Au Figaro, on change le coq au vin en Poudlard royal : ça sent le vinaigre

Nicolas Gary - 12.05.2016

Zone 51 - Chez Wam - Figaro copier coller - traduction articles copier - fantastique coïncidence article


On a beau être le journal qui est le plus aidé en subsides publics – loin d’être le cas de ActuaLitté – on a toujours besoin d’un coup de pouce supplémentaire. Et si on ne le reçoit pas, au besoin, on peut toujours trancher ledit pouce. Avec 16,1 millions € perçus en 2013 et 15,2 millions € en 2014, Le Figaro est le média qui profite le plus des aides accordées à la presse. Et voici comment on peut, sans même déposer de dossier, profiter d’une tout autre manne, non moins intéressante.

 

Copy-Paste

Copy-Past / Copier-Coller - Tim Bartel, CC BY SA 2.0

 

 

Amusé par une histoire comique, pour ce qu'elle est pathétique, ActuaLitté publiait hier un billet sur ce proviseur britannique, Graeme Whiting. L'huluberlu estime que les enfants pratiquant la lecture de Harry Potter, Game of Thrones et autre Hunger Games seront sujets à des maladies mentales.

 

Plus précisément, il considère que ces œuvres pourraient « endommager les capacités cérébrales des jeunes enfants ». Le sujet a plu à des confrères, et, ainsi, Terrafemina s’en est emparé, de même que le Figaro. Et l’on se rend bien compte que ces derniers sont des Moldus du Copier-Coller.

 

Curieux de découvrir comment le sujet avait été abordé chez eux, nous nous sommes plongés dans cette prose. Surprise ? Même pas : des morceaux de notre article paru 27 heures plus tôt, se retrouvent éparpillés à l’intérieur de celui du Fig', comme les cailloux du Petit Poucet. Exemples : 

 

 

 

Tiré du Figaro

Et le texte de ActuaLitté, 24 heures plus tôt : 

 

 

On concédera en toute bonne foi à nos confrères que les titres et nom d’auteur compte pour un tiers de phrases. Mais les deux autres tiers ont quelque chose de vilainement semblable.

 

 

Un autre ? D'accord : Le Figaro écrit 

 

Et ActuaLitté : 

 

Fort heureusement, nous n'utilisons pas la même typographie, il eut alors été impossible de distinguer les articles. Un dernier cas ? Dans le Figaro :

 

 

Et dans ActuaLitté : 

 

 

Il y en a encore quelques-uns, comme

 

il faut revenir « aux valeurs d’antan présentes dans la littérature traditionnelle ».

 

qui chez nous apparaît comme : 

 

Que préconise le proviseur pour les enfants ? Les « valeurs d’antan présentes dans la littérature traditionnelle »

 

 

Les autres, nous vous invitons à les découvrir. C'est un peu comme de chasser les oeufs de Pâques dans le jardin de grand-mère : chaque nouvelle découverte fait pousser un petit cri de joie. Le tout, bien entendu, sans un seul lien qui aurait permis au lecteur de se dire que le Figaro respecte ses confrères, leur travail de veille, d’écriture, la confraternelle déontologie et autre netiquette, en vigueur sur la toile. Non, rien.

 

Chose amusante, Terrafemina s’est gentiment joué de ces difficultés, avec des traductions très éloignées de ce que nous avions pu produire. Après un bref calcul, on s’aperçoit que sur 500 mots d’articles du Figaro, plus d’un cinquième relève donc de l'extrême indélicatesse, opérée à grands coups de baguette pas magique.

 

Taper sur un confrère, c’est mal, mais notre petite rédaction s’est lassée des insultes obtenues, chaque fois qu’elle a tenté, par le passé, de faire entendre raison au rédacteur en chef de la rubrique culture. Il y avait en effet des précédents, avec l’affaire Amazon, en mars 2014, et, l’année suivante, une vilaine histoire d’homophobie dans la ville de Venise. Et d'autres, d'ailleurs. 

 

Chez ActuaLitté on est rodé : plus efficace que les hirondelles pour annoncer le printemps, on attend que le Figaro resserve nos papiers...

 

 

Mise à jour : 

Avec la dextérité de Lucky Luke, François Aubel, rédacteur en chef culture du Figaro nous a présenté ce qui ressemble à des excuses. Nous lui savons gré de cette diligence :