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#AuteursEnColère : Le jour où la France s'arrêta, par Denis Bajram

Auteur invité - 28.06.2018

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Depuis plusieurs semaines, les auteurs haussent le ton : les rémunérations ne sont pas mirobolantes, et plusieurs réformes de leur sécurité sociale menacent encore leurs revenus. En face, éditeurs et pouvoirs publics se renvoient la balle. Denis Bajram, auteur, dessinateur et scénariste de bande dessinée, cocréateur des États généraux de la bande dessinée, décrit dans une tribune ce qui attend la création française si la situation ne change pas...


Par Denis Bajram, auteur


Denis Bajram

Denis Bajram, en 2015 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)



 

Le jour où la France s’arrêta

 

Connaissez-vous la prospective ? Elle consiste non pas à prévoir précisément l’avenir, mais à réfléchir à des futurs possibles pour notre société. Elle est censée aider à prévoir les risques et à prendre des décisions stratégiques. Depuis des décennies, je pratique cet exercice de pensée en tant qu’auteur de science-fiction, mais aussi en tant que professionnel du livre qui pense l’avenir de l’édition.

 

Hier et aujourd’hui

 

Je me souviens qu’au début des années 2000, j’avais tenté d’alerter mes collègues auteurs, mais aussi les éditeurs que je connaissais, d’un gros risque de surproduction de livres. Chaque année, de plus en plus de titres paraissaient, de nouveaux éditeurs se lançaient dans l’aventure, de plus en plus d’auteurs pouvaient publier. Il paraissait évident que ce formidable dynamisme créatif et éditorial allait finir par saturer les librairies. Il paraissait tout aussi évident que la plupart des auteurs allaient voir leur part du gâteau se réduire avec tous ces confrères en plus : le gâteau, c’est-à-dire le porte-monnaie des lecteurs, n’est pas extensible à l’infini… Je me souviens que j’avais pourtant récolté, au mieux, de l’indifférence, mais le plus souvent des réactions assez goguenardes. On était en pleine euphorie dans la bande dessinée, et dans pas mal d’autres secteurs éditoriaux… 

 

Le temps m’a hélas donné raison. Le chiffre d’affaires de l’édition oscille depuis 30 ans entre 2,4 et 2,8 milliards (en euros constants). Quant au nombre de nouveautés publiées, il a doublé, en gros, tous les 20 ans pour atteindre les 80 000 titres aujourd’hui. En bande dessinée, le nombre de titres a plus que quadruplé depuis l’an 2000, passant de 1 100 à plus de 5 000 aujourd’hui. 

 

Cette croissance des titres s’est accompagnée, comme prévu, d’une paupérisation croissante des auteurs. Elle a, en échange, permis à plus d’auteurs de publier des travaux très variés. En bande dessinée, nous avons connu un véritable âge d’or créatif. Mais même cette explosion créative a atteint ses limites : la dégradation des conditions de vie de la très grande majorité des auteurs ne peut pas ne pas rester sans conséquence sur la qualité de leurs œuvres. Les auteurs acceptent de plus en plus de compromis créatifs, des commandes d’éditeurs inadaptées, ils acceptent de plus en plus souvent de faire des livres qui ne leur ressemblent pas. Beaucoup se perdent dans des petits boulots en parallèles, qui les éloignent de leur travail créatif. Et, avouons-le, beaucoup trop se retrouvent à devoir bâcler de plus en plus. Pourquoi ? Tout simplement pour produire plus, vu que chaque titre rapporte de moins en moins. Tout ça pour tenter de maintenir leur petit bateau juste au-dessus de la ligne de flottaison.

 

Et c’est précisément ce moment que choisit l’État pour charger la barque des auteurs. Au risque de la faire couler brusquement. Il faut dire qu’à la fin des années 70 ce même État leur avait fait un beau cadeau en créant l’AGESSA, un régime de sécurité sociale adapté à leurs difficultés. L’idée était simple : des prélèvements sociaux seraient perçus sur tous les droits d’auteurs pour que les créateurs qui n’avaient pas une sécurité sociale puissent s’affilier. Car la grande majorité des auteurs ont en fait déjà un travail, vu qu’ils ne veulent ou ne peuvent pas vivre de leurs seuls droits. Aujourd’hui, sur 55 000 auteurs de livres qui cotisent, seuls 2 500 sont réellement affiliés à l'AGESSA. Beaucoup ont sans doute une profession en parallèle. Mais beaucoup d’autres n’ont en fait pas du tout de sécurité sociale : pour être affiliés, leurs revenus d’auteur doivent dépasser un seuil assez modeste, en gros la moitié d’un SMIC brut annuel. Hélas, trop d’auteurs, pourtant à plein temps, n’arrivent plus à gagner cette faible somme aujourd’hui.

 

En 2014, déjà, une très importante hausse de la retraite complémentaire des auteurs, le RAAP, avait fait tanguer leur barque, et en avait noyé quelques-uns. C’est à ce moment que Benoit Peeters, Valérie Mangin et moi avions créé les États Généraux de la Bande Dessinée en parallèle à la mobilisation du SNAC BD. Nous avions lancé une grande enquête à laquelle près de 1500 auteurs avaient répondu. Elle avait révélé une situation encore plus détériorée que nous l’avions craint. Et une tendance très nette à la baisse des revenus.

 

Mais cette explosion des cotisations de retraite complémentaire n’était que le début. En 2017, nous découvrions que la hausse de la CSG n’était pas compensée pour les auteurs et artistes comme elle devait l’être pour tous les actifs de ce pays. Après des mois de luttes, nous avons obtenu une promesse de compensation, mais ses modalités techniques ne sont toujours pas définies… À croire qu’il n’y a aucune urgence à éviter une perte de presque 1 % de revenu à une population déjà très précaire…

 

Pour 2019, le pire reste à venir. Quid du prélèvement à la source ? Les auteurs ont des revenus très aléatoires, assez imprévisibles, et parfois versés une seule fois par an. Ils auraient besoin d’un système spécifique pour que le payement de l’impôt ne grève pas leur trésorerie déjà souvent en grande difficulté. Enfin, en 2019, c’est aussi les régimes spécifiques de sécurité sociale des auteurs et des artistes que l’État démantèle, en transférant le plus gros de l’activité à l’URSAFF.

Le plus effrayant est que l’État impose sa feuille de route comme si les auteurs n’étaient pas déjà en grande difficulté. Les organisations d’auteurs et d’artistes qui réclamaient une concertation sur le dossier de la sécurité sociale depuis 5 ans ont découvert un projet déjà tout ficelé. Il faut réaliser que les métiers d’auteurs et d’artistes sont multiples, spécialisés et chacun très particulier. Les équilibres sont, déjà à la base, extrêmement précaires. Avec une évidente méconnaissance des spécificités de nos métiers, les pouvoirs publics réforment à la hache sur des bateaux qui prennent déjà trop souvent l’eau…


Rassemblement des artistes auteurs devant le ministère de la Culture

Manifestation des artistes auteurs devant le ministère de la Culture (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

Toutes les organisations d’auteurs ont donc convoqué des États Généraux du Livre. Ils ont convié le Président de la République, le Premier ministre, la ministre de la Culture et celle des Affaires Sociales à venir expliquer pourquoi ils refusent toute concertation aux auteurs sur des reformes qui les concernent au premier chef, et sur lesquelles seuls les auteurs et artistes ont une expertise évidente. Le gouvernement a préféré répondre par la politique de la chaise vide. 

 

La pression médiatique et celle sur les réseaux sociaux ont tout de même abouti à une mission interministérielle. Mais il est très tard, tout semble avoir été décidé, et janvier 2019 est dans six petits mois… Il paraît très difficile de faire comprendre à l’État qu’il faut tout suspendre pour prendre le temps de construire une bonne réforme. 

 

Demain, si ce n’est aujourd’hui

 

Revenons à la prospective. Projetons-nous dans l’avenir. Suivons le chemin sur lequel nous sommes engagés. Écrivons un des scénarios probables en partant du fait que l’État impose donc des réformes inadaptées aux auteurs et aux artistes. 

 

Parmi tous ceux pour qui la hausse de la retraite complémentaire avait déjà été la voie d’eau de trop, beaucoup passent sous la ligne de flottaison : problèmes de trésorerie, recouvrements en augmentation… Certains arrêteront, s’ils en ont la possibilité. Ce sont en général les auteurs qui ont eu un petit succès et qui peuvent se recycler ailleurs. Il y a toujours des admirateurs pour leur confier du travail dans l’industrie culturelle du cinéma, du jeu vidéo. Ou bien ils deviennent directeurs de collection ou professeurs en école d’Art. 
 

Mais il n’y aura pas de place pour tout le monde, surtout pour ceux pour qui le métier était déjà ingrat. Tous ceux qui font ça depuis 15 ou 20 ans n’ont d’autre choix que de continuer comme ils le peuvent. Ils s’accrochent à leur petit bateau devenu radeau. Ils travaillent encore plus, cassent encore plus leurs prix pour trouver des projets. C’est ça ou le chômage, à part que les auteurs n’y ont pas droit, au chômage. C’est donc ça ou le RSA. 

 

Tirées vers le bas par l’offre, les avances sur droits continuent donc à diminuer. Les jeunes auteurs qui arrivent acceptent ces conditions de plus en plus mauvaises. Il faut dire que pour pouvoir tenir son premier livre avec son nom sur la couverture, on est souvent prêt à tous les sacrifices. Pour pouvoir continuer aussi. C’est la métaphore de la file d’attente : quand on arrive, il y a une longue file, mais on se dit que ça vaut le coup. Plus on reste dans la file, plus on se dit qu’on ne va pas quand même pas avoir fait tout ça pour rien. Même si le but semble ne pas assez se rapprocher, on continue… Pour beaucoup d’auteurs, la file d’attente sera simplement sans fin : le succès, qu’il soit critique ou commercial, ne viendra jamais couronner leur investissement. Ils se sont fait coincer par l’illusion initiale que la file d’attente ne serait pas très longue, que s’ils se donnaient à fond, ils obtiendraient bien une récompense pour tous leurs efforts à un moment ou un autre. De plus en plus se payent même des écoles d’Art privées en espérant atteindre plus vite le succès, alors que de fait ils ont investi une petite fortune dans une loterie où très peu gagneront.

 

Les éditeurs n’ont à ce moment aucune raison de s’opposer à ce mouvement. Eux-mêmes, pour pouvoir publier de plus en plus, ont réduit tous les coûts.


Les auteurs refont Mai 68 à Angoulême

Dessin de Morvandiau (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


 

Et soudainement, à un moment, pour les jeunes qui rêvaient de devenir auteurs, cela va devenir évident que c’est une loterie quasiment ingagnable, qu’il ne faut pas aller dans cette file d’attente, que c’est trop dur et que les résultats sont devenus trop aléatoires. 

 

Les plus « start-up nation » partiront prendre des postes dans l’industrie culturelle. L’édition y perdra sans doute les plus aptes à faire les best-sellers de demain. En plus, nul ne dit que les créateurs français, en particulier les dessinateurs, n’iront pas se réfugier dans les pays qui voudront bien leur offrir des perspectives. Les Français sont réputés pour leur créativité dans le monde entier : beaucoup préfèreront s’expatrier plutôt que de renoncer à leurs rêves. Enfin, la plupart de ceux qui resteront prendra un autre travail, et essayera de continuer à créer dans le cadre de ses loisirs, probablement sur Internet pour la plupart, et vers les plateformes de publication des géants américains. C’est ce qui se passe déjà en littérature, c’est ce qui attend les secteurs jeunesse et bande dessinée. En quelques années, on va passer d’un trop-plein de volontaires pour devenir auteurs professionnels à une pénurie.

 

Tous les secteurs de l’édition française qui sont aujourd’hui gavés à l’auteur pro pas cher vont devoir réapprendre à bricoler avec des créateurs peu disponibles. Il va quasiment devenir impossible de tenir des délais de parutions rapprochées pour un auteur, et de maintenir le système des séries qui a pourtant été si rentable dans la bande dessinée, par exemple, et auquel la série TV, le manga ou les auteurs young adults anglo-saxons ont habitué le public. De plus, la promotion reposant aujourd’hui déjà principalement sur les auteurs, il va aussi devenir de plus en plus en plus difficile de soutenir les lancements. Les best-sellers vont donc continuer à se faire de plus en plus rares. En plus, les maisons d’édition vont se retrouver à se battre pour les quelques auteurs qui trouveront le succès sur Internet comme elles se battent déjà aujourd’hui pour traduire les best-sellers étrangers. La rentabilité de la plupart des best-sellers en sera donc lourdement affectée.

 

Il est donc possible que l’édition entre à ce moment dans une crise digne de celle que les maisons de disques ont connue avec le piratage.

 

Il serait trop long de développer ici tous les scénarios possibles. Mais je n’en ai pas trouvé un seul qui ne soit pas au minimum pessimiste…

 

Après demain

 

Que se passera-t-il si les auteurs et l’édition française connaissent une crise majeure ? Il est à craindre qu’elle ne contamine toute l’industrie culturelle française, et même au-delà.

 

Il faut bien réaliser que dans le domaine des arts narratifs, le livre a un statut économique très particulier. Réaliser un film, une série TV, un jeu vidéo ou monter une pièce de théâtre, tout cela coûte la plupart du temps très cher. Le budget du moindre petit film indépendant est de 2 millions d’euros. Si on parle de plus en plus souvent en centaines de millions dans le cinéma, la série TV ou le jeu vidéo, dans l’édition, on parle modestement en dizaines de milliers d’euros. C’est normal, un livre, est réalisé par seulement quelques personnes et non par des centaines comme dans l’audiovisuel. Oui, l’économie du livre est très légère, cela explique qu’elle soit regardée avec un certain dédain parfois. Cette économie légère, voire low-cost aujourd’hui, a pourtant pour elle un énorme avantage : on peut y prendre des risques beaucoup plus facilement qu’ailleurs. On y laisse même encore souvent des auteurs faire un peu ce qui leur passe par la tête. Le livre est encore un grand lieu de liberté, d’invention et d’expérimentation. Il est devenu, de fait, le laboratoire de recherche et développement des grandes industries culturelles. Et on sait ce qui advient quand une société rogne sur la recherche et le développement : elle périclite rapidement.

 

Mais ce problème pourrait aller au-delà de l’audiovisuel. Les artistes sont autant menacés par les réformes que les auteurs. Quid de l’inventivité de notre industrie du luxe ? De l’automobile ? Et notre attractivité touristique ? Peut-elle survivre à un effondrement culturel du pays ? Bref, c’est toute la « french touch » économique qui vit des recherches menées à faible coût par les artistes et les auteurs. Nous sommes les premiers de cordée de toute cette réussite créative. Si nous tombons, tout le monde tombera avec nous.

 

Si aujourd’hui les éditeurs comme les pouvoirs publics ne comprennent pas le danger, s’ils continuent tous à agir comme si notre créativité pouvait résister à tous les coups, alors il y aura une catastrophe. 

 

C’est déjà arrivé à d’autres pays. L’Italie était, toujours, un des pays les plus créatifs au monde dans les années 70. Fellini valait Hitchcock, le western mangeait des spaghettis, on lisait partout Moravia, Buzzati, Calvino, la bande dessinée italienne était la plus productive d‘Europe, c’est même là qu’on réalisait les aventures de Mickey et Donald. Où est passée cette Italie aujourd’hui ? Comment un si grand pays a-t-il pu être sorti aussi rapidement de la culture mondiale ?

 

Gaëlle Nohant : “Je vis de ma plume.
Survis serait plus juste”

 

La France n’est pas à l’abri d’un tel destin. Il faut en avoir pleinement conscience. C’est le seul moyen d’éviter un tel avenir. Je consacrerai un prochain texte à parler de ce qu’il faudrait profondément repenser pour inverser la tendance.

 

Évidemment, tout cela est très simplifié, c’est le principe de la prospective comme de l’anticipation de mettre le focus sur quelques éléments et de regarder comment ils se comportent dans le temps. La réalité est toujours bien plus complexe et chaotique. Mais les grandes tensions que je dessine dans ce texte sont déjà à l’œuvre. J’espère que l’avenir me donnera tort. Ne serait-ce que parce que nous aurons fait ce qu’il faut pour échapper à ce destin.  Je ne voudrais surtout pas être celui qui aurait prédit le jour où la France s’arrêta.

 

 




Commentaires

À l'origine, le droit d'auteur est un droit de propriété, pas une rémunération pour un temps de travail et encore moins un permis de chasse.



Alors, par quel tour de passe-passe avons-nous pu confondre TRAVAIL avec PROPRIÉTÉ ?

L'AGESSA serait-elle une erreur historique ?



f*
Ce qui est un erreur historique c'est de considérer un avance sur droits d'auteur du 8% du prix du livre HT sur ventes la seule rémunération pour celui/celle qui a CREÉ le produit. Il faut d'abord payer le travail, et puis payer (pas offrir!) les royalties sur tirage (pas sur ventes!). Comment?! L'éditeur prend un risque économique?! Bon, c'est pour ça qu'il touche 40% du prix du livre vendu en librairie, et 100
Ce qui est un erreur historique est considérer le 8% du prix du livre HT la seule rémunération à un auteur en échange du droit d'exploiter son oeuvre sans limites, revendre les droits, en faire produits dérivés, etc, etc. On dirait que le but des éditeurs est de gagner de l'argent n'importe comment. On dirait qu'ils s'en foutent s'ils mettent en extinction les auteurs... ils pourront quand même commercer avec une autre marchandise.

Historiquement, les royalties étaient un plus, mais il y avait aussi un fixe pour la création.
C'est un beau discours mais je ne comprends pas son sens. Il y a 65000 artistes déclarés en France dont la moitié sont des musiciens, un tiers des acteurs, un tiers des peintres, sculpteurs et écrivains. Il y a 3000 auteurs de bds. Et puis il y a 1,65 millions de smicards et près de 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. 6 millions de chomeurs.

J'ai l'impression qu'être un artiste aujourd'hui c'est exiger avant tout une reconnaissance sociale avec les avantages de n'importe quel travailleur. Je croyais que c'était un sacerdoce, une voie qu'on empruntait par nécessité intellectuelle ou émotionnelle, pour faire passer un message, pour s'exprimer quitte à en perdre la raison ou la vie. Passons directement au point godwin du genre : Van Gogh, Modigliani, Vermeer, Gauguin, Poe, Dickinson. Tous morts dans la pauvreté mais riches de ce qu'ils avaient à offrir. Qui sont les artistes d'aujourd'hui ? Des faiseurs pour la plupart, sans talent pour la grande majorité, sans technique pour certains et très médiocre pour d'autres. Combien d'artistes vivent aux dépends d'un conjoint, d'une famille ou de l'état dans l'espoir que la fortune viendra ? C'est tout le vice de l'économie d'un Art qui est mort depuis qu'il a rempli le compte en banque de quelques-uns. Il faudrait commencer à faire le ménage dans tout ça. Artiste ne peut pas être un métier, c'est une condition, un parcours intérieur avant d'être extérieur, un choix égoïste dont on doit assumer toutes les conséquences sauf à tomber dans les travers d'un télé-crochet qui vous assurera une si minable notoriété. Dans le fond l'Art n'a pas échappé à la décadence de nos sociétés pourries gâtées, et vous artistes n'êtes plus que des singes à se battre pour des cacahuètes, sans plus aucune âme ni aucun destin. ohh
Vous avez raison: vous ne comprenez pas.

On parle de l'industrie la plus importante de France après le tourisme (et avant même l'automobile!). Pourtant, ceux qui créent le produit ne peuvent pas vivre de leur travail. Alors qu'ils sont aussi peu nombreux?!

Ne comparez pas avec les chômeurs. Les chômeurs ne travaillent pas et gagnent beaucoup plus que la majorité des auteurs, qui travaillent beaucoup! (et qui par ailleurs n'ont pas de droit au chômage!)

Si vous pensez qu'un vrai artiste doit être pauvre à mourir, peut être vous ne considérez Velazquez, Michelangelo, Leonardo, etc des vrais artistes...
Voilà le genre d'affirmations qui ne peut que faire reculer un débat de fond parce qu'il est erroné et partial.

Les principaux secteur d'activité en France sont : l'agriculture, le tourisme, la télécommunication et l'énergie. Et bien sûr "l'industrie". Dans l'industrie, les domaines les plus importants sont : l'aéronautique, l'électronique, le nucléaire, la pharmacie, la cosmétique et l'automobile. L'industrie du livre arrive bien après et représente la branche culturelle la plus importante. Évitons de raconter des histoires.

Affirmer également que "Les chômeurs ne travaillent pas et gagnent beaucoup plus que la majorité des auteurs" non seulement c'est faux mais c'est un argument grotesque. Et demeure une différence primordiale : un chômeur ne choisit pas sa condition, un auteur si.
Si l'on veut préserver l'activité touristique de la France, cela passe d'abord par une politique de sécurité. Ensuite pour le culturel il s'agira d'empêcher que les églises soient détruites. Car les bus d'étrangers qui viennent encore, le font pour des monuments datant d'il y a deux siècles et bien plus. C'est factuel.
Boujour Denis,

Je suis très touché par ce text et j’espère qu’un maximum de gens vont le lire et avoir le même sentiment que moi.

La France est un grand pays mais malheureusement gouverné par des gens qui font trop souvent la sourde oreille aux problèmes du peuple. Je lits beaucoup de bande dessinée je le doit à mon père car ils nous faisaient rêvé mes frères et moi avec sa collection. Je suis de tous cœur avec vous et je souhaite de tous mes veux que pour une fois ils vous écouteront.
Denis Bajram a raison !!! Je suis un "fou" de BD et j'ai 57 ans et je suis atterré de voir la production croissante d'œuvres pas toujours de qualité et c'est ce qu'explique particulièrement bien Denis Bajram....n'y a t'il pas aussi une responsabilité de la part des éditeurs, pourquoi aller vers toujours plus en terme de parutions, ou il faut baisser les coûts mais pourquoi ne pas augmenter la qualité certes il y aura moins d'acheteurs mais peut être plus de bénéfices pour les auteurs retenus car et je suis désolé de voir la condition de vie des auteurs car ce métier doit être valorisé à sa juste valeur, quel bonheur d'ouvrir une BD de regarder la construction des planches d'imaginer les heures qu'a du passer le dessinateur, de regarder sa technique et de dérouler les cases dans sa tête..mais c'est ca le bonheur ( oui je suis un peu excessif mais c'est ma nature et j'aime la BD et les auteurs ) et Denis fait peur son exemple sur l'Italie est tout à fait avéré, j'aimerai bien M.Bajram que vous vous trompiez mais je carisn hélas que cela ne soit pas trop le cas...Allez gardez raison et courage et continuez à nous faire rêver avec vos œuvres...de qualité ! Bien à vous. Roland
Un auteur est-il un travailleur ou un propriétaire ?



f*
Un auteur débutant est un jeune qui se promène par la forêt, habitué à la chasse de lapins, a qui un marchand donne une somme d'argent en échange d'une peau d'ours. Dès que le garçon tue l'ours, il apprend combien la chiffre était insuffisante. Mais le contrat est signé, et la peau, vendue. Les auteurs habitués à la chasse de l'ours ne trouvent pas de marchands qui payent le vrai et juste prix d'une peau d'ours, car ils sont en train d'acheter des chasseurs de lapins pour la chasse de l'ours.

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