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La liseuse Nolim de Bookeen : design et confort pour les lecteurs

Nicolas Gary - 07.08.2017

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TEST – Fin mai, la société Bookeen produisait pour son partenaire Carrefour un nouvel appareil de lecture. Design, ergonomie, confort, couverture intégrée en silicone avec une fermeture aimantée... Le produit a eu tôt fait de convaincre nombre de professionnels. Après un mois passé, liseuse en main, force est de constater que le produit est très convaincant. 




 

L’approche de Bookeen, avec ce nouveau lecteur ebook était de partir de ce que ce produit peut être aujourd’hui. Premier constat : « Elles se ressemblent toutes. » Sans aller jusqu’à chercher une originalité à tout crin, nous explique Michaël Dahan, il fallait donc distinguer l’appareil. 

 

« La liseuse est un produit extrêmement personnel, c’est ce que nous remontaient tous les utilisateurs, et on le voit avec les taux de rééquipement qui sont très faibles. Les gens les utilisent énormément, et, lorsqu’elles entrent en SAV chez nous, les gens nous demandent sans cesse quand ils vont la récupérer. »

 

Un usage personnel, mais un appareil impersonnel. « Nous avons voulu revenir vers quelque chose de très simple dans l’usage, parce que nous n’avons pas énormément de technophiles parmi les utilisateurs – surtout de grands lecteurs. »

 

Le travail débute donc avec une liseuse dont le design se distingue immédiatement. Et Michaël Dahan de souligner : « Nous sommes partis avec un cabinet de design dont la sensibilité particulière est l’évidence, le cabinet 5.5. Pour donner une idée, ils ont fait la clé USB en forme de clé. C’était la première pour eux sur une liseuse, mais la collaboration s’est bien passée : nous voulions faire le frigidaire du réfrigérateur, un design qui devienne la nouvelle norme en terme de liseuse. »

 

Un produit qui incarne immédiatement son usage


Aujourd’hui, la norme, c’est un parallélépipède noir, et voici la Nolim abordant une forme carrée, avec cette couverture spéciale, aimantée, qui se rabat sur l’arrière de l’appareil pour faciliter la prise à une main. « Il y a de la volumétrie dans ce produit, c’est voulu, car cela facilite la prise en main. Nous avons placé des boutons qui font les fonctions clés : tourner les pages et activer le frontlight. Il se bascule aisément de droitier à gaucher, avec l’écran qui se retourne : à chaque fois que nous avons ajouté une fonctionnalité, elle avait du sens. »

 

L’objectif de Carrefour et de Bookeen était de mettre une liseuse entre toutes les mains, un produit intuitif. D’ailleurs, aucune modification de logiciel n’a été opérée, la société considérant que l’actuel était suffisant. En revanche, ce qui a occasionné beaucoup de travail, c’est la manipulation du silicone, jamais encore utilisé sur des liseuses. Il fallait une couverture suffisamment rigide, solide et aimantée.

 

Pressions sur les boutons, d’ouvertures et fermetures : tout a été contrôlé, pour arriver à l’appareil. « Il est très robuste, et agréable en même temps grâce au silicone soft touch. Au final, ce produit a nécessité 14 mois de développement, avec tout intégré et une forme similaire à celle d’un bouquin. » La Nolim devait incarner un usage, immédiatement : « Nous ne faisons pas de rééquipement, nous nous adressons aux personnes qui n’ont jamais eu de liseuses. »


Bookeen
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

Une liseuse, c’est une fonction, la lecture. « Tout ce que nous avons mis dans l’appareil est utile. La couverture sert à protéger, les boutons à progresser dans le texte sans mettre son doigt sur ce que l’on lit ou à activer la lumière sans aller dans un menu. »

 

Tout paraît simple, évident, mais cela nous a occasionné des challenges techniques : le simple fait que la couverture soit aimantée pour se coller derrière a été problématique, faire du brillant sur le silicone était une nouveauté pour le fournisseur... « Le cabinet de design ne s’est pas posé trop de questions en matière de faisabilité technique, ce qui nous a permis, finalement, de privilégier le design final. »

 

Reste alors à résoudre des enjeux, justement liés à cette approche d’un appareil incarnant l’usage, et en premier lieu, celui de l’étanchéité. La Nolim ne résiste en effet pas à l’eau, mais Bookeen y travaille. « La raison, c’est que le produit semble étanche aux gens qui le voient, ce qui nous oblige à le rendre étanche, finalement... Cela dit, à l’usage, nous remarquons que les utilisateurs recherchent plutôt de la robustesse qu’une étanchéité : on ne s’allonge pas dans la mer pour lire un bouquin. »

 

Bien entendu, l’appareil est déjà prêt à recevoir une cover solaire, mais cela n’interviendra que dans un second temps – l’implémentation du silicone était déjà compliquée en soi.

 

La Nolim dispose enfin d’un navigateur expérimental, comme la plupart des autres machines.

 

L’avis de la rédaction : adoptée, et recommandée

 

La résolution de l’écran est comparable à celle d’autres produits du genre, avec 1024x758 pixels. La Nolim dispose de 4 Go de stockage avec une connectique WiFi pour accéder à la librairie intégrée. Si Bookeen revendique 3 semaines d’autonomie, nous avons pu lire à raison de 3 heures quotidiennes avec le frontlight allumé durant près de six jours. 

 

Ce dernier se lance et s’éteint avec un bouton directement accessible : là encore, c’est intelligemment pensé, pas besoin d’aller farfouiller dans différentes options. Il est possible de régler l’intensité en revanche, dans le menu. 

 

La machine est un « poids lourd », puisqu’elle affiche 320 g, soit près d’une centaine de plus que sa concurrente directe, la Kindle Oasis. Pas vraiment un problème, d’autant plus qu’elle est commercialisée pour 170 € de moins – ce qui la place au tarif de la Kobo Aura Edition 2. 

 

La prise en main est rapide, et la couverture se rabattant à l’arrière de l’appareil permet vraiment un confort d’utilisation pour gaucher et droitier. Assez rapidement, les réflexes de tout possesseur de smartphone se retrouvent – agrandir ou réduire la taille des caractères avec deux doigts. 
 

Le livre numérique semble saturer, mais l'autoédition démontre le contraire (Bookeen)


Pour le reste, les options du menu sont claires et lisibles : aucune difficulté de ce point de vue – même si des éléments sont perfectibles, comme la fonction Atteindre une page, que l’on pourrait regrouper avec celle de Rechercher un terme. Anecdotique, mais un plus pour gagner quelques secondes. 




 

Un détail moins agréable : si le câble de raccordement est un micro-USB, nos Mac mini et MacBook Air ne reconnaissent pas l’appareil avec d’autres câbles pourtant génériques. Autant le savoir : il faut avoir sa connectique sous la main – cela n’empêche cependant pas l’appareil de se recharger, juste la possibilité d'ajouter de nouveaux fichiers. 

 

En somme, la Nolim est un produit de très grande qualité, dans son ensemble, et probablement celui qu’on attendait sans le savoir. La protection de l’écran est assurée : nous avons même eu le plaisir de la faire tomber dans l’eau par mégarde et de découvrir que la couverture peut jouer un rôle salvateur. L’appareil n’est cependant pas étanche !

 

À la lecture, nous avons volontairement écarté les PDF : les liseuses de 6 pouces sont des appareils de lecture, conçus pour le format de fichiers qu’ils supportent – ici, l’EPUB. Suivant les réglages et les modifications de police dont on dispose, on profite agréablement de ses heures sur la plage. Il nous restera dans un prochain temps à vérifier d’autres approches avec des formats manga et bande dessinée.

 

Pour l’heure, la Nolim présente un bel ensemble de qualités, pour 129,90 €.