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Hausse de la TVA pour le livre : Paris contre le gouvernement

La poële à le droit de se moquer du poêlon, évidemment...

Par Nicolas Gary,Le lundi 02 avril 2012 à 17:13:06 - 1 commentaire

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C'est désormais officiel, depuis ce 1er avril, la hausse de la TVA sur tous les livres est en vigueur. Livres papier, donc, et livres numériques, évidemment. Si dans le premier cas, c'est un peu douloureux, dans le second, cela fera respirer un peu le marché, puisque le précédent taux était de 19,6 %. Donc les livres seront un poil plus chers, pour participer à l'effort de guerre national.

 

Mais de son côté, passé la journée du dimanche 1er avril, jour de bonnes ou mauvaises plaisanteries, la Ville de Paris tient à prendre position ouvertement contre le gouvernement, et le plan de rigueur Fillon II, qui avait entraîné une hausse de 5,5 % à 7 %. Selon la Ville, cette décision « ne contribue nullement à combler le déficit public, mais fragilise grandement les acteurs du secteur de la diffusion culturelle, tout particulièrement les librairies indépendantes ».

 

 

 

Et mieux encore : avec une hausse de la TVA, c'est l'exception culturelle française et « la démocratisation de la lecture » que le gouvernement met en péril, alors que depuis 1981, non seulement les livres profitent d'un taux réduit, mais également d'un prix unique. La prochaine décision du gouvernement sera-t-elle de remettre en question ce dernier ? « Personne n'ignore que, malgré ces règles, la marge nette moyenne des libraires est très faible et que l'ensemble des acteurs de la chaîne du livre est extrêmement fragile économiquement », souligne ainsi la Ville. 

 

Une ville dans laquelle les poumons éditoriaux se gonflent d'un air vivifiant et renouvelé, assure-t-on, dans une énumération longue comme le bras de projets et d'initiatives. Ainsi, dans un inventaire à la Prévert :  

exonération de la taxe professionnelle pour les libraires bénéficiant du label LIR, création du « Labo de l'Edition », redynamisation des 217 bouquinistes, rachat de locaux et ouverture de librairies dans la Quartier Latin par la Semaest...

 

« Force est aujourd'hui de constater que le gouvernement est resté totalement sourd aux appels de l'ensemble des acteurs de l'édition et de la librairie pour défendre le livre et sauvegarder la filière, comme à la demande formulée le 23 novembre dernier par Bertrand Delanoë suite au vœu adopté par la Conseil de Paris contre la hausse de la TVA. »  

 

Mais la Ville de Paris a aussi la mémoire courte : sans dérouler un inventaire prévertien, on pourrait en effet se souvenir que ces derniers mois, la Ville a, par exemple, tranché amplement dans les budgets des bibliothèques - avec près de 300.000 € de budget en moins. Ou encore décrété la fermeture de plusieurs établissements parisiens, en dépit de la mobilisation d'auteurs. Elle a également préféré annuler l'édition 2012 de Paris en toutes lettres, présidentielle et budget contraignant à d'autres manoeuvres.

 

Et puis, c'est sans compter les librairies menacées de fermeture, qui n'ont trouvé que porte close en sollicitant les services de la Ville. Quant au Labo de l'édition, il laisse encore bien dubitatif sur son intérêt...

 

Enfin, si Paris vaut bien une messe, Delanoë peut bien trouver une arche...

Pour approfondir



Réactions

Publié par Virginie Rouxel

 

Bonjour Nicolas,
Les start-up hébergées et accompagnées au sein de l'incubateur du Labo de l'édition trouvent dans l'existence de divers dispositifs adaptés (prestations mutualisées ou individualisées, suivi personnalisé, accès possible à des fonds de financement de l'innovation, synergie sur une même thématique) des outils leur permettant de se développer. Le système des incubateurs, tout en assumant une part de risque, a prouvé son efficacité dans le taux de survie des entreprises qu'ils accompagnent, génératrices d'emplois. Le développement économique est un autre angle d'analyse que celui de l'action culturelle auquel vous rattachez notre objet dans la fin de votre article. Ce qui ne veut pas dire que ces deux référents soient incompatibles, puisque le développement de solutions innovantes, quand elles sont également accessibles à des entités économiques fragiles, favorise bien évidemment in fine le maintien de la diversité éditoriale.
Différents publics professionnels viennent par ailleurs chercher dans les ateliers, formations ou conférences que le Labo propose des fondamentaux ou des mises à jour qui leur font défaut, des outils d'adaptation aux mutations en cours, et ce à un coût nul ou très abordable. Je suis surprise qu'ayant vous-même animé le mois dernier au Labo de l'édition une table ronde sur les « nouveaux métiers de l'édition », à l'initiative de Sup'edit, vous vous interrogiez sur l'intérêt de cette structure : le public présent le 7 mars (110 personnes quand même, beaucoup de professionnels issus d'un monde traditionnel de l'édition sans doute moins bien informé que vous sur les bouleversements en cours) a trouvé très intéressants les débats et l'information qu'il a retirée des différentes interventions.
Le Labo de l'édition a été inauguré en décembre dernier. C'est une structure jeune qui prévoit dans les mois à venir plusieurs développements, dont un show-room proposant des activités associées aux nouveaux supports de lecture.
Nous sommes bien sûr ouverts à la critique, mais aussi aux suggestions et aux propositions. N'hésitez pas.

Bien cordialement,

Virginie Rouxel, déléguée générale du Labo de l'édition.

Écrit le 21/04/2012 à 11:55

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