Québec : un “retour à la censure appliquée aujourd’hui par le système criminel”

Auteur invité - 20.03.2019

Tribune - plainte auteur québec - hansel gretel pornographie - pornographie juvénile accusation


L’affaire est sérieuse : la maison d’édition québécoise AdA sera au cœur d’un procès prochainement, pour production et distribution de pornographie juvénile. Yvan Godbout, un auteur de 49 ans habitant à Québec, et Nycolas Doucet, le directeur général des éditions AdA de Varennes et fils, ont été arrêtés ce 14 mars. En cause, le roman Hansel et Gretel, réécriture du célèbre conte. Mais une certaine démesure semble s’instaurer.

Par la voix de son président, Arnaud Foulon, l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) se prononce sur l’affaire des Contes interdits des Éditions ADA. Nous reproduisons ici son texte dans son intégralité. Ce dernier est doublé par l'intervention du directeur de l'UNEQ, pour qui la situation est tout bonnement inacceptable en regard de la loi. 

Arnaud Foulon
Arnaud Foulon - ActuaLitté CC BY SA 2.0


L’Association nationale des éditeurs de livres a été saisie par l’entremise des médias et des réseaux sociaux de la problématique menant à l’arrestation de l’auteur Yvan Godbout et de son éditeur Nycolas Doucet, de la maison ADA. Nous sommes stupéfaits de la tournure de cette affaire ! 

Si des livres ont déjà fait l’objet de retrait des rayons de librairies ou de bibliothèques dans un passé somme toute fort triste et pour diverses raisons, cette cause criminelle semble atteindre un autre niveau, qui inquiète tous les éditeurs, puisqu’ici on criminalise l’écriture d’une fiction.

Sans porter de jugement sur le roman et le passage mis en cause, il semble que l’arrestation d’un auteur et de son éditeur pour incitation à commettre un crime grave à travers une œuvre de fiction est pour le moins fort menaçante. 

Ce retour à la censure appliquée aujourd’hui par le système criminel nous amène à nous questionner sur le respect de la liberté d’expression et du droit d’auteur. 

Les auteurs et éditeurs de romans policiers, qui mettent en scène des personnages commettant des crimes plus horribles les uns que les autres, peuvent-ils continuer à publier ? Et les lecteurs de ces livres sont-ils fautifs en se procurant des œuvres qui font la promotion d’actes criminels ?

L’œuvre de fiction reste une œuvre de l’imaginaire et en ce sens il semble difficile pour un éditeur et son auteur de prétendre chaque fois y jouer un rôle d’éducation. Est-ce à dire que tout peut être écrit dans un roman ? Laissons les lecteurs en décider et en juger en se procurant ou pas un livre, en le critiquant sur les différentes plateformes de discussion. 

Et les détaillants ont aussi le droit de tenir ou pas un ouvrage ; plusieurs ont par le passé interrompu la vente de telle ou telle publication qui ne correspondait pas à l’esprit de leur commerce, en fonction de la clientèle qui le fréquentait. Ici, l’intervention de la Direction des poursuites criminelles et pénales et des forces policières pour juger d’une œuvre nous semble un glissement très dangereux pour la profession.

De plus, il nous apparait primordial de faire la distinction entre l’auteur et les personnages qui sont mis en scène dans une œuvre de fiction. Il faut visiblement le rappeler, l’action d’un personnage ne reflète pas l’intention d’un auteur. 

Avec ce type de raisonnement, on peut se demander ce qu’il serait advenu d’une œuvre phare de notre littérature comme Prochain épisode d’Hubert Aquin, un roman où les frustrations accumulées d’un révolutionnaire le poussent à commettre l’irréparable. Est-ce là aussi une incitation au crime ?

La liberté d’expression et la défense du droit d’auteur sont deux éléments fondamentaux à la base de la création de l’ANEL et en ce sens, l’Association souhaite aujourd’hui réaffirmer l’importance de les défendre encore et toujours, au pays comme ailleurs, pour tous ses membres et pour tous ceux qui font profession d’éditeur. 

Dans cette histoire, un peu plus de jugement de la part de nos dirigeants politiques serait fort à-propos.
 
Arnaud Foulon
président

Courrier de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois

À la suite de l’arrestation de l’écrivain Yvan Godbout et du directeur des Éditions AdA, Nycolas Doucet, accusés de production et de distribution de pornographie juvénile pour un passage du roman Hansel et Gretel (2017), l’UNEQ a été sollicitée par des médias.

L’écrivain, qui a été relâché sous promesse de comparaître en avril prochain, n’a fait aucune déclaration. Son éditeur, lui aussi relâché, refuse de commenter l’affaire publiquement, sur les conseils de son avocat. L’UNEQ est évidemment préoccupée par cette situation, mais n’ayant pas accès au dossier judiciaire, elle ne peut qu’effectuer une mise en contexte afin de permettre tant aux écrivains qu’au grand public de mieux comprendre les enjeux qui sont soulevés.
 

Que dit la loi ?


Le Code criminel canadien qualifie entre autres de pornographie juvénile « tout écrit, toute représentation ou tout enregistrement sonore qui préconise ou conseille une activité sexuelle avec une personne âgée de moins de dix-huit ans » et « tout écrit dont la caractéristique dominante est la description, dans un but sexuel, d’une activité sexuelle avec une personne âgée de moins de dix-huit ans ». Produire, distribuer ou posséder de tels écrits constituent des actes criminels.

Cependant, le Code criminel énonce un « moyen de défense » en cas d’accusation :
« Nul ne peut être déclaré coupable d’une infraction au présent article [sur la pornographie juvénile] si les actes qui constitueraient l’infraction :
a) ont un but légitime lié à l’administration de la justice, à la science, à la médecine, à l’éducation ou aux arts ;
b) ne posent pas de risque indu pour les personnes âgées de moins de dix-huit ans. »

⇒ Pour lire la définition de la pornographie juvénile selon le Code criminel, cliquer ici.
 

Quelle limite à la liberté d’expression ?

Dans l’hypothèse où les seuls faits reprochés à l’écrivain Yvan Godbout seraient exclusivement liés à un passage de son œuvre Hansel et Gretel, il nous apparaît démesuré d’avoir procédé à son arrestation. Il s’agit d’un texte rédigé dans un contexte artistique. Aussi, criminaliser celui-ci pourrait s’apparenter à une privation de la liberté d’expression.




Commentaires
ENVOYÉ À : https://www.youtube.com/watch?v=LijIR0J6bEM - MARDI 26 MARS 2019 - BONJOUR MONSIEUR YVAN GODBOUT – SUJET : Les Contes Interdits - Hansel et Gretel - COMME VOUS DEVEZ VOUS SENTIR BIEN SEUL DANS LA COMÉDIE JURIDIQUE QUI VOUS AFFLIGE - JE VOUS APPORTE ICI MON SOUTIEN MORAL - IL NE FAUDRA PAS TROP COMPTER SUR LES AUTRES PETITS BOURGEOIS SNOW FLAKE QUI PRÉTENDENT FAIRE LE MÊME MÉTIER QUE VOUS



- ENCORE UN CAS FLAGRANT DE CENSURE RÉACTIONNAIRE DÉGUISÉE EN ASSAUT MORAL - LE PC POLITICALLY CORRECT MÉLANGÉ À L'HYPOCRISIE VERUEUSE À LA MORALINE



- IL SERAIT TEMP DE FAIRE FRONT COMMUN POUR CONTRER CETTE ÉNIÈME TENTATIVE ÉTATIQUE POUR RÉGULER LES ARTISTES ET LES INTELLECTUELS - MAIS LES PETITS BOURGEOIS AUTISTES RESTENT CE QU'ILS SONT – PETITS ET BOURGEOIS - QUAND CE SERA LEUR TOUR ILS COUINERONT ET LEUR COLLÈGUES DE THÉIÈRE REGARDERONT AILLEURS EN ESPÉRANT QUE LE VENT DU BOULET LES ÉPARGNE



- LES RIDICULES ET MÉPRISABLES OFFENSIVES CONTRE MONSIEUR MIKE WARD ET LES SPECTACLES SLAV KANATA ET LES CIGARETTES DANS LES THÉÂTRES DONNENT UN APERÇU DE LA CENSURE À VENIR - NON SEULEMENT ÉTAT RELIGION (MÊME ÉTRANGÈRE) BOURGEOIS CENSURERONT COMME ILS L'ONT TOUJOURS FAIT PARTOUT - MAIS ILS SERONT AIDÉS PAR LES DÉNONCIATEURS À LA PEAU DE TOMATE HYPERSENSIBLE INCAPABLES DE SUPPORTER UNE OPINION AUTRE QUE LA LEUR – QUI EST RESSENTIE COMME UNE AGRESSION - ET QUI TENTERONT DE MANIPULER L'ÉTAT POUR FAIRE TAIRE ET IDÉALEMENT RUINER ET OU EMPRISONNER CEUX OU CELLES QU'ILS N'AIMENT PAS



- NOTRE PATHÉTIQUE SYSTÈME SCOLAIRE RUINEUX AURA PRODUIT CES HORDES D'IGNORANTS INCULTES SANS COLONNE VERTÉBRALE NE SACHANT NI LIRE ÉCRIRE COMPTER MAIS ÉGALEMENT INCAPABLES DE DISCUTER OU DÉBATTRE CE QUI EN FAIT DES INFIRMES SOCIAUX PERFIDES DÉLATEURS PARFAITS



– JE SUIS DE TOUT CŒUR AVEC VOUS



- BONNE CHANCE



*
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.