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Affaire French Pulp : les ex-salariés et auteurs interpellent le SNE

Auteur invité - 04.03.2020

Tribune - French Pulp Editions - Nathalie Carpentier - auteurs salariés SNE


À situation inédite, réaction inédite. Un collectif réunissant d’anciens salariés et des auteurs de la maison French Pulp en appelle… au président du Syndicat national de l’édition. Vincent Montagne est interpellé dans une lettre ouverte, suite à de dysfonctionnements sérieux et avérés dans l’entreprise. Et en l’absence de réponse de la gérante, membre du SNE, le collectif se tourne vers l’autorité la plus à même de lui répondre.

La lettre ouverte est ici reproduite dans son intégralité.


pixabay licence


Lettre ouverte des auteurs et anciens salariés de French Pulp éditions à Monsieur le Président du syndicat des éditeurs,


Monsieur le Président, nous savons que votre syndicat a beaucoup de dossiers à traiter. Le rapport Racine et tant d’autres choses.

Cependant, nous, collectif des Auteurs et anciens Salariés de French Pulp éditions, maison membre de votre organisation, sommes inquiets. Et nous n’obtenons aucune réponse de la gérante, Madame Nathalie Carpentier. Le propre d’un syndicat étant de défendre ses membres, et plus encore d’instaurer une éthique dans la profession, nous vous adressons la présente lettre ouverte.

Peut-être saurez-vous nous éclairer, ou à défaut, apporter votre avis sur ce qui se trame en ce moment autour de French Pulp éditions ?

Depuis plus de trois mois, aucun salarié n’a perçu son salaire, ce qui relève d’un manquement grave aux obligations de l’employeur. French Pulp éditions n’a pas non plus exécuté les condamnations prononcées par le Conseil de prud’hommes de Paris à ce titre. Dans le cas précis où l’on ne peut plus rémunérer ses salariés, la gérante ne devrait-elle pas placer sa société sous sauvegarde ? Là, rien n’est fait. Les salariés ne peuvent donc être indemnisés par le fonds de garantie.
 
À l’heure actuelle, French Pulp éditions a licencié ses salariés sans transmettre les documents nécessaires à leur prise en charge par Pôle Emploi et sans leur verser les indemnités correspondantes. Les salariés subissent donc de plein fouet cette cessation brutale de rémunération sans visibilité pour l’avenir.

Sur une quarantaine d’auteurs, six n’ont pas obtenu le versement des à-valoirs contractuellement dus par French Pulp édition qui s’y étaient pourtant engagée, des redditions comptes manquent et les légitimes demandes de remboursements de frais de transport pour les salons et dédicaces restent lettres mortes. Est-ce normal ?

Les droits annexes sur les ouvrages, droits étrangers, cessions poche, droits audiovisuels, souffrent de semblables carences. Comment un auteur accepterait de découvrir, par le plus grand des hasards, que son texte avait été cédé en Italie ?

Madame Carpentier a initié des collections dans sa maison d’édition. Des collections dont la publication a commencé, puis cessé, sans jamais en informer les directeurs de collection concernés… Pour avoir défendu cette profession, resterez-vous insensible à de tels comportements ?

Depuis le 3 février 2020, plus aucun ouvrage n’est disponible auprès d’Interforum, qu’il soit sous format papier, ou numérique. Les auteurs se voient dans l’obligation d’annuler dédicaces et salons sans savoir ce qu’il va advenir de leurs romans. 
 
Les démarches de Madame Carpentier pour trouver un nouveau diffuseur distributeur n’ont pas porté leur fruit… Or, l’article 3.2 des contrats d’édition précise : « L’éditeur s’engage à assurer une exploitation permanente et suivie de l’œuvre et à lui procurer par une diffusion dans le public et auprès des tiers susceptibles d’être intéressés, les conditions favorables à son exploitation sous les formes et conditions prévues au présent contrat. » Ce n’est plus le cas : que faire, Monsieur le Président ?

De même l’article 8, alinéa 1, indique que l’éditeur doit « présenter l’ouvrage comme disponible dans au moins une des principales bases de données interprofessionnelles répertoriant les œuvres disponibles commercialement ».
L’article 15.1, pour la diffusion numérique, note qu’« afin d’assurer l’exploitation permanente et suivie de l’édition numérique de l’œuvre, l’éditeur est tenu d’assurer une diffusion active de l’œuvre pour lui donner toutes ses chances de succès auprès du public ».

Quant au 15.2, il impose de « la rendre accessible à la vente, dans un format numérique non propriétaire, sur un ou plusieurs sites en ligne, selon le modèle commercial en vigueur dans le secteur éditorial considéré ».

Avec tant d’engagements non respectés, quelle valeur ont encore les contrats signés ?

Et plus encore, que vont devenir nos ouvrages ? Certains auteurs ont eu la mauvaise surprise de les retrouver chez un soldeur, Maxilivres, sans en avoir été prévenus — contrairement à ce que stipule leur contrat. Certains ouvrages ainsi soldés sauvagement n’avaient pas même deux ans d’ancienneté. Sont-ce là des méthodes que cautionne votre Syndicat ?

Si un soldeur se portait acquéreur, serait-il responsable en cas de procès qu’intenterait un auteur ? N’existe-t-il pas un protocole à suivre avant de solder un ouvrage ? Est-il légal que des ouvrages de moins d’un an, et pour lesquels les auteurs n’ont même pas touché l’avance, pourtant prévue dans leur contrat d’édition, se retrouvent soldés ?

Sans communication de Madame Nathalie Carpentier, les interrogations affluent, tant des salariés que des auteurs, et nous nous tournons collectivement vers vous. Quel est l’objectif de cette éditrice ? Qu’en sera-t-il, de nos droits, alors que nous nous sentons piégés, sans échappatoire ?

On nous opposera que les difficultés financières, hélas, arrivent fréquemment dans le monde de l’édition. En ce cas, comment fut-il possible de réaliser de coûteux investissements, aboutissant à ce que les salaires ne soient plus payés dès novembre 2019 ? Devons-nous alors être les victimes d’une gestion préoccupante, d’un mépris manifeste pour le droit des auteurs, d’une désinvolture caractérisée ?

Nous avons appris qu’une nouvelle structure serait en train de voir le jour : certains ex-salariés avaient travaillé sur le projet. Est-il possible que soient ainsi effacées les dettes de French Pulp éditions ? L’accepterez-vous comme membre, en regard des éléments évoqués — toutes les preuves sont d’ailleurs tenues à votre disposition, Monsieur le Président.

Il est bien difficile pour nous d’y voir clair dans l’opacité de French Pulp éditions, nous vous saurons gré de toute l’attention que vous nous consacrerez.

Veuillez agréer, Monsieur, nos sentiments les meilleurs.


Le collectif des auteurs et anciens Salariés de French Pulp Éditions :
Jean-Luc Bizien, David Coulon, Jean-Charles Fauque, Anthelme Hauchecorne, Nicolas Lebel, Jérôme Leroy, Laurent Malot, Frédéric Mars, Emma Mars, Ludovic Miserole, Nadine Monfils, Sébastien Mousse, Gaëlle Perrin, Stanislas Petrosky, Jean-Marc Pitte, Michel Quint, Guillaume Ramezi, Jacques Saussey, Marc Viret, Anna Wyle, Mélie Wolff, Gilbert Gallerne, Aurore Boudet, Danielle Thiéry, Lionel Olivier.


Commentaires
L’attitude Mme Carpentier est intolérable ! Tant vis à vis de ses salariés que des auteurs qu’elle a publiés..... De plus, certaines de ses publications sont parues non corrigées, parfois illisibles compte tenu du nombre de (appelées pudiquement) coquilles!!!!! Quelle bonne idée ai je eu de le lui faire remarquer: sa seule réponse, ( orale) ne fut qu’insulte........
Je ne suis pas dans la liste car j'ai eu la chance de pouvoir récupérer mes droits avant la publication (lettre recommandée AR). Toujours est-il que j'ai perdu un roman par la malhonnêteté de cette personne. La vie est pleine de surprise, madame Carpentier, et le monde est petit.
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