Totem : sans tabous, la collection poche de Gallmeister

Clément Solym - 03.05.2011

Reportage - totem - Gallmeister - collection


Il y a un an, on l’attendait avec impatience (notre actualitté), aujourd’hui la collection se porte bien, après avoir intégré une nouvelle personne à l'équipe pour l'édito - Marie-Anne Lenoir.

L’éditeur Oliver Gallmeister revient sur ses débuts.


Totem !


Qu’est ce que Totem ? Selon Gallmeister, il s’agit d’un « être mythique considéré dans les sociétés traditionnelles comme l’ancêtre éponyme d’un clan… » Oui, mais pas seulement, puisque Totem désigne aussi une nouvelle collection des éditions Gallmeister, composée « des titres issus de [leur] catalogue ainsi que des rééditions d’ouvrages indispensables absents depuis trop longtemps des tables des librairies ». On a donc une collection dédiée à la littérature américaine contemporaine et composée de classiques oubliés du genre, comme de textes plus récents qui avaient déjà été publiés par Gallmeister en grand format.

crédit photo : Gallmeister © Jean-Luc Bertini.

Naissance d’un symbole


« Si les éditions Gallmeister ont quatre ans, la collection Totem a été lancée seulement l’année dernière. Pourtant c’était quelque chose dont j’avais envie dès le départ. », raconte Gallmeister. « Tout a commencé par une discussion avec le libraire Bruno Bachelier à propos du roman Montana 1948… » L’ouvrage de Larry Watson que les deux hommes avaient particulièrement apprécié lors de sa première édition était désormais épuisé et introuvable. C’est ainsi que l’idée est venue à Gallmeister de publier de nouveau ce texte et pas seulement celui-ci mais d’autres classiques oubliés de la littérature américaine. Or, une telle entreprise n’était pas compatible avec les grands formats que faisait la maison à cette époque. En effet, Gallmeister produisant assez peu (environ 10 livres par an en grand format), les rééditions auraient représenté une part trop importante du catalogue. C’est pourquoi cette collection « semi-poche » s’est imposée.


Un semi-poche… C’est quoi au juste ?


Définition de l'intéressé : intermédiaire entre le beau livre grand format et le poche « qui est presque un livre jetable ». Le semi-poche est légèrement plus grand que le poche : « Il ne rentre pas dans les présentoirs poches… et c’est exprès » Par ce biais, Oliver Gallmeister distingue sa collection du « mass-market » du livre de poche, puisque les Totems pour leur part, « peuvent être disposés, en librairie, sur une table de grand formats. »

On a donc affaire à de beaux livres très travaillés graphiquement et pourtant à bas prix (entre 8 et 10 euros). « Cela a pris deux ans pour faire la maquette », raconte l’éditeur qui ne voulait pas faire comme les autres en créant une collection qui ne serait que la version miniature de ses grand formats. Ce n’est pas un fonctionnement très stratégique selon lui, car « pourquoi continuer d’acheter les grands formats si on peut avoir quasiment la même chose moins chère ? ». Totem devait être un objet différent pour un public différent.


Ces choix commerciaux ont parfois dérangé certains libraires ou lecteurs qui regrettaient la différence trop marquée entre les deux collections. Mais Gallmeister insiste : « Ce serait à mon avis une erreur de faire une redite ».

D’une manière générale, la collection a été très bien accueillie par les auteurs qui se réjouissent que l’on fasse revivre leurs livres, et que l'éditeur continue de les soutenir. C'est là aussi tout l'intérêt : plutôt que de vendre des droits à une collection de poche, et de "perdre" son auteur, la collection Totem instaure une relation sur une plus longue durée.

Quant aux libraires, ils apprécient de recevoir des livres esthétiques et qui sortent un peu du lot. « Globalement, les ventes sont très bonnes », continue Gallmeister. « Bien sûr, ce n’est encore que le début, mais depuis un an, on a reçu un très bon accueil. On peut dire que c’est un bon départ. »


Des projets ?

Dès la rentrée, la collection Totem s’enrichira de deux nouveaux titres : Sukkwan Island de David Vann (parution en septembre 2011) et La dernière séance de Larry McMurtry (octobre 2011). Enfin, Gallmeister prévoit de (re)publier First Blood de David Morrell dans le courant de l’année prochaine.