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Lire en poche : “Une dimension plus humaine, plus sensible”

Nicolas Gary - 12.10.2018

Reportage - Lire en poche gradigna - Education artistique culturelle - livre poche festival


L’été indien se prolonge sur la Gironde, alors que s’ouvre la nouvelle édition de Lire en Poche. Pour sa 14e année, la manifestation dédiée aux petits formats s’ouvre sur le thème Emotions fortes, avec Maylis de Kerangal pour marraine. Retour avec son directeur, Lionel Destremau, son commissaire général. 


Lionel Destremau
Lionel Destremau - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

« Émotions fortes un est projet qui nous tenait à cœur, pour renouer avec quelque chose de plus tourné vers le ressenti. L’an passé, avec le focus Imaginaire, qui s’inscrivait dans le mois de l’Imaginaire, nous avions établi une réflexion autour de la fiction », explique le commissaire général. 
 

« Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie », écrivit Alfred de Musset. Sans retomber dans les travers romantiques, Lire en Poche voulait cette année aborder ce que le texte produit sur le lecteur, mais également la manière dont les créateurs produisent cette émotion. « Et la diversité des textes nous permet de travailler largement une palette de genres littéraires. »

 

Une dimension plus sensible, « plus humaine, simplement, qui peut toucher aux thématiques sociétales », renchérit Lionel Destremau.

 

Sensibiliser les plus jeunes à la lecture
 

Pour 2018, la collaboration avec les scolaires se prolonge, « c’est notre ADN depuis la création, mais depuis deux ou trois ans, c’est devenu une part plus importante encore ». Les enjeux politiques et interministériels autour de l’Éducation Artistique et Culturelle participent largement de cette mouvance. 

 

Avec cependant une légère frustration : « C’est un volet invisible pour le grand public, difficile à mettre en valeur, alors que la demande est constante. » Principalement du côté des petites sections, maternelles et élémentaires et universitaires — la journée professionnelle qui réunit les élèves de l’IUT Métiers du livre de Bordeaux l’illustre parfaitement.

 

« Avec les collèges et les lycées, nous rencontrons ,comme beaucoup d’autres, presque un vide. » Et pour cause, si l’Éducation nationale et la rue de Valois poussent l’EAC dans les classes, les enseignants ne disposent pas de temps, hors programme, pour aménager des périodes de travail. « Cela dépend grandement des établissements : si le corps enseignant et l’administration s’entendent bien, alors les projets aboutissent. » Dans le cas contraire…
 


« Et puis, les anciens professeurs, devenus auteurs, nous le disent : quand ils avaient 25 élèves par cours, il était encore possible de structurer des interventions. » Avec des classes aujourd’hui surchargées, les prétentions des ministères de tutelle semblent un brin utopiques…

 

Une manifestation déclinée toute l'année
 

Au fil du temps, Lire en Poche a également déplacé ses événements — les rencontres hors les murs. « En 2017, nous avions organisé quatre rencontres en bibliothèques, contre une seule cette année. Nous cherchons aussi à diversifier nos actions. » Ainsi, plusieurs temps sont prévus en librairie — Jérôme Ferrari faisait une lecture la veille de l’ouverture du salon, et recommence dans une autre, La Machine à Lire, ce 12 octobre. 

 

En multipliant les partenariats avec les libraires, la manifestation cherche à ramifier sa présence : « Le hors les murs, durant l’événement, n’a de sens que s’il participe à l’ensemble de la programmation, et nous permet également de faire profiter de notre spécificité. »

 

Car Lire en Poche intervient toute l’année, pour aboutir au point culminant d’octobre. « Nous travaillons à partir des événements nationaux, comme le printemps des poètes, en relation avec le Marché de la poésie de Bordeaux. En janvier, c’est le mois de la petite enfance auquel nous prenons part. »

 

Puis viennent les partenariats avec d’autres événements, comme Aller-Retour dans le noir, festival du polar à Pau, début octobre. Mais également le festival Lettres du monde, à Bordeaux, en septembre. « Et puis, en dernier point, nous programmons nous-mêmes des événements comme Campulsation, avec une soirée slam. »
 


 

Avec une perspective évidente : la nécessité d’entrer en relation avec différents publics – étudiants, petite enfance, ou même des amateurs d’une certaine littérature. « Nous sommes une manifestation à portée locale, bien entendu, mais avec la capacité de faire rayonner des opérations où nous nous impliquons. » Le tout en respectant les contraintes budgétaires.

 

Le nerf de la guerre, évidemment. « Le maintien des partenariats publics est une chose. Dans un second temps, nous avons fait évoluer les partenariats privés en passant le Fonds de dotation de 30 000 € en 2011 à 70 000 € l’année passée. » Avec plus, il serait possible d’envisager plus d’opérations, bien entendu. « Nous nous efforçons de travailler au mieux », répond Lionel Destremau avec un sourire.

 

Les temps forts, sélection personnelle
 

Au cœur de Lire en Poche cette année, trois événements majeurs. En premier lieu, et pour toute la famille, la compagnie Les chiennes nationales donnera une représentation de La vie devant soi, d’après le roman de Romain Gary (chez Folio). Ce samedi 13 octobre, à 18 h, l’entrée sera libre, dans la mesure des places disponibles, Scène Côté Jardin.

 

L’autre temps fort, « ce sont les rencontres avec des auteurs qui ont fait la littérature jeunesse. Je pense à la présence de PEF ou Domitille de Pressensé, ou encore de Marie-Aude Murail ». Des rencontres pour les enfants, à la découverte des livres, bien entendu, et tout autant de ces créateurs.

 

Mais ce qui reste au cœur du commissaire général, c’est la présence de William Boyle. « Il fut le numéro 1000 de la collection de François Gueriff chez Rivages noir. Ensuite, il a été repris chez Gallmeister, quand l’éditeur est parti dans cette maison. C’est un auteur qui m’a fasciné avec son premier roman, parce qu’il a construit un univers à partir du quartier de Brooklyn. »

 

Un authentique coup de cœur, dont la présence dans la collection Totem (semi-poche) de Gallmeister se justifie pleinement. Certes, son deuxième roman était moins fort, mais avec le troisième, estime Lionel Destremau, « on voit se dessiner ce monde, un espace littéraire qui s’apparente à celui de Faulkner avec son Mississippi rêvé. Sauf que cela s’inscrit dans un monde réel. C’est un grand spectacle en devenir ».


ActuaLitté est (un heureux) partenaire de Lire en Poche. 




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