"En faisant un film, on apprend qu’il ne faut pas se figer sur des idées préconçues"

Association Effervescence - 07.07.2015

Reportage - film - Effervescence - master


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l’association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du master Édition et Audiovisuel de Paris-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du master et de l’association.

 

Au-delà des projets communs, les étudiants du master sont encouragés à réaliser des projets personnels durant l’année. Cette semaine, nous rencontrons donc une étudiante en audiovisuel, Lucie Pagès, qui vient de réaliser son premier court-métrage.

 

Mon père est un oiseau est un film d’une durée de quatre minutes environ, dans lequel un jeune homme qui vient de perdre son père (Bastien Bouillon) est accompagné dans son deuil par un oiseau au comportement mystérieux. Produit par Alexandre de Villeneuve, Amandine Beaumont et l’association The Wild Room, le film a été écrit et réalisé par Lucie Pagès. Visionable sur Dailymotion, ila été projeté pour la première fois le 1er juillet dans la galerie Bernard Ceysson, à Paris.

 

mon père est devenu un oiseau

 

Quelle est la genèse du projet ?

 

Mon père est un oiseau évoque le deuil, le moment où, après avoir perdu un être cher, on a l’impression d’être éloigné des autres, de ne pas être dans le même monde qu’eux. Le personnage principal vient de perdre son père et pense voir des signes autour de lui que personne d’autre ne peut voir. J’ai écrit ce film après avoir moi-même subi un deuil dans ma famille.

 

L’écriture du scénario a été très laborieuse parce que je ne voulais pas sur-signifier ce qui me semblait être déjà assez pesant. Finalement The Wild Room Association m’a été d’une grande aide pour finaliser l’écriture du scénario et pour la production du film. 

 

Comment le film a t-il été financé ? 

 

Le film a été financé grâce au FSDIE de Paris I et de Paris VIII et au Crous. De plus grâce au statut d’intérêt général de The Wild Room Association, nous avons pu faire appel au mécénat. Un tiers du film a été financé grâce à cela. Le statut d’intérêt général permet aux mécènes d’être déductibles des impôts. 

 

En ce qui concerne l’équipe technique, comment a-t-elle été constituée ? 

 

L’équipe de tournage s’est principalement formée via les contacts de The Wild Room. Le chef opérateur Tanguy Masson, l’ingénieur du son, Blaise Blanchier sont des professionnels. L’intérêt de ce tournage était aussi de mêler ces professionnels du cinéma à des débutants.

 

Dans la même optique, les deux acteurs sont des professionnels. Barthélémy Etiévant, le second rôle du film, est le président de l’association The Wild Room. C’est lui qui m’a présenté Bastien Bouillon, (Le Beau Monde, 2 automnes 3 hivers, La Guerre est déclarée), l’acteur principal du film. J’ai donc pu lui envoyer le scénario directement. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois et il a accepté de travailler avec moi. C’était un défi pour moi de diriger un acteur professionnel. 

 

Pour la post-production, c’est moi qui me suis occupée de trouver les techniciens. Notre erreur a été de ne pas boucler cette équipe de post-production avant le tournage. Cette partie de la production a du coup été très longue. Par contre, j’ai eu la chance d’avoir quelqu’un de nouveau pour toutes les étapes du film. Le montage image a été assuré par un ami, Théo Dieupart. Pour la partie son, j’ai été aidée par les élèves de la Fémis [École nationale supérieure de l’image et du son], Léonard Accorsi et Geoffrey Perrier et leurs formidables locaux. 

 

Et pour la musique du film ?

 

Il a été très difficile de m’entendre avec un compositeur. Comme pour le scénario, je ne voulais pas sur-interpréter les émotions du film avec de la musique. Mais j’ai rencontré un compositeur avec qui ça a tout de suite bien fonctionné : Emile Cooper Leplay, qui a su composer une musique qui ajoute quelque chose au film tout en allant dans une autre direction que celle des images. 

 

Combien de temps as-tu travaillé sur ce projet avant le tournage ?

 

L’écriture du scénario et la recherche de financements m’ont pris un an. Ensuite, la préparation du tournage a duré un mois et demi et le tournage en lui-même a duré trois jours. Il s’est déroulé en novembre dernier.

 

Et comment s’est-il passé ?

 

Mon père est un oiseau est mon premier film puisque c’est mon premier film produit. Pour cette première expérience, j’avais choisi un défi de taille puisque le personnage principal du film est une pie. Deux dresseurs étaient là pour la diriger, mais toutes les scènes ont été très longues à faire. C’est déjà compliqué de diriger un acteur, mais alors une pie ! J’avais également prévu une scène avec un chien et un chat. Cette scène, qui nous a pris une journée entière, a été totalement coupée au montage. C’est finalement ce qui a été le plus instructif : le montage a totalement changé le scénario, le film ne se termine pas de la même façon. En faisant un film, on apprend qu’il ne faut pas se figer sur des idées préconçues. Au final, il sera toujours différent de la façon dont on l’avait imaginé et c’est pour cette raison que ça devient si passionnant à fabriquer !

 

Et à présent, quels sont tes projets pour ton film ? As-tu l’intention de le présenter à des festivals ?

 

C’est The Wild Room association qui s’occupe des envois en festivals. Le film a déjà été sélectionné pour le concours « Lignes de court » de France 3. Il s’agit d’un concours destiné à des courts-métrages, qui sont accessibles en ligne : le public peut ainsi voter pour son préféré. Les trois films recueillant le plus de votes seront choisis pour être diffusés à la télévision, dans l’émission Libre court. Mon père est un oiseau a également été sélectionné à un festival à Saint-Germain-en-Laye. Je suis déjà très satisfaite de ces deux sélections puisque la distribution du film n’a commencé que très récemment. 

 

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À mardi prochain !