Edition au Québec : "Les gens de notre industrie ne peuvent plus attendre"

La rédaction - 19.12.2014

Tribune - collectif édition - industrie livre - Québec auteurs


L'interprofession québécoise a diffusé une lettre ouverte à la ministre de la Culture, Hélène David, attirant l'attention de cette dernière sur les problématiques du secteur. L'attente dans laquelle est plongée l'industrie du livre québécoise devient douloureuse, signalent-ils unanimement, alors que des mesures devaient arriver, principalement pour aider les librairies. Le courrier est ici reproduit dans son intégralité.

 


Qu'attendez-vous, Madame la Ministre ?

 

 

Madame la Ministre,
 
Nous, membres de la Table de concertation du livre, vous écrivons concernant le Plan de soutien à la librairie agréée. Dès votre nomination comme ministre, vous aviez indiqué votre ferme intention d'agir rapidement pour « mettre en place des mesures efficaces » d'aide aux librairies qui auraient aussi des effets sur les lecteurs et sur l'ensemble des acteurs de la chaîne du livre. La démarche annoncée semblait alors ambitieuse. Tout indiquait que vous aviez saisi l'urgence de la situation.
 
Or, six mois plus tard, rien n'a encore été annoncé. Ce devait être en octobre, puis à la fin de l'automne, et maintenant, on nous indique que ce sera peut-être en janvier ou en février prochain. Le temps passe, une demi-douzaine de librairies a fermé ses portes définitivement au cours de la dernière année.
 

Hélène David

 


Les gens de notre industrie ne peuvent plus attendre. Nous avons besoin de mesures consistantes pour consolider le réseau des librairies. Tout le monde le sait. Il s'agissait même de la conclusion unanime de la commission parlementaire tenue en août et en septembre 2013.
 
Peu d'intérêt
 
À ce sentiment d'urgence s'ajoute la perception que, de manière générale, le nouveau gouvernement semble prêter bien peu d'intérêt au livre et à la lecture. Voyons ce qui s'est passé au cours des derniers mois : coupe de 20 % du crédit d'impôt pour l'édition de livres ; abandon du projet de prix réglementé du livre ; inertie du ministère dans l'affaire Renaud-Bray–Dimedia, reléguée au rang de conflit commercial entre deux entreprises ; cafouillage dans le programme La culture à l'école ; compressions dans les budgets d'organismes tels que BAnQ ou la Fondation pour l'alphabétisation, etc. Et que dire des déclarations sidérantes du ministre de l'Éducation concernant les bibliothèques scolaires ? Du jamais-vu !

 

D'ailleurs, à ce propos, malgré le mea culpa public du ministre et son engagement à forcer les commissions scolaires à acheter autant de livres que par le passé, sachez que les acquisitions sont au point mort depuis septembre dans plusieurs écoles. Tout ceci en quelques mois seulement.
 
Les succès du secteur québécois du livre reposent avant tout sur le dynamisme, la créativité et la passion de ses artisans. Nous réalisons l'essentiel du travail. Le gouvernement du Québec a néanmoins lui aussi un rôle important à jouer. Car le livre et la lecture sont intimement liés au développement des individus et des sociétés. Le livre n'est pas un produit comme les autres.
 
Souhaitons que l'année 2015 soit propice à la mise en oeuvre d'actions fortes en faveur du livre et de la lecture.
 
*Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ) ; Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française (ADELF) ; Association des libraires du Québec (ALQ) ; Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) ; Fédération québécoise des coopératives en milieu scolaire (FQCMS) ; Réseau BIBLIO du Québec ; Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ)