Syberian "un projet de multivers sous forme de bandes dessinées"

Association Effervescence - 07.10.2014

Reportage - Blend Awake - expérience éditorial - geek culture


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l'association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du master Édition et Audiovisuel de Paris-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du master et de l'association. 

 

Cette semaine, nous nous intéressons au nouveau projet mené par quelques collaborateurs de l'ouvrage de la promotion 2013/2014.

 

En attendant de recevoir leur diplôme, les étudiants du master Édition ne se tournent pas les pouces. Quand certains poursuivent leurs études ou recherchent activement leur tout premier emploi dans l'édition, d'autres s'impliquent dans des projets plus artistiques. C'est le cas de Diane Ranville, étudiante du master, et de plusieurs artistes et auteurs ayant donné de leur plume – ou de leur crayon – pour dresser l'univers du Jour où le mur de Berlin n'est pas tombé. Découvrons ensemble ce à quoi ils consacrent maintenant leur temps.

 

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Qu'est-ce que Blend Awake ?

 

Diane Ranville : Blend Awake est une association loi de 1901 dont l'objectif est d'accompagner et de soutenir les projets artistiques de ses membres. Concrètement, ça fonctionne comme un collectif d'artistes ! Nous avons des projets, parfois séparément, le plus souvent en commun, et nous travaillons en atelier pour les réaliser. Les membres du collectif sont dans l'illustration, l'écriture, la BD, le cinéma d'animation... 

 

Influencés par la culture geek, les littératures de l'imaginaire, le cinéma, le jeu vidéo, sans oublier la bande dessinée, nous nous consacrons actuellement à un projet de séries de bandes dessinées nommé « Syberian ».

 


Hitchhikers, court-métrage de Morgane Schmitt Giordano, membre du collectif, à LISAA.

 

 

Comment est né ce collectif ?

 

D. R. : Ce sont Morgane Schmitt Giordano et moi-même qui avons réuni un certain nombre d'autres auteurs et artistes autour d'une dynamique commune. Le projet de travailler tous ensemble a vraiment pris forme avec l'élaboration de fanzines (publications amateurs) rédigés et illustrés à plusieurs mains. Entre 2011 et 2013, le collectif a publié plusieurs volumes, présentés avec un certain succès dans une dizaine de festivals en France et en Belgique. 

 

 

Comment des membres du collectif en sont-ils arrivés à contribuer au livre des Uchroniques, Le jour où le mur de Berlin n'est pas tombé ?

 

D. R. : En tant qu'éditrice dans la promo des Uchroniques, j'ai eu l'opportunité de relayer l'appel à contribution auprès du collectif, et plusieurs des membres, séduits par l'idée, ont proposé des contributions (moi-même je n'ai pas pu m'en empêcher).

 

Plusieurs ont été retenues. Vous pouvez donc retrouver certains auteurs de Blend Awake dans Le jour où le mur de Berlin n'est pas tombé : Gabriel Amalric, Luth Ostinato et Sophie Richard en tant qu'illustrateurs, et Morgane Schmitt Giordano et moi-même comme auteurs.

 

L'uchronie est un genre qui a tout de suite parlé aux membres du collectif : nous sommes adeptes de science-fiction, d'histoires parallèles, de dystopie... Imaginer un monde contemporain où le Mur n'est pas tombé, se projeter dans une guerre froide postmoderne, évidemment cela nous parlait. Et puis, comme d'habitude, nous n'avons pas pu nous empêcher de travailler en commun : un texte écrit à quatre mains, des illustrations réfléchies ensemble... 

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre projet collectif « Syberian » ?

 

Syberian est un projet de multivers sous forme de bandes dessinées. Concrètement, c'est un univers complètement fictif, mélangeant fantasy, steampunk et science-fiction tout en adoptant un angle réaliste. Notre projet est de développer les différentes facettes de cet univers à travers des histoires distinctes, chacune portée par leur auteur, qui puissent se lire et faire sens de manière autonome. Mais en réalité le lecteur attentif comprendra peu à peu que des liens unissent les différents scénarios – les personnages se croisent, les récits entrent en écho – et dessinent une intrigue globale.

 

Ce projet est un peu le reflet scénaristique de notre manière de travailler ensemble : de multiples individualités, une seule dynamique !

 

 


La planète fictive de l'univers « Syberian » avec ses sept lunes.

Illustration de Gabriel Amalric (voir son blog pour explorer ses réalisations).

 

 

Quelle est la mission de chacun des collaborateurs ?

 

D. R. : Morgane et moi sommes les coordinatrices du projet, notamment sur le plan scénaristique : puisque toutes les histoires se croisent, il faut en permanence veiller à la cohérence et aux interdépendances des différents scénarios en cours d'écriture.

 

En dehors de cela, chacun s'occupe de travailler sur sa propre histoire (scénario, développement visuel, graphismes). Le public ne se rend pas forcément compte du travail que demande une bande dessinée. Avant même d'entamer le découpage case par case de la première planche, il faut déjà avoir rassemblé une quantité de recherches graphiques impressionnante : apparence des personnages, des décors, des objets. En fait, tout ce qui apparaît dans une BD est réfléchi, exactement comme dans un film. Le dessinateur doit donc s'improviser costumier, décorateur, directeur de casting, maquilleur...

 

Moi qui m'occupe des scénarios et pas du dessin, je suis toujours étonnée de la qualité des connaissances des dessinateurs en termes de costumes historiques, d'architecture ou même d'ingénierie. Pour pouvoir dessiner des vêtements, des bâtiments ou des machines, ils se retrouvent à se documenter de manière très précise.

 

Côté distribution des tâches, a priori chacun dessine sa BD. Mais certains sont meilleurs pour dessiner des décors, d'autres pour trouver le design d'un personnage. Il y a donc échange de bons procédés, notamment au stade des recherches visuelles.

 


Quelle est la vocation finale du projet ?

 

D. R. : Notre but est de trouver un éditeur. Mais comme c'est un projet assez engageant, puisqu'il concerne plusieurs histoires, nous allons le peaufiner très soigneusement avant de le présenter à qui que ce soit ! Nous espérons que ce sera fait début 2015.

 

 

L'association Blend Awake a-t-elle d'autres projets ?

 

D. R. : Oui, notamment celui de sensibiliser le public et les jeunes aux métiers de la création. Nous préparons actuellement une petite exposition qui expliquera les dessous de la production d'un dessin animé et d'une BD. Parallèlement, nous irons intervenir auprès de lycéens afin de les informer sur les possibilités d'orientation dans ces domaines. Nous travaillons dans cette optique avec la pépinière d'association grenobloise Cap Berriat, engagée dans le soutien aux projets des jeunes.

L'objectif de ces démarches est de mieux faire découvrir des métiers largement méconnus : déconstruire le mythe de l'artiste bohème et montrer les réels savoir-faire qui se cachent derrière les œuvres.

 

À côté de cela, les membres du collectif ont aussi en tête plein d'idées et de projets d'histoires à raconter sur toutes sortes de supports (courts-métrages, dispositifs transmedia...). On ne vous en dit pas plus, mais ça promet d'être intéressant !

 

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Vous pouvez suivre l'actualité de Blend Awake sur la page Facebook qui y est consacrée.

 

 

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À mardi prochain !