James MacBride raconte John Brown, Irlandais et abolitionniste

Nicolas Gary - 22.09.2015

Zone 51 - Chez Wam - James MacBride - musique littérature - Maison poésie


On n’assiste pas tous les soirs à une standing ovation vibrante, où le public applaudit à tout rompre, et en réclame encore. James MacBride et son quintet, The Good Lord Bird Band, étaient de passage à La Maison de la poésie pour un concert qui accompagne la sortie de son roman The Good Lord Bird (L’oiseau du bon dieu, Gallmeister). Écrivain et journaliste new-yorkais, James a su enchanter la salle, le tout dans un français rieur et facétieux.

 

 

 

Le quintet de gospel, composé de Trevor Exter (basse et violoncelle), Adam Hassen Faulk (piano), Keith Robinson (guitare et voix), Damon Due White (batterie), et bien entendu, MacBride au saxophone, a mis le feu. Les lectures, faites en français, alternent avec les sessions où le groupe fait preuve d’une énergie débordante, et contagieuse.

 

Mais déjà, à Besançon la semaine passée, le quintet avait su conquérir le public. « Si on n’y arrive pas à Paris, c’est que les Parisiens ont un problème », plaisante-t-on à l’entrée. 

 

 

 

MacBride est un hôte de qualité : narrateur captivant, drôle et détendu, il part à l’aventure sur les traces de l’histoire américaine dans son ouvrage. L’histoire est celle d’un ancien esclave de 12 ans, recueilli par John Brown, l’homme qui a mené les premières attaques contre les esclavagistes. 

 

La performance, du texte aux instruments, suit un fil que MacBride déroule avec bonheur. Il resplendit, irradie d’une joie de vivre qui se propage. Son histoire de la guerre civile américaine, il la dispense comme un bienfait, et le piano, jamais bien loin, conclut les lectures avant que les musiciens ne se lancent. Du jazz, du gospel – et fort logiquement, John Brown’s Body, ce chant de guerre inspiré par l’histoire de l’abolitionniste donne l’occasion d’une véritable fête.

 

 

 

Les cinq hommes auront tenu le public près d’une heure trente, et la foule en aurait ben repris une part, après un bis très demandé. Certes, on n’était pas dans les églises chrétiennes noires américaines, mais le quintet a su en donner un aperçu. Et MacBride poussera même le vice jusqu’au sermon : puisque la salle était venue pour le musicien et l’écrivain, ce dernier a plongé. « Vous qui en France avez vécu Charlie Hebdo [...] moi qui viens d’un pays violent et religieux, je ne vais pas vous dire quoi faire. [...] Mais les librairies indépendantes, c’est essentiel. [...] Je ne parle pas d’Amazon ou de Monoprix : les librairies, c’est une véritable liberté. »

 

Le spectacle était fort, le sermon bien ciblé : l’instant était proche de la perfection. Et le moment, réconfortant.

 

 


Pour approfondir

Editeur : Gallmeister
Genre : littÉrature...
Total pages : 448
Traducteur : françois happe
ISBN : 9782351780978

L'oiseau du Bon Dieu

de James MacBride

En 1856, Henry Shackleford, douze ans, traîne avec insouciance sa condition de jeune esclave noir. Jusqu'à ce que le légendaire abolitionniste John Brown débarque en ville avec sa bande de renégats. Henry se retrouve alors libéré malgré lui et embarqué à la suite de ce chef illuminé qui le prend pour une fille. Affublé d'une robe et d'un bonnet, le jeune garçon sera brinquebalé des forêts où campent les révoltés aux salons des philanthropes en passant par les bordels de l'Ouest, traversant quelques-unes des heures les plus marquantes du XIXè siècle américain. Dans cette épopée romanesque inventive et désopilante, récompensée par le prestigieux National Book Award en 2013, James McBride revisite avec un humour féroce et une verve truculente l'Histoire de son pays et de l'un de ses héros les plus méconnus.

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