Modèle auteur-entrepreneur : les auteurs peuvent-ils vraiment s'auto-éditer ?

Association Effervescence - 16.02.2016

Reportage - autopublication service - auteurs création - commercialiser livres


Chaque semaine, ActuaLitté et l’association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du  master Édition et Audiovisuel de Paris-Sorbonne, vous donnent rendez-vous. Retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique réalisée par les étudiants de la formation, mettant en lumière les nouvelles problématiques liées au numérique dans le monde de l’édition. Cette semaine, l’autoédition.

par Noémie Ponton

 

 

 

Devant la difficulté de certains écrivains à voir leur manuscrit sortir du lot, une alternative séduit et convainc de plus en plus : l’édition à compte d’auteur via des plateformes numériques d’autopublication. Les technologies actuelles rendent possible depuis maintenant quelques années ce circuit alternatif et parfois plus court vers la publication — encore faut-il que divers points stratégiques (tels que la visibilité ou la promotion) soient assurés.

 

En dehors des acteurs majeurs du secteur, tels que les géants Amazon ou Kobo, il existe diverses solutions d’autopublication de plus en plus légitimées pour les auteurs-entrepreneurs de plus en plus représentés. Ces plateformes fleurissent et créent sur le web un écosystème singulier et autosuffisant. Même rentrée et prix littéraires y sont recréés : on s’y retrouve sur le marché de l’édition 2.0 !

 

Pour l’instant la guerre commerciale est bien moins sévère que celle qui peut se jouer aux États-Unis. Cependant, en France, lorsqu’on parle d’autopublication, deux grandes plateformes se détachent nettement :

 

Librinova : le couteau suisse numérique de l’auteur

 

Créée en février 2014 par Laure Prételat et Charlotte Allibert, la start-up a publié jusqu’à aujourd’hui plus de 500 auteurs et lance en ce début d’année la Boutique des Auteurs. Ce service permet d’offrir la possibilité à n’importe quel auteur de publier ses écrits et permet, grâce à un comité de lecture en interne, de bénéficier d’un accès à une édition « traditionnelle ».

 

IggyBook : le porte-voix numérique de l’auteur

 

Créée en début d’année dernière, cette plateforme a parfaitement identifié les besoins des auteurs et leur offre la possibilité de devenir de réels auteurs-entrepreneurs, toutes clés en main. Affirmer son identité d’auteur, émerger puis exister sur la Toile grâce à une vitrine, se faire connaître auprès des lecteurs, se constituer une communauté de lecteurs, communiquer de manière cohérente en étant en phase avec sa communauté, trouver le bon réseau de diffusion. 

 

Toutes ces problématiques sont devenues le cœur de métier d’Iggybook. Et cela fonctionne : en un peu moins d’un an, la plateforme a regroupé pas moins de 4 000 auteurs.

 

Les plateformes d’autopublication semblent assumer leur position de boîte à outil numérique pour auteurs-entrepreneurs (en somme des éditeurs à la carte), mais ce qui est intrigant est que tout est fait pour recréer les schémas employés dans l’édition « traditionnelle » : présence au Salon Livre Paris et séances de dédicaces entre autres. La frontière entre publication classique et autopublication se réduit et les codes se réutilisent – un grand bien pour quelques heureux élus/repérés.

 

Exit donc la vision manichéenne et la situation de recyclage systématique des projets autopubliés les plus bankables : auto-édition et édition s’avèrent être compatibles, voire parfois complémentaires. D’ailleurs les exemples se multiplient.

 

Quoi qu’il en soit, l’autopublication n’a comme autre but ultime que de donner de la crédibilité à une publication pour la légitimer ainsi que pour lui permettre d’exister, et ce, encore plus que dans l’édition « traditionnelle ».

 

Alors, auto-édition ? Non, plutôt autopublication.

 

 

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À mardi prochain !