Manuscrit Story #9 (Comment j'ai cherché un éditeur) : Ne jamais renoncer !

Marc Varence - 05.04.2016

Reportage - manuscrit story - recherche éditeur - publication roman


Depuis neuf semaines, Marc Varence propose de suivre le parcours d’un écrivain en quête d’un éditeur. Son manuscrit Le Polygone, a été envoyé à plusieurs maisons d’édition parisiennes, avec l’espoir qu’il puisse convenir à l’une d’entre elles. Certaines ont déjà refusé, d’autres sont encore en lecture : dans tous les cas, l’auteur attend. Et livre le récit hebdomadaire de son aventure. 

 

 

 

Revenir à la charge, quitte à se mettre en danger !

 

Peu à peu, la situation se décante. Dix-sept maisons d’édition restent en lice. Deux agents littéraires. Le manuscrit doit certainement circuler dans les comités de lecture. Je pourrais patienter jusqu’à réception des lettres de refus. L’être humain est ainsi fait : en cas d’hésitation, le « non » est plus commode, car il n’entraîne aucune action. 

 

Aucune difficulté. Il suffit de couper le fil qui nous unit, et de passer à autre chose. Accepter le texte d’un inconnu, c’est se confronter à une quantité d’obstacles non négligeables. Et neuf fois sur dix, ces efforts n’aboutiront qu’à un ouvrage écoulé à quelques centaines d’exemplaires (au mieux), voire à quelques dizaines (au pire). Au final, l’éditeur rumine et regrette sa décision. Cette accumulation de déceptions a fini par émousser son côté joueur. En effet, l’éditeur a forcément le goût du jeu

 

Le lancement d’un ouvrage, quel qu’il soit, contient toujours une bonne dose d’incertitude. Décrocher le jackpot est évidemment possible, mais, par définition, extrêmement rare.

 

Partant du principe qu’un boxeur qui tombe à la douzième reprise, ne tombe pas uniquement à cause du coup qu’il vient de recevoir, mais, parce qu’il en a pris des dizaines au cours des rounds précédents, je me dois de relancer les éditeurs. Les convaincre. Leur montrer que je ne suis pas du genre à renoncer. 

 

Croyez-moi, les auteurs qui réussissent ne sont pas nécessairement ceux qui ont le plus de talent, mais ce sont ceux qui osent affirmer qu’ils ont du talent. Ces auteurs à succès assument leur culot, n’ont de repos avant d’avoir percé, d’une manière ou d’une autre… et ne s’avouent jamais vaincus !

 

Si on l’a rêvé, pourquoi ne pas le réaliser ?

 

Ressasser à tout bout de champ des phrases du style « si j’avais su… » n’apporte rien. Le manuscrit, forcément imparfait, limite les chances du candidat auteur à un éventuel coup de cœur. Peu probable… Aussi ai-je envoyé une lettre à chaque éditeur. Dans celle-ci, je tente de me vendre, de rajouter des arguments à mon seul texte. 

 

Un exemple ? S’engager à organiser soi-même un certain nombre de séances de dédicaces (voir photo) ou de participer à des salons. Après réflexion, ces propositions pourraient faire pencher la balance en ma faveur.

 

Un constat s’impose : on n’évolue plus à l’époque des Julien Gracq, Michel Butor et autres Romain Gary (Émile Ajar). Les critères de sélection des manuscrits se calquent désormais sur des politiques purement commerciales. L’amateur de chiffres a fini par supplanter le littéraire. Aujourd’hui, l’auteur doit s’impliquer, se montrer, plaire aux médias, être actif sur les principaux réseaux sociaux (Facebook, twitter), accepter les « selfies », adopter un style qui le différenciera des autres, et j’en passe.    

 

 

 

Ce sont donc dix-sept missives chargées de promesses qui ont été envoyées à la fin de ce mois de mars. Les destinataires ne sont pas forcément éditeurs. Ils peuvent occuper d’autres fonctions. Je n’hésite pas à m’adresser au soleil. Après tout, la chance ne sourit-elle pas aux audacieux ?

 

En toute transparence !

 

Voici le détail des destinataires : Stéfanie Delestré (éditrice aux éditions Albin Michel), Laurent Laffont (directeur général de JC Lattès), François Guérif (directeur de collection chez Rivages), Bernard Fixot (P-DG de XO), Vivien Boyer (responsable Communication chez Flammarion), Catherine Troller (directrice commerciale aux éditions du Cherche-Midi), Olivier Dombret (directeur du développement chez Bragelonne), Frédérique Polet (directrice éditoriale aux Presses de la Cité), Vincent Eudeline (responsable relations presse aux éditions Le Passage), Françoise Delivet (directrice littéraire des éditions Robert Laffont), Marion Mazauric (P-DG des éditions Au Diable Vauvert), Béatrice Duval (directrice générale des éditions Denoël), Philippe Robinet (P-DG de Kéro), Frédéric Weil (directeur éditorial des éditions Mnémos) et Pierre Astier (agent littéraire).

 

Gonflé ? Oui, et alors ? Qu’ai-je à perdre ? Savoir se mettre en avant s’avère bien souvent payant. Et l’éditeur en a parfaitement conscience. Pour lui, lancer un auteur extraverti, souriant, sociable et dynamique revient à minimiser les risques. Donc…

 

 

 

 « Le Polygone » au 3 avril

 

Lecture en cours : Albin Michel, Au Diable Vauvert, Bragelonne, Cherche-Midi, Denoël, Flammarion, JC Lattès, Kéro, La Différence, Le Passage, Le Rocher, Mnémos, Pierre Astier, Presses de la Cité, Rivages, Robert Laffont, Scrineo, So Far So Good, XO

 

Refus direct : de Fallois

Refus par courrier (lettre-type) : Fayard

Refus par courrier (lettre-type + commentaire) : Archipel

Refus par lettre circonstanciée : Anne Carrière

Refus par mail : Fleuve noir, Liana Levi, Métailié, Ring