Bd , mangas et comics > Univers BD > Actualité

Portrait d'un lecteur de bande dessinée en 2013 : étude Babelio

Au faîte de la question

Le vendredi 21 juin 2013 à 11:15:00 - 3 commentaires

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

En s'appuyant sur les volontaires de leur base d'utilisateurs, le réseau social Babelio peut proposer à intervalles réguliers des études sur différents secteurs de l'édition. Cette fois, le site s'est tourné vers les phylactères et la bande dessinée, afin d'en tirer quelques vues sur l'un des secteurs les plus dynamiques de l'industrie du livre.

 

 

De gauche à droite : Guillaume Teisseire (Babelio), Christophe Evans (BPI), Églantine Gabarre (Delcourt), Pierre Krause (a.k.a. Bibalice, Babelio)

 

 

Grâce à quelque 2400 grands lecteurs inscrits sur le réseau social du livre, Babelio a pu proposer sa propre étude sur la bande dessinée, « en réponse » à celle du ministère de la Culture, datant de 2012. La présence de Christophe Evans, chargé d'études en sociologie au service Études et recherche de la Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou, et coauteur de l'étude « La lecture de bandes dessinées », viendra en tout cas renforcer le débat d'une vue sociologique plus macroscopique.

 

En effet, l'étude de Babelio s'applique surtout aux grands lecteurs, ou plutôt grandes lectrices (80 % des 2403 interrogés, 18-44 ans pour les tranches d'âge, moyenne 3 livres/mois), qui constituent l'essentiel du public du réseau social. Première donnée, « la bande dessinée n'est pas un genre mineur » dans l'esprit collectif de ces grands lecteurs, qui s'y sont généralement essayés. Comme le note Églantine Gabarre, responsable marketing des Editions Delcourt, tous les sujets sont d'ailleurs ouverts à la BD, désormais : musique, sciences, famille, politique...

 

Toutefois,  les grands lecteurs de Babelio comme l'ensemble de la population française lisent entre 0 et 9 BDs par an, et possèdent de 10 à 49 albums, en proportions plus ou moins égales à celles des Français. Leurs connaissances en la matière vont un peu plus loin que les indétrônables Blake et Mortimer, Corto Maltese ou Pieds Nickelés, jusqu'à des personnages plus « confidentiels » comme L'Incal. Et, comme l'ensemble de la population française, lisent des bandes dessinées sans leur attribuer de périodes particulières, mais la relecture est plus rare. Enfin, les grands lecteurs achètent et empruntent plus que la moyenne, ce qui n'étonnera personne.

 

Une diversité à défendre, des libraires à préserver 

 

À ce titre, la France apparaît encore comme « la terre d'élection de la bande dessinée, avec 80 revues spécialisées, des festivals, une cité internationale... » énumère Christophe Evans, qui ne s'arrête pas à une analyse consensuelle : la bande dessinée pourrait être plus valorisée, notamment par le système éducatif. « J'ai l'impression que l'on perd du terrain, y compris sur la diversité », explique-t-il.

 

En effet, sur les 1545 grands lecteurs de bande dessinée sur Babelio, le genre traditionnel de la BD franco-belge est lu par 83,3 % d'entre eux, suivi par les romans graphiques, les mangas ou les comics. 

 

Les points de vente semblent essentiels pour la découverte des titres BD : pour 36 % des 1459 interrogés, ils constituent le premier moyen de découvrir de nouvelles références, devant les médias et Babelio lui-même. Librairie, grande surface culturelle et Internet occupent le podium du lieu d'achat, selon une répartition plutôt équilibrée. À ce titre, les 48h BD constituaient donc un bon moyen, pour les éditeurs, de rendre l'appareil aux librairies. Dessin, scénario, sujet ou thème, autant de raisons qui décideront ensuite les grands lecteurs, tandis que la maison d'édition ou la collection, elles, n'arrivent que loin derrière...

 

Côté manifestation, « nous étions étonnés, la participation est plutôt équilibrée, et Angoulême n'écrase pas tout », explique Guillaume Teisseire. Malgré un formulaire qui offre une notoriété assistée aux festivals (en proposant leurs noms aux lecteurs), la connaissance des manifestations semble à la hauteur.

 

Des pratiques de lecteur et d'auteur modifiées par le numérique


Les pratiques autour de la bande dessinée sont en mutation, mais n'affichent pas encore un tout nouveau paradigme : « 42 % des personnes lisent extraits bd en ligne, plus que les bandes-annonces, à 25 %, qui sont pourtant beaucoup plus lourdes à produire. » Le crowdfunding, pour financer des titres choisis, reste marginal à 3 % d'usagers pour 1500 interrogés.

La bande dessinée numérique trouve peu à peu son public : en dehors des blogs BD, qui sont depuis longtemps sous les feux médiatiques, 18,7 % de 1481 interrogés lisent des titres numériques, en invoquant le gain de place ou l'accessibilité comme avantages, même si la lecture s'effectue encore en majorité sur ordinateur (avec la montée de la tablette, bien sûr). À l'inverse, l'objet bande dessinée semble encore plus important auprès des lecteurs que l'objet roman : odeur, couleur, grain du papier sont généralement mis en avant.

 

Angoulême 2012 FIBD

Les canaux d'achat, en matière de bande dessinée numérique, surprendront peu : Amazon en 1er, suivi par le partage illégal en ligne, canalyse la majeure partie de l'offre : les sites de librairies indépendantes (physiques ou numériques) ne pointent qu'en 6e et 7e positions. Toutefois, « les lecteurs qui piratent le font en complément d'une offre numérique légale, et pourront être rattrapé par une consommation 100 % légale avec le développement de l'offre », note Guillaume Teisseire. 

 

Le piratage, les traductions spontanées via Scantrad, ont « modifiés le rythme de traduction et de publication », souligne Églantine Gabarre des Éditions Delcourt, tandis que l'exploitation des licences s'est développée vers la création d'univers déclinés en romans, bandes dessinées, séries... Le modèle du 48CC (48 pages, cartonné et couleur) est irrémédiablement en déclin.

Du côté des auteurs, évoqués par Églantine Gabarre, responsable marketing, promotion contenu, partenariat culturel print et web aux Éditions Delcourt, les pratiques ont également été modifiées : « La capacité créative des auteurs BD est assez impressionnante, ils passent d'un média à un autre avec facilité. » Ces auteurs 2.0 font de bonnes ventes, mais les best-sellers numériques sont généralement des best-sellers papier, rappelle-t-elle.

À côté des mutations des sujets, la responsable marketing chez Delcourt note l'apparition de « bandes de dessinateurs, comme les bandes d'humoristes ». Via des publications comme Professeur Cyclope ou Mauvais Esprit, mais également avec le développement d'un humour générationnel. Cela conduit parfois à une disparition de l'étiquette BD, dans le cas d'albums avec un seul dessin par page, et non une série de cases ou de strips.

Pour des créations plus expérimentales, Églantine Gabarre note l'apparition de nouveaux genres, comme le turbo média, ou le transmédia : « Les lecteurs sont prêts », estime-t-elle en tout cas.

 

 

Pour approfondir

photo Oury Antoine

   

Rédacteur en chef adjoint. Créateur du Juke-Books littéraire. Sensible aux questions sociales. A l'écoute sur http://www.coupdoreille.fr

 

Mots clés :
bande dessinée - Babelio - grands lecteurs - étude



Réactions

Publié par Guillaume

 

Merci pour cet article.

Petit détail : c'est Pierre Krause et non Pierre Fremaux sur la photo !

Écrit le 21/06/2013 à 11:28

Répondre | Alerter

Publié par Trypto

 

Les héros de BD proposés, sauf Naruto, ont tous plus de 40 d'âge moyen. Dommage de ressentir cette vision passéiste portée sur le genre.
L'expression exacte est "rendre la pareille" (6ème paragraphe)

Écrit le 23/06/2013 à 10:58

Répondre | Alerter

Publié par tonycomicsgroupe

 

Le numérique n'as pas amélioré la qualité des bds mais à plus changer notre mode de lecture et d'appréciation des auteurs. Après tout, d'un simple clic vous pouvez ajouter une couleurs sur une grande surface, et d'un autre clic ajouter un dégradé d'enfer. La bd numérique n'est qu'un prototype aujourd'hui, sa se cherche. On voit des bds numérique simple et d'autres qui s'approche du dessin animée dont vous êtes l'acteur-lecteur. TCG, mon club de dessin travaille à 90 % en numérique.

Écrit le 23/06/2013 à 11:53

Répondre | Alerter

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Suivez-nous

Désinscription

Les blogs de la rédaction

Mon nom est Dieu, Pia Petersen

Présentation de l'éditeur : Jeune journaliste à Los Angeles, Morgane devrait a priori se méfier de ce SDF dépressif et [...]

La tête sous l'eau

Le corps, une fois dans l'eau et en profondeur, remonte toujours à la surface. Il est comme une bouée, un ballon : il [...]

Index des articles parus sur les ensablés depuis 2011 – réouverture du blogue fin août

Chers lecteurs, voici les vacances et l'occasion de lire, découvrir ou redécouvrir des auteurs oubliés. Vous trouverez [...]

Livre numérique gratuit

Sondage

Un abonnement pour les livres numériques, en illimité, ça vous inspire quoi ?

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com