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La Grèce entre dette et financiers, loin de l'antique Athènes

Clément Solym - 02.02.2012

Zone 51 - Chez Wam - Grèce - finances - voyage


La situation grecque est actuellement très préoccupante et revient sur le devant de la scène après des semaines où la presse l'avait oubliée. Pourtant, les négociations ont repris de plus belle, pour parvenir à une solution concernant le financement de la dette du pays. Même Angela Merkel a tenu à revenir sur ses propos, après avoir refusé de prendre part aux souffrances financières grecques.

 

Pour les Européens, le pays n'a plus vraiment aujourd'hui le goût d'aventure et le passé prestigieux de la démocratie athénienne. Foin de l'agora, de Socrate ou des sophistes. Aujourd'hui Périclès est remplacé par les banques privées, et les drachmes n'ont plus le goût d'olives juteuses...

 

 D'ailleurs, le chef de l'Église est même intervenu, pour dénoncer, dans un courrier adressé au premier ministre, Lucas Papademos, « chantages des étrangers » autant que les « mortelles recettes » de l'économie. Selon le responsable religieux, il est insensé que soient demandées « des mesures encore plus dures, douloureuses et injustes (...) de plus grandes doses d'un médicament mortel (...) pour notre économie ».

 

Cela dit, les créanciers privés pourraient, dans l'histoire, s'asseoir sur une perte de 70 %...

 

En 1788, Jean-Jacques Barthélemy, dit l'abbé Barthélemy entreprend la rédaction puis la publication de son Voyage du jeune Anacharsis en Grèce dans le milieu du IVe siècle. C'est accompagné du trait de Jean-Denis Barbié du Bocage que l'ouvrage sera publié.  

 

 

Ce Voyage, dans l'air du temps, de ce XVIIIe siècle épris de Lumières et de sciences, présente un parcours tout à la fois érudit, démontrant la connaissance de son auteur, et présente cette Grèce qui va, peu de temps après, sombrer sous les coups de l'invasion perse, emmenée par Philippe. 

 

Une étrange actualité, que celle de l'invasion, n'est-ce pas ? 

 

Voyons donc, dans ce tome 2 de l'aventure, les propos de ce jeune voyageur...

 

A télécharger ou consulter, à cette adresse

 

 

IL n'y a point de ville dans la Grèce qui présente un si grand nombre de monuments, que celle d'Athènes. De toutes parts s'elèvent des édifices respectables par leur ancienneté, ou par leur élégance. Les chefs-d'œuvre de la sculpture sont prodigués jusque dans les places publiques: ils embellissent, de concert avec ceux de la peinture, les portiques et les temples. Ici tout s'anime, tout parle aux yeux du spectateur attentif. L'histoire des monuments de ce peuple, serait l'histoire de ses exploits, de sa reconnaissance et de son culte.

 

Je n'ai ni le projet de les décrire en particulier, ni la prétention de faire passer dans l'ame de mes lecteurs, l'impression que les beautés de l'art faisaient sur la mienne. C'est un bien pour un voyageur d'avoir acquis un fonds d'émotions douces et vives, dont le souvenir se renouvelle pendant toute sa vie ; mais il ne saurait les partager avec ceux qui, ne les ayant pas éprouvées, s'intéressent toujours plus au récit de ses peines qu'à celui de ses plaisirs. J'imiterai ces interprètes qui montrent les singularités d'Olympie et de Delphes : je conduirai mon lecteur dans les différents quartiers d'Athènes : nous nous placerons aux dernières années de mon séjour dans la Grèce , et nous commencerons par aborder au Pirée.

 

Ce port qui en contient trois autres plus petits, est à l'ouest de ceux de Munychie et de Phalère, presque abandonnés aujourd'hui. On y rassemble quelquefois jusqu'à trois cents galères ; il pourrait en contenir quatre cents. Thémistocle en fit, pour ainsi dire, la découverte, quand il voulut donner une marine aux Athéniens. On y vit bientôt des marchés, des magasins, et un arsenal capable de fournir à l'armement d'un grand nombre de vaisseaux.

 

Avant que de mettre pied à terre, jetez les yeux sur le promontoire voisin. Une pierre quarrée, sans ornements , et posée sur une simple base, est le tombeau de Thémistocle. Son corps fut apporté du lieu de son exil.