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Exclusivité chez Amazon, ou séduire l'auteur jusqu'à le déposséder

Pour 6 millions de dollars, que seriez-vous prêts à faire ?

Par Clément Solym,Le mercredi 14 décembre 2011 à 10:22:16 - 2 commentaires

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Il n'est plus possible d'envisager l'autoédition aujourd'hui sans prendre en compte Amazon. Évidemment. Et la commercialisation des textes d'auteurs indépendants, par le biais du Kindle. Amazon passe finalement son temps à bousculer l'édition - devenant concurrent des éditeurs ou remodelant complètement une approche ancienne. Mais la médaille a son revers, évidemment.

 

Au cours des dernières semaines, Amazon a racheté 450 titres jeunesse, pour les transformer en un contenu exclusif qui sera commercialisé sur Kindle Fire. En parallèle, il a proposé un contrat d'exclusivité pour les auteurs indépendants, Kindle Direct Publishing Select. Un outil plein de promesses, évidemment, et diablement séduisant, qui dévoile cependant des choses assez étranges. 

 

Si la force d'Amazon réside avant tout dans la puissance de vente, cette notion d'exclusivité s'inscrit dans un cadre précis. Il s'agit en effet de la solution de prêt de livre numérique proposée aux clients Amazon Prime. Ceux-ci peuvent emprunter gratuitement durant un mois un livre numérique, mais pour ce faire, Amazon a besoin de contenu. Et le cybermarchand a fait un gros appel du pied aux auteurs indépendants, parce que les éditeurs ont décidé de ne pas le suivre sur ce projet.

 

 

En échange d'une indemnisation encore floue, l'auteur indépendant accepte donc de proposer durant 90 jours son livre, uniquement sur Amazon. Et il doit alors obligatoirement les retirer de tout autre ebookstore concurrent. Pour l'heure, le cybermarchand a constitué un fond de 500.000 $ mais il s'élèvera à 6 millions $ fin 2012. Des chiffres séduisants, alléchants, même, mais qui cachent à peine la volonté hégémonique du marchand. 

 

C'est en effet une simple manière de détruire toute forme de concurrence et par conséquent, de devenir l'outil unique de commercialisation, dans un avenir proche. Et, corolaire, imposer à l'ensemble du marché le format Kindle, évidemment. Les critiques pointant ce comportement monopolistique n'ont pas tardé. Ainsi, la société Smashwords, qui propose un outil de diffusion aux auteurs et éditeurs indépendants, dénonce ainsi ce circuit fermé dans lequel l'auteur n'a plus même le droit de vendre son propre livre sur son blog.

 

Une exclusivité complète nuit évidemment d'un côté à la libre diffusion des oeuvres, mais surtout renforcerait la position dominante, et par là même, inquiétante d'Amazon sur le marché. Écartant ainsi Barnes & Noble, Kobo ou l'iBookstore, le risque de ne profiter que d'un seul canal de vente et de dépendre d'un unique revendeur, n'a rien de très sexy.

 

On n'hésite d'ailleurs pas à parler de pratique commerciale prédatrice, appâtant le chaland avec un gros morceau du gâteau à saisir. Miroir aux alouettes, dont il faut évidemment se méfier. 

 

Et l'on en reparlera en France dans trois ans, pour dire la même chose...

Sources : GoodeReader , ZDNet , Futurebook

Pour approfondir

Mots clés :
autoédition - Amazon - ebooks - livres

Réactions

Publié par yt75

 

Il serait quand même important de rappeler que ces histoires d'achats de publications ou œuvres liés à certains appareils ou magasins en ligne ne sont en rien une fatalité, qu'autre chose serait possible, et qu'il ne s'agit même pas d'histoire de formats(cf web), mais avant tout de structure entre acteurs et du besoin d'une nouvelle fonction, un peu plus développé ci dessous : http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/concepts-economie-numerique-draft/

Laisser deux ou trois monstres "fagociter" le marché du contenu légal avec une approche "verticale"(contenu lié à machine, fabriquant de machines, magasins en ligne, les deux ou autres), approche consistant à lier contenu et tuyaux (ou infrastructure technique en général terminaux y compris) qui était déjà celle d'un J2M par exemple. Avec tout ce que cela veut dire en termes de positions dominantes (propres règles de censure(apple), pourcentages obligés vis à vis des créateurs/éditeurs(apple, amazon), gg se positionnant sur le contenu payant et commencant à retirer les liens MU et autres des résultats de recherche, compte facebook obligatoire pour service spotify, etc, etc), est vraiment quelque peu ridicule, surtout quand quasiment TOUT est là pour qu'il en soit autrement.

Écrit le 14/12/2011 à 13:38

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Publié par Aliocha

 

On a encore de la chance, en Europe, d'avoir un marché où l'epub est bien plus développé, ça va freiner l'implantation d'Amazon avec ses liseuses qui ont une génération de retard (voire deux pour le dernier modèle) et un format propriétaire moisi.

Écrit le 14/12/2011 à 14:38

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