Lecture numérique > Législation > Actualité

Le piratage sept fois plus important en Espagne qu'en France

Que l'on respecte les créateurs, demande José Manuel Lara

Le lundi 14 octobre 2013 à 15:57:06 - 4 commentaires

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

La veille de la remise du Premio Planeta, prix récompensant un roman en langue espagnole, le grand patron du groupe Planeta, Jose Manuel Lara, en a appelé au sens civique des contribuables. Mais également aux législateurs espagnols, afin qu'ils mettent en place un modèle faisant respecter la propriété intellectuelle. 

 

 

Preciados

La Manta, commerce de rue sauvage

Daquella manera, CC BY 2.0

 

 

À l'occasion d'une conférence de presse, le grand patron du groupe, propriétaire en France du groupe éditorial Editis, a déploré qu'en Espagne, le piratage soit sept fois plus important qu'en France. Et surtout, il n'a jamais vu quelque chose qui se pratique couramment en Espagne : des rues piétonnes avec des CD et DVD piratés, un commerce baptisé la manta. Etalés sur des couvertures, ces produits culturels sont rempaquetés en une fraction de seconde, pour disparaître de l'oeil policier. 

 

En Espagne, un vendeur de la manta, les manteros, encourt entre six mois et deux années de prison. Mais surtout, il existe un Top Manta, sorte de best-sellers des produits les plus sollicités sur ce marché noir. L'industrie de la musique s'est souvent plainte de cette concurrence déloyale pratiquée à même le sol, avec des tarifs largement inférieurs aux prix pratiqués dans les boutiques. CD, DVD, jeux vidéo et autres produits contrefaits comme les vêtements ou les montres sont bien évidemment proposés aux chalands. 

 

Lara peste donc contre cette tendance, et voit d'un très mauvais oeil que des Top Manta dans le livre numérique font leur apparition. 

 

Si, en Espagne, les discussions entre l'industrie du cinéma et le ministre des Finances, Cristobal Montoro, ont donné des occasions de se réjouir, elles n'ont finalement pas de sens si elles ne protègent pas la création. Raison pour laquelle il demande aux citoyens de consommer des produits culturels en usant de leur sens civique, et de ne pas piller les auteurs.

 

« Chaque euro qui est économisé pour un livre numérique permet aux lecteurs de réaliser une économie, mais sacrifie la propriété intellectuelle d'une personne, qui ne percevra pas cet euro : c'est ce qui est sacré », estime-t-il. Et pour illustrer son propos, il prend l'exemple du piratage qui aura tant nui aux musiciens que certains sont obligés de revenir à des spectacles de rue.

 

Ironie, bien évidemment accentuée par l'écrivain Rosa Regas, présente durant cette conférence de presse, pour qui « on ne peut pas s'imaginer [un auteur] en train de lire dans la rue », pour compenser les pertes occasionnées par le piratage.  (via La informacion)

 

En juin dernier, auteurs et éditeurs avaient déjà réclamé l'aide du gouvernement espagnol, considérant le déclin des ventes et l'augmentation du piratage d'ebooks. 

 

Selon les données de GfK, l'année 2012 aura été celle du développement du livre numérique. On recense ainsi une multiplication par 6 des ventes, de 2 millions € en 2011 à 12 millions € pour 2012. Le prix moyen tourne désormais autour de 8,5 €, et devrait se stabiliser à 7,8 € en 2013. Soit deux fois moins qu'en 2011, où le prix était à peine plus bas que celui d'un exemplaire papier, à 14 €. Par ailleurs, l'étude salue l'effort des éditeurs espagnols, avec près de 30.000 références numériques désormais disponibles sur le marché. Et la croissance prévue d'ici à 2015 sera encore plus importante, avec 23 % de parts de marché estimées.

Pour approfondir

photo Gary Nicolas

   

Directeur de la publication de ActuaLitté. Homme de la situation.

 

Mots clés :
Groupe Planeta - Espagne - piratage - propriété intellectuelle



Réactions

Publié par Moi0298

 

Tant que les intermédiaires, désormais majoritairement inutiles, se permettront de pomper tout le fric des consommateur et d'en reverser une part minime à l'artiste pour se justifier la situation ne changera pas.

Et dépenser des millions en lobbying pour criminaliser le consommateur sous prétexte d'une crise due à une évolution des usages, c'est vraiment marcher sur la tête et contre-productif : je boycotte, purement, simplement.

Écrit le 15/10/2013 à 09:47

Répondre | Alerter

Publié par lifo70

 

Félicitation pour votre incitation à la fraude.
Quelle "part minime" reversez vous à l'artiste lorsque vous achetez dans la rue un CD/DVD piraté?

Écrit le 15/10/2013 à 10:10

Répondre | Alerter

Publié par lifo70

 

Félicitation pour votre incitation à la fraude.
Quelle "part minime" reversez vous à l'artiste lorsque vous achetez dans la rue un CD/DVD piraté?

Écrit le 15/10/2013 à 10:10

Répondre | Alerter

Publié par lifo70

 

Félicitation pour votre incitation à la fraude.
Quelle "part minime" reversez vous à l'artiste lorsque vous achetez dans la rue un CD/DVD piraté?

Écrit le 15/10/2013 à 10:10

Répondre | Alerter

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Suivez-nous

Désinscription

Les blogs de la rédaction

La traversée du chien, Pierre Puchot

Quatrième de couverture : « Elle se tient là, à trente kilomètres de Paris, cette immense ville-cité de la Grande Borne, [...]

Aperçu sur la littérature dite « populiste » – Un article à paraître en Roumanie

Chers lecteurs de Roumanie, Une pluie épaisse comme une soupe tombe depuis plusieurs jours sur Paris. On se croirait en automne. [...]

Devenir son propre livre : « La boucle du relieur », 48ème nouvelle du Projet Bradbury

Je ne m'en cache pas. D'ailleurs, ce n'est plus un secret pour personne : même si je suis fier d'avoir [...]

Livre numérique gratuit

Sondage

Les éditeurs et la promotion des livres : paroles d'auteur

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com