De la bonne réussite d'un plan de communication

Association Effervescence - 21.05.2014

Reportage - Les Uchroniques - utopie - Mur de Berlin


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l'association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du master Édition et Audiovisuel de Paris-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du master et de l'association. 

 

Cette semaine, Les Uchroniques vous racontent leurs méthodes pour promouvoir leur ouvrage, avant et après le Salon du livre. 

 

Il est notoire qu'un livre publié ne peut se vendre que s'il se fait connaître. C'est pour cela que les étudiants du master Édition n'ont pas négligé de huiler ce rouage indispensable au lancement de leur ouvrage. Comme pour les autres aspects de leur travail, Les Uchroniques ont créé un pôle promotion occupé par deux des leurs, Rose et Guillaume. Ils nous parlent aujourd'hui, à l'unisson, de leur rôle de l'ombre.

 

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Quel est le rôle du pôle promotion au sein de l'équipe des Uchroniques ?

Le livre n'est malheureusement pas un produit de première nécessité et, face à l'augmentation croissante du nombre de titres publiés chaque année, un ouvrage a de moins en moins de chance d'être repéré sur les tables des libraires. La promotion (terme sous lequel nous rassemblerons les facettes communication et relations presse, dans notre cas) est un organe essentiel pour une maison d'édition qui veut faire parler de son livre et ainsi éveiller l'intérêt du lectorat. Cela s'avère d'autant plus nécessaire que notre recueil est à la base un projet universitaire curriculaire. Il faut parvenir à convaincre qu'il ne s'agit pas d'un exercice de pure forme, mais bien d'une publication portée par des aspirants éditeurs.

 

 

 

 

Quand avez-vous commencé le travail ? à quel rythme avez-vous fonctionné ?

Le travail de promotion s'est fait en deux temps distincts. Étant donné la nature collaborative du projet, l'équipe de promotion et de direction artistique, avec l'aide de tous les Uchroniques, ont d'abord et dès le départ dû élaborer un dispositif visant à trouver des contributeurs et à rassembler le plus grand nombre de personnes autour du projet avant même qu'il soit réalisé. Des affiches et flyers d'appel à contribution ont ainsi été disséminés dans des lieux stratégiques, une page Facebook animée par un membre de l'équipe a été créée afin d'expliquer le projet au public et de lui donner vie. Les Uchroniques se sont rendu compte (si la question se posait encore) de l'importance du bon usage des réseaux sociaux pour faire vivre un projet de publication.

 

Ensuite, une fois le livre imprimé et disponible à la vente, il s'agissait d'en faire parler pour que le public ait un accès concret au projet. C'est pourquoi les éditeurs ont décidé d'organiser une soirée de lancement à la librairie-galerie Le Monte-en-l'air, permettant à la soixantaine d'auteurs, aux quinze éditeurs et à de nombreux curieux de se rencontrer et d'échanger autour d'un verre. Des animations (vidéos, lectures musicales) ont été mises en place pour présenter Le jour où le mur de Berlin n'est pas tombé sous un angle vivant et, bien sûr, le livre a été mis en vente avant sa sortie officielle. C'est à l'occasion de cette soirée de lancement que le travail de presse a vraiment débuté. Nous y avions en effet convié de nombreux journalistes, l'équipe de presse a donc pu avoir un premier contact avec eux.

 

 

Quels ont été vos axes de réflexion pour promouvoir l'ouvrage ?

Si Le jour où le mur de Berlin n'est pas tombé parle d'un sujet sérieux, les éditeurs ont été étonnés et ravis de voir que les contributeurs l'ont traité avec un regard décalé, amusé, burlesque. Si certains écrivains utilisent l'uchronie d'une façon très documentée avec parfois une visée scientifique, l'équipe des Uchroniques et les auteurs ayant prêté leur imagination au projet ont quant à eux envisagé l'uchronie comme un moyen de faire jaillir de la fiction. Grâce au travail de nombreux illustrateurs et de la direction artistique, le livre a acquis une très forte identité visuelle, un véritable pain bénit pour l'équipe de promotion car l'image est un des principaux vecteur de communication. Les Uchroniques ont ainsi décidé de donner aux textes et aux illustrations une autre dimension en créant des produits dérivés (posters, badges, sacs en toile) à partir des travaux qui s'y prêtaient le plus, appuyant une fois encore sur la dimension ludique du projet.   

 

 

Quelles compétences et stratégies le travail de presse a-t-il requises ?

Cela commence avant tout par bien lire le livre pour en dégager les principaux intérêts et pouvoir cibler les journalistes. Ensuite, il est très rare que ceux-ci répondent dès le premier mail. Il faut donc de la patience et de l'organisation pour savoir lesquels ont été contactés et ce qu'ils ont répondu. Je dirais que nous avons mobilisé quatre qualités essentielles pour remplir nos fonctions dans l'équipe des Uchroniques :

Perséverance et diplomatie. Il ne faut pas hésiter à relancer les journalistes ou même à aller les rencontrer physiquement lorsque l'occasion se présente, à solliciter les gens que l'on connaît pour entrer en contact avec d'autres personnes, entretenir son réseau. 

Curiosité. Il est impossible de connaître tous les médias (presse écrite, radio, télé, blogs) existants. Cependant, à chaque article lu, chaque émission entendue il faut avoir une question en tête : « Comment rattacher le livre que je défends aux intérêts de ce journaliste ? aux thématiques de cette émission ? » Il faut alors être inventif dans l'angle d'attaque. 

Refléchir sur le long terme. Il y a des médias auxquels on ne pensait pas mais qui, au bout de quelques mois, s'imposent comme pouvant parfaitement parler du livre que l'on défend.

 

 

 

{CARROUSEL}

 

 

Comment avez-vous ciblé vos envois presse pour cet ouvrage ? 

Nous avons d'abord réalisé un plan presse en nous posant quelques questions simples : quel est le thème principal de mon livre ? Quelles problématiques soulève-t-il dans le détail ? Quel en est la tonalité générale ? Quel type de média, quel journaliste cela pourrait-il intéresser ? L'équipe presse des Uchroniques a donc principalement ciblé les grands médias (presse écrite et radio) spécialisés dans le livre et la culture, mais la diversité des sujets abordés dans Le jour où le mur de Berlin n'est pas tombé a permis de se concentrer vers des médias qui s'attachent à des sujets spécifiques.

 

C'est le cas de l'histoire, qui fut notre angle d'attaque principal mais également des problématiques de l'Internet et des cultures numériques ou encore des relations internationales. Le ton amusé et décalé de l'ouvrage ainsi que certains des sujets abordés, comme la musique, ont permis aux Uchroniques de contacter des médias intéressés par la culture « pop ». Son caractère expérimental (anthologie de fragments de diverses formes) nous a également poussé à contacter des médias réfléchissant aux différentes pratiques de création contemporaine. Aussi, le statut étudiant des Uchroniques peut être une façon de communiquer sur notre projet et plus généralement sur le master dans le cadre duquel il est réalisé. Enfin, la soixantaine d'auteurs ayant participé au recueil est un atout indéniable pour faire parler du livre si leurs contacts sont utilisés à bon escient. L'éventail des possibilités médiatiques est large.

 

 

Quel plan promo est lancé pour l'après SDL ?

En novembre 2014 nous fêterons les 25 ans de la chute du mur de Berlin, occasion pour créer de nouveaux événements autour du livre et ouvrir une nouvelle fenêtre médiatique. Nous y travaillons d'ors et déjà mais nous ne sommes pas en mesure d'en dire plus, pour l'instant. En tout cas, Les Uchroniques vous mitonnent de nombreux projets : abonnez-vous à notre page Facebook et vous en serez les premiers informés ! 

 

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Les Uchroniques nous réservent donc d'autres surprises. Pour preuve de la poursuite de leur engagement, une nouvelle librairie a accepté des exemplaires du Jour où le mur de Berlin n'est pas tombé. Le recueil est désormais en vente à L'Usage du monde (32, rue de la Jonquière, 75017 Paris), ainsi que dans une dizaine d'autres locaux (voir la chronique du 6 mai).

 

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À mardi prochain !