombre d’ouvrages tout d’abord : dans les maisons grandes ou moyennes, un attaché de presse s’occupe de plusieurs départements éditoriaux, il doit donc promouvoir auprès de la presse un nombre considérable d’ouvrages, et préparer leur mise en valeur très en amont avec les éditeurs et le service de commercialisation. Il y a ensuite l’envoi des fameux « services de presse ». Il s’agit d’exemplaires imprimés sans code-barre, parfois tamponnés, à destination des journalistes afin qu’ils en prennent connaissance un certain temps avant la sortie officielle. Dans le domaine de la fiction, il arrive parfois que l’on fasse parvenir des épreuves, du texte encore provisoire, avant que le livre ne soit imprimé.

 

Chaque attaché de presse a sa patte particulière pour envoyer les livres aux journalistes : certains glissent un mot personnel dans les ouvrages, d’autres des marque-pages, d’autres confectionnent eux-mêmes les paquets. Suivant le volume de services de presse à envoyer, ce travail peut prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines, en témoignent plusieurs étudiants qui, au cours de leur stage, sont venus en aide aux attachés de presse dans une sorte de travail à la chaîne !

 

Pour ce métier la périodicité compte également. Il convient de ne pas envoyer le livre trop tôt ou trop tard par rapport au calendrier de parution de l’instance de presse concernée. Respecter le temps de lecture, puis de rédaction du journaliste est important. Cela fait partie du relationnel. Finalement, l’une des qualités primordiales de l’attaché de presse est peut-être la délicatesse : savoir à qui adresser tel titre, à quel moment l’envoyer, savoir recommander un ouvrage pour telles raisons implique que l’on connaisse presque intimement la personne à qui l’on s’adresse... qu’il ne faut d’ailleurs pas hésiter à relancer ! Enfin, la franchise est également de mise : il est totalement contre-productif de crier au chef-d’œuvre quand on sait que le livre n’en est pas un, l’attaché de presse y perd sa crédibilité.

 

Voici donc un métier exigeant qui tient du médiateur, du porte-parole, qui repose sur de subtils équilibres, et que les étudiants du master ont tenu à mettre à l’honneur en cette rentrée où il importe tant d’avoir un bon attaché de presse !

 

Si vous voulez (re)lire nos chroniques déjà publiées sur ActuaLitté, c’est ici ! Si vous voulez être informés chaque semaine de la parution de notre nouvelle chronique, c’est ici !

 

À mardi prochain !