Vie du grand dom Quichotte et du gros Sancho Pança

Clément Solym - 28.04.2008

Reportage - Comedie - francaise - Quichotte


Dom Quichotte de la Manche... Oui, c'est vrai que cette traduction pique un peu les oreilles les premières fois, mais on finit par s'y faire. Dans une mise en scène d'Émilie Valantin, marionnettiste de formation, on voit renaître de cendres inattendues le personnage de Cervantès dans une adaptation plutôt spectaculaire de ses aventures.

Le texte est d'Antonio José da Silva, auteur du XVIIIe siècle, d'origine portugaise et qui sera brûlé en place publique en 1739 (à 34 ans, donc) pour son oeuvre, manifestement subversive aux yeux de l'église. La Vie du grand dom Quichotte et du gros Sancho Pança fait partie de ses oeuvres plutôt controversées.

On y raconte comment dom Quichotte, chevalier errant, reprend la route pour traquer l'aventure, ramener la gloire et la reconnaissance... et fournir une île à Sancho, promise voilà quelque temps. Entre deux couplets chantés — et avec quelles voix ! — dom va délaisser les moulins à vent pour traverser des montagnes, délivrer ou presque, des chevaliers perdus par une malédiction ou rencontrer Apollon lui-même que des poètes pathétiques tentent de renverser.

De prime abord, la pièce a de quoi déconcerter quand on n'est pas au fait de cette version. L'intervention à tout va de marionnettes rend la représentation plus vivante et complexe. Et en parlant de marionnettes, on évoque autant du Guignol, avec un passage dans les montagnes phénoménal, que des interventions de mannequins à échelle humaine, que les comédiens animent et à qui ils prêtent des voix de fausset tout à fait charmantes.

Ajoutant des éléments à la légende habituellement connue, modifiant, parodiant, exacerbant à l'extrême les aventures de dom Quichotte de la Manche, le texte façonne véritablement un héros à son image, rendant tout à la fois un vibrant hommage au maître Cervantès, et s'appropriant l'une des plus fameuses histoires de la littérature.

Que dire des décors, à la fois prodigieux et impressionnants, de cet entremêlement de créatures vivantes et animés, quand les humains frayent avec les marionnettes ou encore des costumes... Ces derniers, plutôt d'époque, pour plonger dans le bain, participent à une pièce fantasque et drôle dans laquelle personne ne s'ennuie.

Pourtant, si l'on saluera le brio notamment de Michel Favory, dont les yeux brillent d'une folie si facilement imputable au personnage de dom Quichotte, autant que celle de Gregory Gadebois, qui incarne là un Sancho plus vrai que nature, quelques points chiffonnent le spectateur en manque de sensations fortes.

D'abord l'omniprésence des marionnettes, qui n'entache rien, mais peut s'avérer usante, du moins l'a-t-on entendu dire. Il est vrai que l'on n'a pas l'habitude de ce type de mise en scène et que, si elle séduit dans ses premières apparitions, et qu'elle répond aux exigences du texte, cela peut finir par lasser. Ensuite, malgré l'interprétation des personnages, collégialement impressionnante, il arrive que l'on sorte de la pièce, sans trop savoir pourquoi. On imputera cela à la générale presse, qui n'est pas forcément celle d'une troupe dans le bain complètement.

Pas de enfin destructeur cependant. Du moins... ne vous attendez pas à trouver des moulins, c'est un conseil.

La pièce est brillante, et l'on doit saluer infiniment les efforts de mise en scène tout comme les performances scéniques, qui donnent une vie à cette pièce. À n'en pas douter, voilà encore une réussite, quelque peu iconoclaste, certes, mais assurément plaisante. Tous les renseignements sont disponibles sur la page directement accessible de la pièce.



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