Le monde de l'édition > Critiques
Mémoires assassines, Thomas H. Cook
12
Steve Farris mène une petite vie bien ordinaire entre sa femme Marie et son fils Peter dans leur maison d'Old Salsbury.
Steve fait son boulot d'architecte dans le cabinet Simpson et Love au milieu de quelques collègues « bonjour-bonsoir ». Il se satisfait de l'esprit assez peu moderniste des projets sur lesquels il travaille sans passion mais avec constance et professionnalise.
Ce qui ne l'empêche pas de passer beaucoup de temps, chez lui, sur un projet interminable, personnel et en perpétuelle évolution, de maison idéale sur lequel il travaille depuis des années avec obstination.
Cette vie bien calme, posée, contribue à lui faire oublier les fragments de son enfance perdue le jour où William, son père, petit quincaillier dans une petite bourgade du Maine, a pris son fusil et a froidement assassiné Jamie, le frère aîné de Steve, puis Laura, sa sœur, et enfin Dottie, sa mère. Puis il a vainement attendu le retour à la maison de Steve que son après midi passée chez un camarade à la sortie de l'école a finalement sauvé du massacre. En désespoir de cause, William a quitté la maison familiale et n'a jamais été retrouvé au cours de l'enquête qui a suivi.
Enseveli au fond de lui-même, cette tragédie semblait plus ou moins digérée lorsque Steve, alors qu'il travaille au cabinet Simpson et Love, reçoit la visite de Rebecca Soltero. Ecrivain, celle-ci est en train de réaliser un travail de recherche sur des hommes qui, comme le père de Steve, sans qu'aucune menace n'ait laissé présager de la chose, ont, pareillement, un jour, pris qui un fusil, qui du poison, qui un couteau et ont méticuleusement éliminé leur famille avant de disparaître. Steve, seul rescapé des massacres qu'elle étudie, représente un cas singulier par lequel elle souhaite atteindre aux motivations profondes de ces actes restés inexpliqués.
Mais remuer la boue conduit immanquablement à faire ressurgir des démons.
Voilà un roman noir comme je les aime : ciselé, sombre, lourd, oppressant, fluide comme une eau de source. Thomas H. Cook nous mène par le bout du nez dans une enquête criminelle particulièrement captivante qui sort des ornières purement policières et donne à une romancière en tentative de mettre des criminels dans des cases, dans des profils psychologiques, les motivations pour compléter les recherches infructueuses menées par la police des années auparavant.
L'écriture laisse sourdre les drames passés et à venir pas à pas, petits bouts par petits bouts, déroulant méthodiquement les enchaînements jusqu'à la crise finale inéluctable.
C'est efficace et rondement mené avec une vraie ambiance prégnante tout au long de l'histoire. De toutes façons, il me sera impossible d'en dire plus sans dévoiler une intrigue particulièrement bien ficelée.
Bref, vous l'aurez compris, si vous êtes amateur du genre, pont d'hésitation.
Et si vous n'êtes pas amateur, allez-y quand même. Sur ce volume ou sur un autre des « Editions ● 2 » qui, avec cette collection donne au livre littéralement un autre sens et un autre format.
Imprimé à l'italienne sur papier fin, les pages ne se tournent plus de droite à gauche mais de bas en haut et c'est une expérience tout à fait neuve et intéressante qui renouvelle la notion de livre « de poche » sans rien perdre de la qualité de lecture grâce à une typographie et une taille de police tout à fait classiques, dans un encombrement global encore plus restreint.
Une belle innovation qui, facétieusement, pourrait contribuer à faire converger ceux qui lisent de droite à gauche et ceux qui lisent de gauche à droite !
Par Mimiche, le dimanche 22 janvier 2012 à 15:10:54 - 0 commentaire
Mots clés :
Roman -
Policier -
Thomas H Cook -
Pointdeux
Reportages
"Bob Stein : lecture, écriture, 'Il nous faut construire un écosystème neuf'"
Penseur - panseur - de l'édition numérique
Interviews
"Nicci French : « Si on commence à se sentir en sécurité, il est temps d'arrêter »"
Pour la sortie de Lundi Mélancolie, Nicci French laisse pénétrer une intimité du double, de la fragilité et de la solitude. Avec ce qu'il faut d'humour.
Interviews
""Satellite Sisters est mon premier vrai thriller de science-fiction" (Maurice G. Dantec)"
Le retour d'un grand auteur
Interviews
"Jean-Daniel Magnin : "Je suis passionné par la question du monstre""
L'homme qui voulait écrire Matrix sans le voir...
Précédentes Suivantes
Suivez-nous
Actus
Société
Plantu met en vente des dessins originaux pour son association Cartooning for Peace
Une vente aux enchères organisée par la maison Piasa.
Acteurs numériques
Pour son application Lecture, Nokia fait appel aux services de Numilog
Avec, à la clef, 50 000 titres en français.
Scolarité France
L'Education nationale va rendre publics 17 rapports maintenus cachés
De la transparence.
Société
Disparition de la romancière Muriel Cerf
Une grande voyageuse qui s'en va.
Comics
Urban Comics réédite V pour Vendetta
Une façon de faire mieux connaître l'original.
Sondage


























Publier un commentaire