Frederic Prokosch, Ulysse brûlé par le soleil : “Ferme tes yeux ma chérie”

La rédaction - 08.06.2016

Zone 51 - Chez Wam - Frederic Prokosch poésie - Ulysse brûlé par le soleil recueil - marché poésie paris


Ce 8 juin débute le Marché de la poésie dans le Quartier latin. A cette occasion, les éditions La Différence proposent, avec ActuaLitté, de retrouver quotidiennement deux poèmes. Pour notre seconde étape, voici Frederic Prokosch et un texte du recueil Ulysse brûlé par le soleil. Le livre a été traduit de l’anglais par Michel Bulteau, avec une préface de Claude Michel Cluny. L’ouvrage est en édition bilingue, dans la collection Orphée.

 

 

 

Né en 1908 dans le Wisconsin, décédé à Grasse en 1989, Frederic Prokosch vécut longtemps en France, au terme de voyages nombreux, de longs séjours dans des ailleurs très divers. Il réunit ses poèmes à Londres en 1944 sous le titre Lyrics. Il n’en écrira pas d’autres. Marguerite Yourcenar souhaita les traduire. Pour leur singularité, leur imprégnation ironique ou sereine des beautés d’un monde sensuel en proie aux « excentricités de l’esprit » et aux impulsions irrépressibles des passions − d’un monde soumis à la « vigilance de la haine » ? 

 

Mais la guerre estompa, surtout aux États-Unis, la notoriété du romancier des Asiatiques et de Sept Fugitifs. Tel bien d’autres qui renoncèrent tôt à la poésie, Prokosch diffusa dans ses romans toujours un peu mystérieux ce que ses poèmes avaient murmuré « au fond du vieux corridor de nos désespoirs ».

 

Venant d’Autriche-Hongrie, ses parents s’installent dans le Midwest. Il suit un cursus universitaire très classique : Yale, puis ce sera l’Angleterre, la Suède où il enseignera, un retour en Amérique. Il demeure à l’écart des courants littéraires américains comme européens ; ses personnages les plus attachants demeurent des solitaires. Il traduit Hölderlin, séjourne en Italie et enfin choisit la France pour vivre ses vingt dernières années, d’abord à Paris, puis à Grasse. Il a laissé une suite de portraits d’écrivains ou artistes très intéressants : Voix dans la nuit.

 

 

Ferme tes yeux ma chérie,

Laisse tes bras reposer enfin.

Le lac de la déception est tranquille

Le vent du désir a soufflé,

Les vagues sur les sables désespérés

Remplissent mon cœur et raccourcissent

mes jours,

Sous les caresses de tes mains vagabondes

Toutes mes douleurs s’évanouissent.

Les condors du futur s’élèvent

Vers le dôme de la stupeur

Et un million de soupirs tremblés

Jaillissent des morts insultés ;

 

Même les pyramides humaines

Flamboient maintenant avec une telle nostalgie : Ferme, mon amour, tes paupières qui palpitent, Laisse la minuit soulager ton front.

 

Au nord s’enflamme la corne d’Orion,

À l’ouest la lumière de l’Égypte.

Personne pour nous voir, personne pour nous

inquiéter

Que la nuit aveugle éternelle. 

 


Pour approfondir

Editeur : La Difference
Genre : littérature en...
Total pages : 128
Traducteur : michel bulteau
ISBN : 9782729119799

Ulysse brûlé par le soleil

de Frederic Prokosch

Né en 1908 dans le Wisconsin, décédé à Grasse en 1989, Frederic Prokosch vécut longtemps en France, au terme de voyages nombreux, de longs séjours dans des ailleurs très divers. Il réunit ses poèmes à Londres en 1944 sous le titre Lyrics. Il n'en écrira pas d'autres. Marguerite Yourcenar souhaita les traduire. Pour leur singularité, leur imprégnation ironique ou sereine des beautés d'un monde sensuel en proie aux " excentricités de l'esprit " et aux impulsions irrépressibles des passions - d'un monde soumis à la " vigilance de la haine " ? Mais la guerre estompa, surtout aux Etats-Unis, la notoriété du romancier des Asiatiques et de Sept Fugitifs. Tel bien d'autres qui renoncèrent tôt à la poésie, Prokosch diffusa dans ses romans toujours un peu mystérieux ce que ses poèmes avaient murmuré " au fond du vieux corridor de nos désespoirs ".

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