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Les Chats de Copenhague, conte pour enfant inédit de James Joyce

Destiné à son petit-fils, comme une gourmandise sans sucre

Par Nicolas Gary,Le vendredi 10 février 2012 à 09:22:44 - 1 commentaire

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L'intraduisible Joyce, tombé dans le domaine public cette année, vient de lever le voile sur une oeuvre inédite, un conte pour enfants, The Cats of Copenhagen, véritable écho à un autre texte de l'auteur, The Cat and The Devil. Dans ce dernier, l'auteur irlandais raconte comment le diable a construit un pont au-dessus d'une rivière française en une seule nuit...

 

L'éditrice de Ithys Press, Anastasia Herbert, qui publie le conte inédit, explique que ce « petit bijou », reflète « un aspect plus léger de Joyce, son sens de l'humour, quelque chose qui peut être qualifié de près ou de loin d'absurde ». De fait, le conte a éré rédigé dans une lettre envoyée par l'auteur à son petit-fils, Stephen James Joyce, alors que le romancier vivait au Danemark et son petit-fils en France. (via Guardian)

 

Un tirage limité de l'oeuvre, à 200 exemplaires illustrés, est proposé pour 300 à 1200 €. 

 

Et l'éditrice d'ajouter que début août, en 1936, Joyce, fit parvenir à son petit-fils un chat rempli de bonbons. Et c'est en cherchant un cadeau similaire, alors qu'il se trouvait à Copenhague, qu'il écrit cette lettre : « Hélas, je ne peux pas vous envoyer un Chat de Copenhague, parce qu'il n'y a pas de chats [contenant des bonbons] à Copenhague. » De là le départ de l'intrigue, et le texte qui en découlera. 

 

 

 

Cette petite oeuvre ne verra le jour que dans un courrier du 5 septembre 1936, et que l'on a retrouvé depuis à la Fondation James Joyce de Zurich. Une fondation qui n'est d'ailleurs pas du tout d'accord avec la publication de ce livre, un véritable « outrage » estime-t-elle, ajoutant qu'elle n'a jamais donné son autorisation pour la parution de ce livre.

 

« Nous avons été complètement mis de côté et ignorés. C'est simplement un minimum de décence que de demander au propriétaire. Nous sommes indignés. Nous n'avons pas eu le contrôle sur cette histoire injuste et nous ne nous sentons pas simplement ignorés, mais aussi lésés », explique Fritz Senn, responsable de la Fondation.

 

L'autre grande question est de savoir si ce texte va relever du domaine public, puisqu'en Europe, et depuis le 1er janvier, les textes de Joyce ne sont plus sous le régime du droit d'auteur. « Nous estimons que tout l'ensemble immense d'oeuvres non publiées est toujours sous copyright, c'est donc, selon nous, une violation du droit d'auteur », conclut Fritz.

 

Mais l'éditrice de Ithys n'est pas vraiment de cet avis. « Une publication comme celle The Cats of Copenhagen est légale et valable, et toute tentative d'interférer avec sa libre diffusion est tout à la fois illégale et moralement répréhensible », a-t-elle fait savoir dans un communiqué.  

 

En outre, la fondationn n'a aucun droit sur les oeuvres de Joyce, assure-t-elle, et les oeuvres qu'elle détient lui ont été gratuitement remises, sans qu'elle ne dispose d'aucune force juridique pour faire-valoir un quelconque droit d'auteur sur les texte découverts. 

 

De fait, il faudrait presque comprendre que la Fondation est piquée au vif de n'avoir pas pensé à publier ce texte en premier - voire que son rôle serait remis en question, pour n'avois pas su correctement exploiter le fonds d'archives dont elle dispose. 

 

« Le livre a été conçu, non pas comme un exercice mercantile, mais vu comme un hommage soigné à un tout autre Joyce, le père de famille et le grand-père, qui était un merveilleux conteur, un peu comme son propre père, Stanislaus. » 

 

Un hommage à 300 € minimum, il fallait l'oser... 

Pour approfondir



Réactions

Publié par Estève

 

Je regrette de ne pas voir signalé dans votre critique de cet ouvrage des informations détaillées sur la matérialité de ce livre d'un certain prix :
papier ?
mise en page ?
typographie, typographe, caractères utilisés
Impression ? numérique ?
Illustrations ?
qu'est ce qui justifie cette différence de prix de 300 à 1200 ???

bien à vous

Écrit le 01/03/2012 à 10:47

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