Un tarif postal avantageux pour les revues, littéraires et autres

Clément Solym - 03.12.2009

Reportage - tarif - postal - avantage


Depuis quelques années, les revues, et en particulier les revues littéraires, se trouvent confrontées à une série de difficultés orchestrées par les pouvoirs publics d'une part, les changements des comportements et des mentalités suite aux évolutions technologiques d'autre part.

Dans la mesure où l'État racle les fonds de tiroir pour aider les banquiers, la Culture devrait voir son budget revu à la baisse (et dans la réalité). Les subventions pour l'aide à la publication des livres et des revues subissent des coupes sombres, fatales aux structures les plus fragiles. Cumulées avec l'effet revues en ligne et blogs culturels, la plupart des revues 'papier' subissent une érosion de leurs lectorats et par là de leurs, déjà, maigres rentrées financières. L'annuaire des revues ARLIT que L'Oie plate prépare pour mars 2010, va mettre en lumière ce phénomène.

Un premier résultat en 2008 pour l'envoi des livres

À cela s'ajoutent deux mesures affectant directement les frais d'expédition des revues : le durcissement des critères d'attribution et de maintien de la CPPAP* ; la disparition du tarif « Paquet » au profit du « Colissimo » bien plus onéreux.

Les responsables de la Poste avaient négligé d'informer les agents et le public de la possibilité d'expédier au tarif « Lettre » tout paquet de moins de 3 kilos lorsque ce tarif se révèle être le plus avantageux, ce qui était le cas. Une pétition impulsée par L'Atelier du Gué entre autres dénonçait ces dérives postales. Elle a recueilli, début 2008, 8 000 signatures. Cela a obligé l'Autorité de régulation de la Poste à emmètre une recommandation dans ce sens. La plupart des éditeurs de livres expédient maintenant leurs ouvrages au tarif « Lettre » ou en « Sacs Librairie » (traquez l'offre sur le site de La Poste !). À quand, une campagne d'information de la Poste en direction du grand public ?

Publissimo pour les Revues

Cette agitation autour des tarifs postaux a permis à quelques hauts responsables du Ministère de la Culture et de La Poste de se rendre compte de la situation préoccupante des revues littéraires. Celles-ci tombaient comme des mouches ou des petits soldats à Verdun. Le monde des revues se désertifiait au moment même où la Poste enregistrait des baisses sensibles de son volume courrier. Il devenait urgent de faire un geste.


Depuis quelques semaines, La Poste a mis en place une offre zéro contrainte dite «Publissimo Esprit Libre » (le site). Cette offre concerne les publications de petite diffusion. C'est-à-dire ayant une diffusion inférieure à 2000 exemplaires, qui ont un ISSN et qui publient au moins 2 numéros par an. Elle concerne donc 98 % des revues culturelles françaises.

Les revuistes pourront désormais insérer dans l'envoi de leur numéro des encarts publicitaires, des objets accessoires à la publication (lettre de relance, recueil ou livre en supplément à la revue) sans surcoût spécifique.

Enfin, ils auront la possibilité « d'augmenter, sans limitation, la pagination publicitaire et d'accroître ainsi les revenus publicitaires ». Cette option pourrait permettre à de petits éditeurs de publier tous les 6 mois une revue interne qui servirait aussi de catalogue pour leurs nouveautés.

Publissimo écrase les prix

Des avantages tarifaires de Publissimo se passent de commentaires. À titre d'exemple, une revue de 300 g en tarif lent (J+7) s'expédie pour 0,775 € au lieu des 3,02 € de l'envoi en tarif « Lettre ». En outre, il y a 15 % de remise sur les liasses à destination de la commune et des communes limitrophes. Et pour leurs envois à l'étranger, les revues peuvent toujours utiliser le tarif "Livres & Brochures" : 1, 28 € ou 2,13 € selon la zone pour une revue de 300 gr.

Cette mesure intelligente devrait sauver la vie à plus d'une revue sur la corde raide. Il reste aux petits éditeurs indépendants de relancer la polémique afin qu'une mesure « Poste Livre » semblable puisse voir le jour et doper leur VPC !

Roger Gaillard – L'oie plate


* Cette Commission paritaire des publications et agences de presse fait bénéficier les périodiques, répondant à certains critères, de tarifs postaux préférentiels et d'allègements fiscaux (TVA au taux réduit de 2,1 % sur les recettes de vente au numéro et par abonnements). Elle comprend des représentants de l'État, des agences et organes de presse. Les revues culturelles sont très mal représentées dans cette commission. Les avantages pécuniaires contribueraient à pérenniser bon nombre de titres aux finances modestes. Or, depuis une décennie, l'attribution du numéro de CPPAP aux plus fragiles relève de la course à l'échalote.