Pete Fromm : encaisser les coups, rebondir... le chantier d'une vie

Mimiche - 10.10.2019

Reportage - Pete Fromm - lire poche - librairie Mollat


RENCONTRE – En marge et en partenariat avec le salon Lire en Poche de Gradignan, entre 60 et 80 personnes accueillent avec beaucoup d’attention Anaïs Huchet qui représente la Librairie Mollat, Oliver Gallmeister, éditeur à la maison éponyme et Pete Fromm, écrivain résidant au Montana (USA) auteur de livres remarqués (Indian Creek, Lucy in the Sky, Le Nom des Etoiles, etc., ...), autour d’une table et de micros.


Pete Fromm à la librairie Mollat
Pete Fromm - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

Tous fin prêts pour écouter les réponses de Pete Fromm aux questions d’Anaïs Huchet sur son dernier ouvrage paru aux éditions Gallmeister La Vie en Chantier. Oliver Gallmeister se chargeant amicalement des traductions. Le livre en deux mots ?
 

Marnie et Taz retapent une vieille cabane à Missoula dans le Montana quand Marnie découvre qu’elle est enceinte. Pour Taz, l’arrivée de Midge (un vrai bonheur) se conjugue avec la perte de Marnie (un vrai malheur) qui meurt lors de l’accouchement. Brutalement, Taz doit rentrer à la maison avec un bébé sur les bras et des milliards de choses à apprendre, comprendre, découvrir, vivre, inventer.

 

[Extrait] La Vie en chantier de Pete Fromm


Les questions nombreuses, subtiles et perspicaces d’Anaïs Huchet ne désarmeront jamais Pete Fromm. Au contraire. Elles le feront même sourire souvent, étonné qu’il était de voir l’exemplaire de son livre parsemé de post-it par Anaïs Huchet le confortant dans son idée que tous les Français lisent de cette manière (mais non Pete, moi, je souligne directement dans le texte et note des références sur les pages blanches en fin d’ouvrage !...). 

Mais il était tout aussi agréablement surpris de voir une salle aussi fournie en auditeurs attentifs. « Aux États-Unis, une telle foule serait équivalente à une émeute », avoue-t-il.
 

 

De la Nature à l'Intime, les univers de Pete Fromm


Les thèmes chers et récurrents des livres de Pete Fromm sont évidemment évoqués. La Nature, bien sûr, qui est l’un des joyaux du Montana, lequel « a plus de paysages magnifiques que d’emplois ». C’est dans cette nature, cet « endroit sûr », ce « refuge » que lui comme ses personnages aiment à trouver une échappatoire au quotidien.
 

Et l’Intime. Cet homme qui a passé en solitaire un hiver complet à Indian Creek assure qu’il ne comprend pas (ou trop peu) ses congénères et que c’est dans le travail d’écriture (c’est un bourreau de travail qui commence ses journées d’écriture à 4 heures du matin tous les jours de l’année !!!... hors périodes promotionnelles bien sûr !) qu’il parvient seulement à approcher les sentiments humains, leurs motivations.
 

Pour lui « il n’y a pas de manuel d’instruction [pour la vie, le métier de père, etc. …], on apprend sur le tas, au jour le jour ». Et c’est ainsi qu’il écrit ses romans : sans plans rigoureusement pré-établi.
 

Ses personnages « ne sont pas des héros », ils sont lui, ils sont nous. Ils vivent dur et durement car la vie n’est pas un long fleuve tranquille et les jeunes couples du Montana « commencent la leur avec de l’amour, mais sans emploi ». Ils travaillent dur et durement car c’est cela la vraie vie.

Et ils supportent les coups du sort car s’ils sont inévitables, ils sont l’impulsion pour rebondir, le point 0 d’un nouveau départ qui, sans faire une croix sur le passé, s’engage dans l’avenir avec d’autres amis, malgré un grand vide.
 

Étonnamment, je n’ai pas perçu ce wildwritter comme un écolo convaincu (alors que je l’avais imaginé quasi militant) même s’il vagabonde toujours inlassablement dans ses contrées sauvages où ne manquent ni les truites ni les grizzlis !
 

Il reste un grand bonhomme aux cheveux et à la moustache (à la Jean Ferrat) blanche, aux grands yeux rieurs et malicieux, au visage franc et avenant qui s’est plié avec beaucoup de gentillesse et des échanges rapides, mais affables, à une importante séance de dédicaces à l’issue de cette intéressante rencontre.


 
Pete Fromm, trad. Juliane Nivelt – La vie en chantier – Gallmeister – 9782351781968 – 23,60 € 


Dossier : Lire en poche 2019 : à Gradignan, “Cultiver la liberté”

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