Les best-sellers, ou la tyrannie des têtes de gondoles

La rédaction - 02.07.2015

Tribune - best-sellers - têtes gondoles - livres vacances


L’été a débuté, et pour ceux qui en doutaient, la caniculaire température qui frappe est un puissant indicateur. Si pour beaucoup, l’idée a été de bourrer sa valise avec des ouvrages qui attendaient depuis des mois d’être engloutis, il doit encore rester de la place. Une petite place, modeste. Éric Dubois, poète, propose de se faire accompagner de poésie, cette année. Pour se rafraîchir l’été...

 

William Cliff

Illustration non contractuelle, à titre purement indicatif - Marc Wathieu, CC BY 2.0 

 

 

Cet été, vous consacrerez plus de temps à la lecture, parce que vous serez en vacances, plus détendus, éloignés d’un lieu de travail et des contingences du quotidien – libre à vous d’imaginer les contingences dont vous seriez heureux de vous libérer...

 

 Vous lirez sans doute un des best-sellers de l’année. À côté de Tatiana de Rosnay ou de Guillaume Musso – la liste n’est pas exhaustive –, achetés pour la plage, la montagne, le farniente de cet été, pourquoi pas, pour une fois, y adjoindre de la poésie ? 

 

Certes, certains objecteront que le poète enfermé dans sa tour d’ivoire comme une prison volontaire fait fi du mercantile et qu’il est au-dessus de tout ça ! 

 

Cela dit, la poésie n’est pas pour les poètes, une simple marotte, un hobby comme la broderie ou la philatélie, elle est aussi leur raison de vivre et de continuer à vivre. Pour une fois, résistez, heureux vacanciers ou touristes blasés à la tyrannie des têtes de gondole !

 

Ne cédez pas aux sirènes des plans media et de la publicité ! Essayez aussi les jolis chemins de traverse de la Poésie. 

 

Retrouvez en vous la part d’enfance un peu perdue par des habitudes contraignantes d’adulte ! Vous aimiez, à l’école, quand vous étiez gamin réciter des poèmes de Desnos, de Prévert ou de Pierre Ruaud ?

 

Vous aimiez les surprises toniques du langage, les découvertes impromptues parmi les continents et les océans des mots ? Alors pourquoi pas, à nouveau, accoster ces territoires ? 

 

Je suis sûr que quelque part un poème (et un poète) vous attend les bras ouverts ! 

 

Je suis persuadé que le feu ancien n’est pas éteint et qu’il a besoin d’être rallumé ! 

 

Alors, heureux vacanciers, pourquoi ne pas faire une place dans vos bagages. Outre que le dernier livre de Virginie Despentes prenne part à votre repos, que diriez-vous d’un ouvrage de la poétesse Valérie Rouzeau par exemple ?

 

Éric Dubois


Pour approfondir

Editeur : Alternatives
Genre : poésie
Total pages : 78
Traducteur : bertrand petit
ISBN : 9782862274546

Poèmes du thé

de Sen no Rikyu et Keiko Yokoyama

A travers le rituel sobre de la cérémonie du thé, se transmet depuis plus de six cents ans au Japon, un véritable art de vivre où le partage du breuvage, fait selon des règles très élaborées, est avant tout un moment de communion, comparable avec l'eucharistie chrétienne dont l'apparition, en Extrême-Orient, est étrangement concomitante avec la formalisation de cette cérémonie. Rituel de vie, rituel de mort, en interaction profonde avec le zen et le taoïsme, l'art du thé développe une esthétique dans laquelle toutes les autres disciplines ont un rôle à jouer - arrangement floral, peinture, architecture, calligraphie, et bien sûr, poésie, art majeur pour les Japonais. Les poèmes présentés ici, écrits par Sen no Rikyu, l'un des plus grands maîtres du thé, déclinent l'essentiel de cet art, mettant ainsi, comme c'est souvent le cas dans l'Empire du Soleil Levant, la poésie au service de la pédagogie.

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