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Le Coq Gaulois, le Garde républicain, super-héros garants de la République

Clément Solym - 31.07.2013

Reportage - super-héros - valeurs de la République - France


La France est en crise, le président est malmené, le pays est au bord du gouffre... Mais que l'on se rassure : deux super héros formés à l'école de la République, et rompus à la devise de la République française, Liberté, égalité, fraternité, sont à l'oeuvre, pour préserver notre territoire. A quelques semaines d'intervalles, le paysage éditorial vient de découvrir Le garde Républicain, création de Thierry Stillborn, (alias Thierry Mornet) et Le Coq Gaulois, de Pascal Pelletier. 

 

Deux destins, deux personnages, pour combler le vide en matière de super héros. Le Garde, c'est un personnage qui va s'inscrire dans Strangers Universe 5, série publiée par Wanga. En revanche, Le Coq est issu d'une maison indépendante, Galaxie Comics Studio. Mais n'allons pas trop vite : notre plateau de fromages de pays va pouvoir respirer, lui qui n'avait jusqu'à lors que Superdupont pour préserver la République des attaques venant de sociétés et pays mal intentionnés. 

 

Marcus Dickson est un militaire de carrière, formé aux États-Unis. Marié, deux enfants, il perdra toute sa famille, parce qu'elle se trouvait à bord de l'un des avions entrés en collision avec le World Trade Center. Moralité : une santé mentale qui défaille, et son intégration à l'armée française se solde par un licenciement. Marcus deviendra mercenaire, avant de se faire arrêter, puis interner dans un hôpital psychiatrique.

 

Victime du syndrome post-traumatique, il servira de cobaye à des sociétés privées, qui effectueront des tests de produits divers et variés. Après quelques injections, Marcus deviendra un surhomme, une machine capable de résister à toute forme de douleur. Et voilà l'avènement du Coq gaulois...

 

 

 

 

Le premier volume vient de sortir, signé par Pascal Pelletier, et raconte donc comment ce personnage, patriote au possible, va défendre la République. « Il considère comme impensable que l'on puisse porter atteinte aux institutions françaises, ou tenter d'aller à l'encontre de la Constitution. Le Coq gaulois est un défenseur des valeurs républicaines, athée et laïc, qui s'est mis au service du pays. » Diable... Mais alors, pour qui vote-t-il ? « Il a été destitué de ses droits, après avoir été viré de l'armée. Mais sa vocation va au-delà des fins politiques. Il défend ce qu'incarne la France », nous explique l'auteur. 

 

 

Le Coq gaulois est un défenseur des valeurs républicaines,

athée et laïc, qui s'est mis au service du pays.

 

 

L'État français, l'OTAN, l'ONU et d'autres organisations gouvernementales sont alors les causes qu'il embrasse. D'ailleurs, le prochain tome, qui sortira fin 2014, le mettra face à un coup d'État, organisé le 14 juillet. Organisé par un groupe paramilitaire qui tentera de faire chuter la République, Le Coq gaulois se trouvera écartelé face à une population divisée entre les partisans de l'ancien et ceux du nouveau...

 

La maison est à retrouver sur Facebook

 

Le garde républicain, s'il partage ce sens des valeurs de la République, s'inscrit dans une tout autre approche. Né dans le cadre d'un concours quand Thierry Mornet était adolescent, le personnage a été repris voilà deux ans, avec une dimension historique bien plus poussée. « Le concept même du super héros reste un phénomène très ancré en Amérique, et rare en France. On en trouve des traces dans la littéraire, avec Fantomas ou Fantax, mais rien dans le domaine de la bande dessinée. À l'exception de Super Dupont que j'apprécie énormément », explique-t-il.

 

 

 

 

Le Garde républicain, c'est l'incarnation des valeurs fondamentales, « celles que l'on retrouve au fronton des mairies » sans aucune dimension nationaliste, insiste-t-il. « Je trouvais que certaines valeurs méritaient d'être mises en avant, parce qu'elles sont à défendre. Le recul de la laïcité, par exemple, est quelque chose qui mérite d'être combattu. »

 

Alors ce personnage, d'où vient-il ? Il va prendre vie quelque part durant la Révolution française. Historiquement, ce corps assurait la protection de l'État et de Paris depuis les rois francs. Mais en 1789, elle choisit de se ranger aux côtés de l'Assemblée nationale, plutôt que de Louis XVI. Ici s'ancre les débuts du Garde : un citoyen qui, à titre personnel, va agir sous couverte d'anonymat, pour faire régner la justice qu'il ne peut pas faire respecter sans masque. Ses aventures, précise Thierry Mornet, le mèneront, toujours à l'intérieur de l'Hexagone, dans différentes époques, et probablement dans un lointain futur. « J'aime bien les super héros. Je n'aime pas les super pouvoirs. » Et c'est donc tout simplement que surhommes, particulièrement entraînés, incarneront l'idéal républicain. 

 

 

{CARROUSEL}

 

 

« Pour chaque aventure, je m'associe avec un nouveau dessinateur, ce qui permet de donner un style différent à chaque album. De plus, le Garde n'est pas issu, comme pour Le Fantôme, d'une filiation, qui serait trop restrictive à mon sens. Le rôle est assumé à chaque génération par différents hommes de qualité, pris dans des milieux socio-politiques les plus variés. C'est un principe de transmission qui me plaît bien, parce qu'il est également dans la continuité de cette transmission des valeurs républicaines. » Évidemment, dans notre époque moderne, l'État et l'armée tentent de mettre en place des programmes de recrutements, pour contrôler ce personnage... Fichue politique...

 

 

Le Garde ne sera pas une BD à message, mais autant lui donner

la possibilité de véhiculer des idées fortes - auxquelles je crois.

 

 

D'ailleurs, pour rester dans les explorations, le scénariste affiche clairement son intention : le Garde pourrait rencontrer les Brigades du Tigre, ou intervenir durant l‘attentat du Petit Clamart, qui visait de Gaulle. « Imaginons même comment il se comporterait, durant la Seconde Guerre mondiale, face à la République de Vichy...? » Poser la question, c'est déjà y répondre : « C'est un personnage qui n'est pas politisé. Il possède une autorité naturelle, qui est mise au service de l'autorité politique, toujours dans cette défense des valeurs. À aucun moment, le Garde n'est là pour répondre à la raison d'État. La politique, c'est la vie en société, et c'est cela que le Garde veut préserver. »

 

Les dessinateurs sont nombreux à avoir déjà touché au Garde, comme en atteste la galerie plus haut. « Ce sont aussi plein de clins d'oeil, des références et des privates jokes, qu'ils ont pu faire. Le Garde ne sera pas une BD à message, mais autant lui donner la possibilité de véhiculer des idées fortes - auxquelles je crois. »

 

Un seul mot d'ordre : Vive la France, épaulée par ces deux personnages. Notons simplement qu'il existe aussi un autre super héros français, publié chez Delcourt, Masqué, qui n'a cependant pas de vocation à défendre la République particulièrement. Mais qui est tout aussi passionnant.

 

Le Garde républicain, sur Facebook