Affaire Anne Ratier : “J’ai offert la mort à mon fils” ou “J’ai assassiné mon fils” ?

Tsaag Valren - 23.03.2019

Tribune - Affaire Anne Ratier - enfant handicap mort


Début mars, le site Konbini publiait l’une de ces vidéos-buzz dont il a le secret : l’interview d’Anne Ratier, une mère qui a tué son enfant handicapé le jour de ses trois ans. La médiatisation de son ouvrage J'ai offert la mort à mon fils empoisonne depuis la vie des handis français.

Life
Mike Maguire, CC BY 2.0

 
Est-il légitime de publier un ouvrage décrivant un meurtre après le délai de prescription de celui-ci ? C’est l’une des questions que soulève la parution, le mois dernier, de J'ai offert la mort à mon fils, chez City éditions. La vidéo-buzz de Konbini a fait plus de 2,5 millions de vue en trois jours, tous médias confondus.



Le titre seul de cet ouvrage fait tiquer, ou bondir, c’est selon… car si le récit d’Anne Ratier est présenté comme l’autobiographie d’une mère qui a elle-même beaucoup souffert, avant d’ « abréger les souffrances » de son enfant, de l’autre point de vue, celui des personnes handicapées, il s’agit d’un meurtre, dont le récit serait “rentabilisé” grâce au buzz.

L’intervieweur Hugo Clément semble par là bien candide lorsqu’il affirme que seuls des fondamentalistes religieux pourraient être choqués par les propos d’Anne Ratier concernant l’ « euthanasie » des enfants handicapés. Au risque de recevoir un point Godwin, le dernier régime qui employa le terme d’ « euthanasie » pour qualifier des meurtres de masse d’enfants handicapés, après une vaste propagande médiatique, fut… le Troisième Reich (voir Wikipedia).

Ce qui explique en grande partie la réaction unanime et immédiate des collectifs de personnes handicapées après la médiatisation d’Anne Ratier et de son livre. Depuis, le CLHEE (Collectif Lutte et Handicaps pour l'Egalité et l'Emancipation) et le CLE (Collectif pour la liberté d’expression des autistes), entre autres, sont en quête de clés médiatiques pour répondre à ce qu’ils ressentent comme une attaque contre le droit des handis à la vie.
 

“Offrir la mort” versus l’Implacable Code Pénal


Elisa Rojas, l’une des rares femmes biclassées en situation de handicap et juriste de formation, n’y va pas par quatre chemins : « Comment vous dire… sans être catholique, au risque de vous décevoir, Monsieur Hugo Clément, il n’y a pas doute si l’on s’en réfère aux définitions du meurtre et de l’assassinat données par le code pénal. […] Quand une personne tue une autre personne qui se trouve être handicapée, ce n’est pas un acte d’amour émouvant, c’est un meurtre. Si l’auteur a préparé les choses avec minutie avant de passer à l’acte, il y a préméditation, c’est un assassinat. »

« Assassinat » : le mot semble gêner. Peut-on employer ce même mot pour qualifier l’acte de « miséricorde » d’Anne Ratier, et pour des terroristes et tueurs de masse ? Juridiquement, oui. Même s’il n’y a pas condamnation, il s'agit bien d'un meurtre, comme le rappellent les spécialistes du Dalloz dans leur analyse de cette « affaire Anne Ratier ». Éthiquement… le problème essentiel réside dans le fait que Frédéric, le fils d’Anne Ratier, n’avait jamais demandé à mourir.
 

Un ouvrage légitime ?


Depuis, le buzz est retombé, les propos se sont apaisés, et Anne Ratier a rappelé dans ses dernières interviews, notamment sur Europe 1, qu’elle témoigne d’abord de son expérience dans un ouvrage autobiographique, sans promouvoir de politique eugéniste contre les personnes handicapées.

Reste à savoir, comme pour conclure un bon roman policier, à qui profite le crime ?

Car les droits d’éditeur et d’auteur générés grâce à l’intense médiatisation de J'ai offert la mort à mon fils n’iront vraisemblablement pas dans la poche des handicapés !


Commentaires
J'ai vraiment été choqué par le récit de cette "méré". J'ai eu l'occasion , je dirais même la chance de travailler avec des personnes en situation de handicape. Des adultes épanouis, des personnes incroyables. J'ai eu l'occasion de rencontrer des proches aussi de ses personnes, conjoint(e)s, père , mère. Et ce qui m'a le plus marqué c'est l'amour qu'ils/elles avaient pour leurs femmes/maris enfants. On ne décide pas de la maladie de sa femme, de l'accident de son mari ou du handicape de naissance de son enfants. Peu importe les projets qui étaient les notres. Alors trouver une excuse à ça , à un infanticide , le camoufler derrière un acte d'amour je ne le comprends pas. Il y a tellement de choses à faire pour que les personnes en situation de handicape n'ai plus à vivre une ostracisation social, ne rajoutons pas le droit au meurtre à la liste ...
Je souhaitais préciser que le parquet de Toulouse étudie l'ouverture d'une inculpation pour « meurtre avec préméditation sur mineur vulnérable de moins de 15 ans » contre Anne Ratier, d'après La Dépêche du midi et Hondelatte avant-hier.

https://www.ladepeche.fr/2019/03/20/anne-ratier-mere-de-frederic-pourquoi-jai-offert-la-mort-a-mon-fils,8079515.php
La justice fait bien. Elle peut même faire ce qu'elle veut, condamner encore et encore. Sur un tout autre sujet, qui est peut-être le symbole de sa stupidité : le cannabis. 90
Il parle lui-même de "meurtre avec préméditation". Je crois que les handicapés devraient être les premiers à défendre le cas de cette mère. S'ils préfères vivre sans leur mère que de mourir, c'est qu'ils ont au moins la possibilité d'exprimer un choix. Ce que n'avait pas Frédéric. Votre article m'indigne. Et vous aussi vous devriez être indigné. Cette mère aurait du voir sa vie condamnée à voir un enfant léthargique. Vous devriez vous réveiller et voir la réalité en face. Personne de devrait avoir à "non-vivre" comme ça. Car, quand on subit la vie, on ne vit pas. Les handicapés devraient être les premiers à défendre le droit de mourir plutôt que d'avoir une vie indigne, le corps médical et l'état français devraient accompagner ces parents et respecter le choix quand il leur est offert. Je suis de tout cœur avec cette mère. Vous avez cependant raison sur un point, les droits du livre devraient être reversés à une association d'handicapés. Personne écrivant sur ce sujet ne devrait être bénéficiaire des droits d'auteur. Ce sont des livres qui ne devrait servir qu'à faire avancer les idées.
"Les handicapés devraient être les premiers à défendre le droit de mourir plutôt que d'avoir une vie indigne, le corps médical et l'état français devraient accompagner ces parents et respecter le choix quand il leur est offert."

Vous êtes choquant.... "Vous êtes pas content, vous avez qu'à crever, et remerciez nous de vous accorder la mort! Bande d'Ingrats!"
[...] seront punis de 5 ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende ceux qui, par l'un des moyens énoncés à l'article 23, auront directement provoqué, dans le cas où cette provocation n'aurait pas été suivie d'effet, à commettre l'une des infractions suivantes :



1° Les atteintes volontaires à la vie, les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne et les agressions sexuelles, définies par le livre II du code pénal ;



... Bonne journée, monsieur Fred.
Vous m'avez mal comprise, je paraphrase Benoît Cazals, est je trouve ça immonde.

Et oui rappelez la loi, effectivement, entre ce livre et ce type de commentaire , elle est tout à propos
Vous êtes tous fiers là qu’un tas de chair dont ont ne sait s’il est en souffrance, végétatif ou « dans la plénitude » continue à vivre jusqu’a sa mort biologique, « na-tu-rel-le » ! C’est indigne, je crois que finalement les pro-Life ont contaminé vos cerveau. La vie à tous prix. Bravo … oh les vieux relents de christianisme … LOL
Dans une société où la discrimination est la norme, où l'exclusion est systémique, oui sans doute il existe plus de personnes handicapées que des personnes typiques qui souhaitent se suicider. Notons qui souhaitent, qui ont donc l'auto-détermination pour le faire, pas comme cet enfant qui subit le désir de sa mère de vivre.



Si elle souhaite s'affranchir de son devoir de mère, et bien qu'elle l'affiche clairement non comme un acte altruiste parés de vertus lamentables mais comme un acte égoïste et punissable.
Commentaire extrêmement nombriliste. Comment osez vous parler au nom des personnes concernées ainsi ???? Je suis répugnée. Je m'excuse, mais VOUS ne connaissez rien au handicap. Vous parlez de dignité, mais il ne s'agit là que de VOTRE dignité et petite personne ingrate. Sortez un peu le regard de votre nombril, ce qui est bon pour vous ne l'est pas forcément pour les autres. De quel droit vous pouvez dire ce qui aurait rendu heureux cet enfant ou non ? De quel droit pouvez vous imposer vos critère de la dignité aux autres et en conséquence estimer qui doit mourir ? J'ai un handicap, léger, certe, mais un handicap de naissance. Peut-être serais-je plus heureuse si j'était née autrement, mais dans le fait, je n'en sait fichtre rien ! Et vous savez pourquoi ? Parce que je n'ai jamais vécu dans la peau d'un valide, donc je ne peux que me faire une idée, d'après le regard des autres, de ce que c'est, mais rien ne me dit que j'aurais été mieux. Je vis juste avec, comme chacun en se monde vit avec ce qu'il est. Et si un jour quelqu'un a la prétention de me croire malheureuse à cause de mon handicap, il comprendra vite qu'il n'en sait mais alors rien du tout.



Et avant que vous me sortiez des "légume" et Cie, cet enfant pouvais RIRE. Si ce n'est pas révélateur. Le rire nous renseigne sur deux choses: l'enfant pouvait communiquer. Et l'enfant pouvait vivre des sentiments agréables. À partir de là, allez me dire comment vous savez que sa vie ne pouvait pas être digne.



Et puis mon cher, tuer quelqu'un au profit d'une vie plus agréable, ou pour reprendre dans vos mots "tuer quelqu'un pour pouvoir vivre une vie plutôt que de survivre" c'est le summum de l'égoïsme et du crime. C'est ingrat au possible. D'autant plus dans un pays où des solutions (imparfaites, certe) existent pour se décharger!!!!
Trop d’inepties pour moi (avec une vielle odeur de religieux). L’homme est la pire des bêtes. Sans doute vos exemples d’humanismes dans leurs valeurs et leurs comportements font partie de celles et ceux qui tuent ... sans limite, détruisent cette planète. Ravi que le monstre que je sois vous fasse bondir. Personnellement, j’en reste à ma position partant du postulat, que ce que je dis est vrai. Et pour info, selon sa mère (LA VILAINE) ses sourires étaient dus à des stimulations. Allé, vivement le Selfie avec Vincent LAMBERT cheese
"Trop d’inepties pour moi" et vous n'aviez pas encore posté ce message



"L’homme est la pire des bêtes. Sans doute vos exemples d’humanismes dans leurs valeurs et leurs comportements font partie de celles et ceux qui tuent ... " outre la syntaxe plus qu'approximative qui rend la phrase peu compréhensible, j'imagine que ça doit ressembler à une "attaque ad personam" doublée d'argument d'autorité



"Personnellement, j’en reste à ma position partant du postulat, que ce que je dis est vrai." Desproges le disait de façon meilleure, mais nous n'en doutions pas



"Et pour info, selon sa mère (LA VILAINE) ses sourires étaient dus à des stimulations. " Oui selon ce critère vous aviez aussi un handicap cognitif à son âge





Merci pour votre participation décisive au débat
Monsieur Cazals, "les personnes handicapées" ne constituent pas un groupe social homogène. Il y a d'énormes différences en terme de parcours de vie et de besoins de soutien. Cette diversité va des familles extrêmement soudées autour de leur enfant handicapé jusqu'aux mises à la porte à l'âge de 18 ans pour de jeunes adultes qui se sont entendus répétés toute leur enfance que leur mère aurait préféré qu'ils n'existent pas : pour cette raison parmi d'autres (institutionnalisation forcée, etc), le taux de SDF autistes est d'environ 12 % (source NAS) alors que la prévalence de l'autisme est de 1 % en population générale.



Un fait constant : dès lors qu'une personne n'a pas de moyens de s'exprimer (sourdaveugle, autiste non-verbal, etc), ses ressentis sont interprétés à sa place.

Qui peut décider du désir de vivre d'un(e) autre ? Par ailleurs, comme le rappelle bien Elisa Rojas, ce n'est pas parce qu'une personne handicapée exprime à un moment de sa vie le désir de mourir qu'il faudrait immédiatement le lui accorder : c'est avant tout une personne suicidaire... et l'on peut d'abord chercher, à tout hasard, si l'on ne pourrait pas améliorer ses conditions de vie.
La plupart de ceux qui parlent n'ont jamais eu à charge un enfant lourdement handicapé. Vous parlez sans savoir, juste avec des principes, juste avec des idéaux. Sachez qu'en dépit de l'amour porté à son enfant handicapé sévèrement, c'est tout le quotidien d'un couple qui explose, le quotidien d'un foyer, cela explose tout les projets d'une famille pour l'avenir. Ça c'est la réalité. Et ce n'est pas la loi ou les gens ignorant qui parlent sans savoir qui vont aider le couple, aussi soudé soit-il à surmonter tout ça.

Sachez qu'un enfant handicapé sévèrement ne survit que grâce à l'amour et au dévouement de son ou ses parents ainsi que grâce à l'aide du corps médical.

Et lorsque les parents mourront vous occuperez vous de cet enfant malade ? Est ce vous et vos belles paroles qui prendront en charge l'avenir de cet enfant ? Est-ce que vous paierez les frais médicaux nécessaires à son bien être ?



On ne choisi pas d'avoir un enfant handicapé sévèrement, il faut savoir que malgré les progrès de la médecine cela peut vous tomber dessus brutalement.

Sachez que l'handicape sévère d'un enfant est autant subit par l'enfant que par ses parents. Et ce n'est ni une vie pour cet enfant, ni une vie pour ses parents.



Essayer de prendre un peu de hauteur et de vous imaginer une seule seconde à la place de cette mère, qui soyez en sûr à dû réfléchir à toutes les possibilités avant de donner la mort à son petit, qui de toute manière était déjà condamné puisque en état de léthargie.



Grandissez les gens, vous ne connaissez rien à la vie d'un enfant véritablement malade ! Vous ne connaissez rien à la vie d'une famille dont on sait quasiment à la naissance que l'enfant ne sera jamais autonome, qu'il ne marchera jamais, qu'il ne respirera jamais sans assistance, qu'il ne fera jamais ses études, qu'il n'aura jamais une vraie vie, ou juste une vie normale.
"c'est tout le quotidien d'un couple qui explose, le quotidien d'un foyer, cela explose tout les projets d'une famille pour l'avenir"

"On ne choisi pas d'avoir un enfant handicapé sévèrement"

Et? Tuons les personnes handicapées?



Et pour que les choses soient claires pour vous et Cazals, et toutes personnes qui passe par là avec des grand "c'était un légume", "un amas de chair", "il n'avait pas de conscience"... Dans son livre est écrit je cite:

"(Le Mari)...Tu le vois bien tourner la tête quand tu entres dans sa chambre? Et puis le moindre bruit lui fait peur

Alors en rentrant on fait des test, on met Frédéric sur les genoux de mon mari, j'allume une lampe, je me déplace,j’éteins la lampe,je l’appelle : Frédéric ? Il tourne son beau visage vers moi"

Donc pas de "léthargie" ni "de tas de chair", ça c'est ce que vous vous dîtes pour dépersonnaliser l'être humain qui a été assassiné pour vous rassurez sur la "bienveillance" de votre haine.

Cet enfant n'était pas sous assistance respiratoire avec un encéphalogramme plat, c'est à dire en mort cérébrale.C'était un être humain vivant. Et absolument personne, ni ses parents, ni le corps médical, ni l'état n'était en droit de mettre fin à sa vie.

Et si ça "vous arrive", vous n'êtes pas autorisé à tuer votre enfant au motif que vous n’appréciè pas son avenir hypothétique dans lequel vous ne vous projetez pas, ou au motif qu'il "perturbe" le cours de l'existence que vous vous étiez choisis...

ça n'est ni catho, ni utopique, c'est la loi.

Si ça vous plaît pas ne faîtes pas d'enfants.
Donc en fait, je ne dois pas écrire français. Je ne parlais pas précisément de cet enfant, mais d'une hypothèse. Si en effet, il s'avère qu'il y avait un moyen de déterminer (même en partie) son appréciation de la vie, tout aussi minimale soit-elle, je ne me prononcerai pas de la même manière.



D'ailleurs, loin de moi de prétendre être en mesure de placer le(s) curseur(s).



Mais vous fermez la porte à toute réflexion ce qui en soit pose problème et qui à minima le révèle. Il n'y a pas de mal à se poser la question et voir dans quelles mesures les choses peuvent évoluer (mais peut-être pas avec vous). Quant à mon avis très personnel, le droit et la médecine seront un jour d'accord sur ces sujet (du moins dans les grandes lignes). Il ne restera que les réfractaires comme vous pour se souvenir du bon vieux temps, où on pouvait encore se la jouer pro-life.



PS : Je n'aurai pas d'enfant (à moins d'un miracle), au moins nous sommes d'accord sur un point.
Bonjour,

Dommage que le journaliste de Konbini, Hugo Clément, n'ait pas accepté la proposition de Benoît et Marie-Axelle Clermont qui voulaient témoigner de leur choix d'accompagner leur enfant jusqu'au bout.

Un petit manque d'objectivité...
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.